Rome: Le Conseil pontifical pour la famille condamne "la réduction embryonnaire"
"La réduction embryonnaire est un avortement sélectif"
Rome, 13 juillet 2000 (APIC) Le Conseil pontifical pour la famille condamne la sélection et l’élimination d’embryons - dite "réduction embryonnaire" - dans le cas de grossesses multiples, comme un "avortement sélectif" et un "désordre moral grave".
Signée mercredi par le cardinal Alfonso Lopez Trujillo, président du Conseil pontifical pour la famille, après une consultation de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, une déclaration publiée jeudi fait appel en effet à "la responsabilité de ces médecins qui provoquent des situations propres à risquer la vie de la mère et des enfants conçus", à savoir la stimulation d’ovaires en cas d’infertilité, et le recours à la fécondation artificielle".
"Au-delà de toute confusion et ambiguïté, on doit affirmer que la ’réduction embryonnaire’ constitue un avortement sélectif", déclare le Conseil pontifical pour la famille. "Il consiste en effet en l’élimination directe et volontaire d’êtres humains innocents, qui constitue toujours un désordre moral grave", qu’elle soit "voulue comme fin ou utilisée comme moyen".
Interdiction morale même pour les incroyants
D’après cette déclaration, le caractère illicite de la "réduction embryonnaire" et l’interdiction morale qui l’accompagne - vaut "pour tous, y compris pour les non-croyants, et même dans le cas où la poursuite de la grossesse comporte un risque pour la vie ou la santé de la mère, ou celles des autres frères jumeaux. Il n’est pas licite en effet d’accomplir le mal même en vue d’atteindre un bien", affirme le Conseil pontifical pour la famille. La sélection embryonnaire ne peut donc pas se justifier ni sur la base d’un principe de "moindre mal", ni sur celle d’un principe de "double effet".
Le Conseil pontifical pour la famille met en outre en garde contre la "mentalité eugéniste" favorisée par la technique de la "réduction embryonnaire". Il exprime la crainte en effet que les techniques de diagnostique pré-natal ne conduisent à "ne mesurer la valeur d’une vie humaine que selon des paramètres de normalité et de ’bien-être physique’, à la lumière d’un concept réducteur de ’qualité de la vie’". Les droits humains fondamentaux de l’enfant à naître doivent lui être reconnus "depuis le premier moment de sa conception", et son droit à la vie ne peut être violé "en aucune manière", rappelle la déclaration. "Tout embryon doit être considéré et traité comme une personne humaine dans le respect de sa dignité éminente". (apic/imed/ba)