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Rome, 4avril(APIC/CIP) "Je pense que le Salvador devra encore beaucoup
souffrir avant de pouvoir savourer la paix" c’est ce que déclare Mgr Rivera
Damas, l’archevêque de San Salvador, dans une interview accordée au quotidien catholique italien "Avvenire".
La victoire d’Alfredo Cristiani, le candidat de l’Alliance Républicaine
Nationale (ARENA), le parti de l’extrême-droite, aux élections
présidentielles du 19 mars dernier, a rendu la situation plus délicate.
"Beaucoup dépendra de la bonne volonté de l’ARENA", déclare le successeur
de Mgr Romero, l’archevêque assassiné il y a neuf ans. "L’ARENA refuse le
dialogue, poursuit le prélat. Le gouvernement Duarte a certainement commis
de graves erreurs, mais il faut aussi reconnaître qu’il a, jusqu’au dernier
moment, recherché une solution pacifique. Il a fait tout ce qui était
possible pour que la guérilla du FMLN participe au dialogue politique, et
il nous a toujours accepté sans rancune comme médiateur."
Quel attitude Alfredo Cristiani adoptera-t-il à l’égard de l’Eglise ?
Mgr Rivera Damas préfère ne pas répondre à cette question, de crainte d’hypothéquer l’avenir. "C’est certain que nous pourrions être des témoins embarrassants, dit-il. Notre tâche sera en tout cas plus difficile, bien plus
délicate que par le passé. Il s’agit à présent de parvenir à mettre d’accord deux forces diamétralement opposées, ennemies depuis toujours, et qui
ne se sont jamais assises à la même table de négociation."
Manipulation
Dans cette interview, l’archevêque évoque aussi le "grave problème" que
posent les initiatives de différentes organisations qui se déclarent
"humanitaires", du fait qu’elles pénètrent dans les églises le plus souvent
lors des célébrations eucharistiques et ceci à des fins politiques. "Il
arrive qu’on m’avertisse, pendant que je suis en train de célèbrer la
messe, que des militants politiques sont entrés dans l’église afin d’y
récolter des signatures pour des pétitions contre le gouvernement, déclare
l’archevêque. J’ai dénoncé cela devant les médias, car je ne peux
certainement pas permettre qu’on fasse courir des dangers à la communauté.
Le gouvernement sait bien que je ne l’accepte pas. Entre donner une
orientation pratique et faire de la politique, il y a un pas."
Menaces de mort
Mgr Rivera Damas se sait menacé. "A l’époque ou Mgr Romero vivait
encore, je n’étais pas seulement son évêque auxiliaire. J’étais aussi son
- 11 meilleur ami. Pendant des années, nous avons affronté les mêmes menaces.
Une période de silence a suivi l’assassinat de Mgr Romero mais à partir de
1985, on a recommencé à me rechercher. J’ai eu peur, mais j’ai continué à
parler, comme me l’avait enseigné le courageux Romero. Et, comme vous
voyez, je suis toujours là. Ces dernières années, les intimidations ont été
sporadiques, et je n’y prête même plus attention." (apic/mg)