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    120 théologiens brésiliens (110789)

    s’inquiétent : "l’Eglise fait marche arrière"

    Bologne/Rome, 11juillet(APIC/CIP) Dans certaines régions, le Vatican ne

    consulte pas les évêques en place lorsqu’il s’agit de nommer un nouvel

    évêque. On s’en prend également aux évêques les plus engagés dans la

    solidarité avec les pauvres. "L’Eglise fait marche arrière", constatent 120

    théologiens brésiliens dans un document qui vient de parvenir en Italie, où

    il sera publié dans le prochain numéro du périodique "Il Regno".

    Ce document, adressé "aux chrétiens et aux communautés chrétiennes",

    explique que "la barque de notre Eglise est secouée" et qu’après le passage

    de "hautes vagues", c’est la peur et le désarroi qui se sont installés dans

    la population... et même parmi les théologiens. "Nous avons constaté que

    l’enthousiasme soulevé par le Concile Vatican II et par les assemblées

    générales de l’épiscopat latino-américain à Medellin et à Puebla retombe de

    plus en plus", écrivent les signataires.

    Des cas précis sont mis en exergue dans la lettre des théologiens

    brésiliens. Pour commencer, il leur semble qu’on est en train de "saboter"

    le travail accompli par l’ancien archevêque d’Olinda et Recife, Dom Helder

    Camara, le "frère des pauvres". On manque d’égards également envers le

    cardinal Paulo Evaristo Arns, archevêque de Sao Paulo et "défenseur des

    prisonniers politiques et des droits de l’homme", lorsqu’on entreprend de

    scinder son diocèse sans tenir compte de son avis. Et puis, pourquoi Mgr

    Pedro Casaldaliga, évêque de Sao Felix, n’a-t-il pas le droit de se rendre

    au Nicaragua pour y encourager dans sa foi un peuple "martyrisé"? se

    demandent les théologiens.

    Le document brésilien observe encore que les différentes pratiques

    dénoncées par les théologiens "non seulement affaiblissent la confiance des

    fidèles envers leurs évêques, mais encore mettent en difficulté la

    fraternité entre les évêques et se font au détriment du souci pastoral

    enseigné par le concile Vatican II".

    Quant un nouvel évêque est nommé sans consultation des évêques de la

    région concernée, quand il prend ensuite des décisions et édicte des normes

    sans s’en référer aux orientations de ses prédécesseurs, les théologiens

    comme l’ensemble du peuple chrétien ne peuvent qu’être désorientés,

    soulignent les 120 signaiaires brésiliens. Ces pratiques ont d’ailleurs

    pour effet d’attiser la tension entre le nouvel évêque et les communautés

    locales.

    Un autre reproche fait par les théologiens brésiliens concerne l’un ou

    l’autre évêques qui, sans du tout tenir compte des avis de la Commission de

    l’épiscopat brésilien pour la doctrine de la foi, répandent dans les

    mass-médias des soupçons et des accusations contre certains théologiens,

    tels que Leonardo Boff et Carlos Meesters. Leonardo Boff a en outre reçu

    des menaces et a été empêché de poursuivre son travail de théologien, alors

    que le pape avait clairement déclaré que "la théologie de la libération

    n’est pas seulement opportune, mais elle est utile et nécessaire".

    C’est pourquoi, concluent les 120 théologiens signataires de la lettre,

    de nombreux fidèles, prêtres et évêques en sont venus à se dire : "Si cette

    manière de vivre la foi est erronée, alors plusieurs d’entre nous sont dans

    l’erreur : des communautés, des prêtres, des évêques et des diocèses

    entiers." (apic/cip/mg)

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