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    Salvador : Mgr Rivera Damas ne cache pas son pessimisme (040489)

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    Rome, 4avril(APIC/CIP) "Je pense que le Salvador devra encore beaucoup

    souffrir avant de pouvoir savourer la paix" c’est ce que déclare Mgr Rivera

    Damas, l’archevêque de San Salvador, dans une interview accordée au quotidien catholique italien "Avvenire".

    La victoire d’Alfredo Cristiani, le candidat de l’Alliance Républicaine

    Nationale (ARENA), le parti de l’extrême-droite, aux élections

    présidentielles du 19 mars dernier, a rendu la situation plus délicate.

    "Beaucoup dépendra de la bonne volonté de l’ARENA", déclare le successeur

    de Mgr Romero, l’archevêque assassiné il y a neuf ans. "L’ARENA refuse le

    dialogue, poursuit le prélat. Le gouvernement Duarte a certainement commis

    de graves erreurs, mais il faut aussi reconnaître qu’il a, jusqu’au dernier

    moment, recherché une solution pacifique. Il a fait tout ce qui était

    possible pour que la guérilla du FMLN participe au dialogue politique, et

    il nous a toujours accepté sans rancune comme médiateur."

    Quel attitude Alfredo Cristiani adoptera-t-il à l’égard de l’Eglise ?

    Mgr Rivera Damas préfère ne pas répondre à cette question, de crainte d’hypothéquer l’avenir. "C’est certain que nous pourrions être des témoins embarrassants, dit-il. Notre tâche sera en tout cas plus difficile, bien plus

    délicate que par le passé. Il s’agit à présent de parvenir à mettre d’accord deux forces diamétralement opposées, ennemies depuis toujours, et qui

    ne se sont jamais assises à la même table de négociation."

    Manipulation

    Dans cette interview, l’archevêque évoque aussi le "grave problème" que

    posent les initiatives de différentes organisations qui se déclarent

    "humanitaires", du fait qu’elles pénètrent dans les églises le plus souvent

    lors des célébrations eucharistiques et ceci à des fins politiques. "Il

    arrive qu’on m’avertisse, pendant que je suis en train de célèbrer la

    messe, que des militants politiques sont entrés dans l’église afin d’y

    récolter des signatures pour des pétitions contre le gouvernement, déclare

    l’archevêque. J’ai dénoncé cela devant les médias, car je ne peux

    certainement pas permettre qu’on fasse courir des dangers à la communauté.

    Le gouvernement sait bien que je ne l’accepte pas. Entre donner une

    orientation pratique et faire de la politique, il y a un pas."

    Menaces de mort

    Mgr Rivera Damas se sait menacé. "A l’époque ou Mgr Romero vivait

    encore, je n’étais pas seulement son évêque auxiliaire. J’étais aussi son

    - 11 meilleur ami. Pendant des années, nous avons affronté les mêmes menaces.

    Une période de silence a suivi l’assassinat de Mgr Romero mais à partir de

    1985, on a recommencé à me rechercher. J’ai eu peur, mais j’ai continué à

    parler, comme me l’avait enseigné le courageux Romero. Et, comme vous

    voyez, je suis toujours là. Ces dernières années, les intimidations ont été

    sporadiques, et je n’y prête même plus attention." (apic/mg)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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