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    Rome: Visite Ad limina des évêques des pays arabes : entretien avec Mgr Paul Dahdah

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    Hémorragie de chrétiens dans les pays arabes en tension

    Antoine Soubrier, pour l’agence APIC

    Rome, 16 mars 2001 (APIC) Les membres de la conférence des évêques latins des régions arabes ­ la CELRA, présidée par Mgr Michel Sabbah, patriarche latin de Jérusalem ­ continuent leur visite ad limina en étant reçus par petits groupes par Jean Paul II. Entretien avec Mgr Paul Dahdah, vicaire apostolique de Beyrouth des latins, qui déplore l’hémorragie des chrétiens, apeurés par les tensions politico-religieuses dans les pays arabes.

    Cette visite ad limina, qui s’achèvera samedi par la célébration de la messe avec Jean Paul II, a pour objectif la mise en place d’une pastorale missionnaire en pays musulman. Mgr Paul Dahdah a rencontré Jean Paul II dans la matinée du 15 mars 2001. Après 17 années passées comme archevêque latin de Bagdad, en Irak, il a été nommé, en novembre 1999, au Liban dont il est originaire, tout en restant administrateur apostolique de Bagdad, avant que son successeur ne soit nommé dans quelques mois.

    APIC: Les pays arabes et en particulier le Moyen-Orient sont au cœur de l’actualité en ce moment, avec notamment le prochain voyage du pape en Syrie, les événements en Terre Sainte, quels sont les enjeux d’une telle visite ?

    P. Dahdah: Le principal enjeu est la paix en Terre Sainte. Car de cette paix découle celles de nos pays. C’est pourquoi toutes nos discussions sont dirigées sur le problème des conflits au Moyen-Orient. Nous nous attendons à ce que le message final de Jean Paul II y fasse allusion et qu’il nous aide à trouver des solutions.

    Mais nous parlons aussi beaucoup des relations des chrétiens avec les musulmans et les juifs. Même si les situations de chaque pays sont complètement différentes, entre ceux qui vivent dans un régime dictatorial, une démocratie ou encore une monarchie, ce sujet fait partie intégrante de notre vie. Nous devons sans cesse chercher des idées et des solutions pour mieux vivre ensemble. C’est une question de survie! Il faut accepter et chercher les moyens pour une entente durable.

    Une des conséquences actuelles les plus graves qui découle de cette situation, est l’hémorragie de l’immigration qui frappe tous les chrétiens des pays arabes. Il y a beaucoup de chrétiens qui quittent nos pays pour l’Europe occidentale ou les Etats-Unis ou même encore pour la Nouvelle-Zélande. C’est pourquoi nous devons nous entendre, entre Eglises particulières, pour nous enrichir mutuellement et nous entraider.

    APIC: Quels moyens utilisez-vous pour résoudre ces problèmes ?

    P. Dahdah: Nous ne pouvons pas agir ensemble, contrairement aux conférences épiscopales d’Occident qui rédigent régulièrement des déclarations communes. Il y a toute une mosaïque d’Eglises orientales catholiques et non catholiques. Nos problèmes sont si particuliers et les contextes si différents, que c’est à chaque évêque de les gérer.

    Mais en ayant les mêmes causes à ces problèmes, en particulier les relations avec l’islam, nous pouvons nous aider par le biais du dialogue entre nous. C’est pour cela que nous nous rencontrons tous les ans, la dernière rencontre ayant eu lieu à Rome en octobre 2000. C’est très important, car nos situations sont toutes liées entre elles. En cas de non collaboration ou de non entente, la situation deviendrait appauvrissante et risquerait de devenir dangereuse pour les communautés chrétiennes. Mon passage de l’Irak au Liban m’en a fait prendre conscience. Avant, je m’étais surtout engagé dans le social, auprès de la population qui subit le blocus. Maintenant, je pense avoir surtout du travail "bureaucratique". J’ai 45 congrégations religieuses à gérer pour le Liban, et la liberté religieuse est à peu près respectée. A moi seul, j’ai plus de congrégations que les congrégations libanaises de tous les autres rites mis ensembles !

    APIC: Vous disiez que le dialogue interreligieux était un de vos principaux soucis. Le pape lui-même y attache une grande importance dans sa lettre Novo Millenio Ineunte. Comment faire, selon vous, pour que ce dialogue s’intensifie, ou même reprenne, dans certains pays où il est inexistant comme l’Arabie Saoudite ?

    P. Dahdah: Comme je l’ai dit, c’est à chacun de trouver des solutions concrètes pour son pays. En même temps, je crois qu’il est important que chacun prenne conscience des points positifs de ce dialogue qui progresse, notamment en Syrie, en Irak, au Liban, ou encore en Jordanie. Nous avons demandé à Jean Paul II de prendre en compte ces avancées dans le dialogue avec les musulmans, dans son message final, de manière à encourager les catholiques à ne pas abandonner leur travail. Le pape devrait également parler des fruits de son voyage en Terre Sainte, qui a eu lieu il y a exactement un an. Mais il ne faut pas que nous ayons peur de dire la vérité et d’annoncer le Christ! Et pour cela, nous avons besoin de l’aide des chrétiens d’Occident. (apic/imed/bb)

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