"La Création est pour tous"
Fribourg, 31octobre(APIC) Le dimanche des migrants/journée des peuples
1989 sera célébré dimanche 12 novembre par l’Eglise catholique en Suisse.
Cette année, les évêques suisses ont choisi pour thème "La Création est
pour tous". L’arrivée de personnes d’autres pays montre toujours plus que
la communauté des peuples se soude. La responsabilité de tous est ainsi de
plus en plus engagée. Par le thème "La Création pour tous", autochtones et
étrangers sont appelés à respecter davantage la création et à s’engager
pour ce problème actuel.
La réalité des chiffres justifie à elle seule la journée que l’Eglise
catholique s’apprête à dédier aux migrants: selon les statistiques 1987 de
la Communauté catholique Suisse de travail (SKAF), la Suisse abrite 978.
737 étrangers et 114.641 saisonniers. Parmi les diverses communautés
établies, on compte 385.080 Italiens, 112.500 Espagnols et 48.035 Portugais. Cela pour ne citer que des pays traditionnellement catholiques.
Concernant la Romandie, le bulletin des paroisses catholiques Romandes
chiffrait l’an passé à plus de 200.000 le nombre de catholiques étrangers.
Outre les Italiens, les Espagnols, les Portugais et les Français qui vivent
en Suisse romande, de nombreuses autres communautés catholiques sont également établies. Elles sont vietnamiennes, anglophones, et germanophones.
Quant aux pays de l’Est, ils sont bien représentés avec des missions polonaises, hongroises, tchèques, slovaques, croates et slovènes.(apic/pr)
A elle seule, la ville de Genève compte quelque 30.000 hispanophones, et
3 Pères dominicains y animent la mission espagnole. Une parmi les 19 missions italiennes, celle de Neuchâtel est dirigée par Don Pietro, missionnaire italien au service d’une communauté forte de 8000 de ses compatriotes. Ces exemples montrent à quel point les missions sont devenues une partie intégrante de l’Eglise locale, et à ce titre, reconnues. Le principe
fondamental est qu’il n’y a pas d’étrangers dans l’Eglise. Dans les années
50, les missions étaient des paroisses parallèles qui collaboraient rarement avec l’Eglise suisse. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, en particulier
depuis le Synode de 1972: on insista alors sur le fait que les évêques locaux sont les évêques de tous les catholiques du diocèse. Du reste, la participation des missions au sein des conseils et instances de décision ne
cesse de croître.
Préjugés et peur de l’inconnu
L’importance de ce dimanche des migrants est d’autant plus réelle, car
si les immigrés sont des membres de l’Eglise à part entière, en revanche,
beaucoup ont une position marginale dans la vie sociale. De plus, écrivent
les évêques dans leur message, "ignorant les manières de vivre des étrangers et peu curieux de les connaître, beaucoup de chrétiens ont des
préjugés tout faits et une certaine peur de l’inconnu". Même si d’autres
chrétiens font part d’un réel engagement et d’un esprit d’initiative pour
l’accueil des immigrés, cette peur a augmenté ces dernières années soulignent les évêques qui constatent une méfiance croissante à l’égard des
immigrés, en particulier des requérants d’asile. Il n’en demeure pas moins,
relèvent les évêques, qu’aujourd’hui "la paroisse est devenu le miroir de
l’Eglise universelle". (apic/pr)