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Un silence terrifiant et coupable de la communauté internationale
Paris, 12 janvier 1998 (APIC) Les troubles, agressions, violations massives des droits de l’homme observées au Congo-Brazzaville depuis les "événements de 1997" se transforment en tueries organisées, et pendant ce temps-là la communauté internationale garde "un silence terrifiant et coupable", s’insurge la Fédération internationale de l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (FIACAT).
Selon la FIACAT, les habitants de certains quartiers (Bacongo et Makélékélé) ont été contraints de quitter leur domicile et nombre d’entre eux ont été abattus systématiquement. Parmi les habitants du quartier M’Pissa, beaucoup sont poussés dans le fleuve Congo, qui emporte leur corps. Plusieurs agglomérations ont été bombardées, comme Nunga-Longolo et Linzolo, au sud-ouest de la capitale. Des femmes sont violées, des enfants mutilés, des jeunes hommes sont tués au seul motif qu’ils vivent dans certains quartiers et sont susceptibles d’appartenir à une ethnie d’opposition. "Pour nombre d’observateurs, nous assistons passivement aux premiers actes d’un génocide. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas", affirme la FIACAT.
L’organisation demande au gouvernement congolais et aux groupes armés d’opposition de tout faire pour désarmer les milices à leur service ; aux gouvernements africains de se réunir d’urgence dans le cadre de l’OUA pour qu’une force d’interposition soit envoyée sur place et que toute intervention militaire extérieure (telle l’intervention angolaise) soit condamnée; aux gouvernements de l’Union Européenne, et tout particulièrement au gouvernement français, d’user de toute leur influence auprès des belligérants pour que cessent les tueries. (apic/cip/mp)