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D’abord à Alger, puis à Tibhirine, "dès que possible"
Alger, 10 octobre 1997 (APIC) Des moines trappistes volontaires se préparent à partir pour l’Algérie, affirme Mgr Henri Tessier, archevêque d’Alger dans un interview accordée à la revue italienne "Il Regno" Ils n’iront pas tout de suite loger dans le monastère de Tibhirine, où furent tués sept de leurs confrères en mai 1996, mais à Alger où ils attendront de retourner à Tibhirine "dès que cela sera possible".
Actuellement le monastère du drame est occupé par un seul moine, le Père Robert Fouquez, moine ermite non trappiste qui vivait non loin du monastère et qui était absent le jour du massacre.
Mgr Tessier insiste dans son interview sur le fait que la majorité des Algériens vit normalement, refusant de se plier à la psychose des attentats. Il pense que les élections administratives sont un "passage utile" vers une gestion multipartite du pays.
L’archevêque d’Alger constate que la communauté chrétienne d’Algérie a perdu "la majorité" de ses effectifs depuis le début de la crise en 1993, essentiellement des étrangers qui travaillaient dans ce pays et qui sont partis sous la menace de mort. 100 prêtres religieux et 200 religieuses et quelques laïcs consacrés, tous volontaires, sont encore au travail, mais tous les postes dangereux ont été abandonnés.
Mgr Tessier ne note aucune difficulté de relations avec les autorités algériennes. Pour lui, la vocation de l’Eglise dans ce pays est d’être "l’Eglise du peuple algérien" qui est un peuple musulman Et nous voulons être une Eglise solidaire. Il conclut: "la crise n’est pas une crise entre chrétiens et musulmans, mais elle est de type social, elle concerne toute la société algérienne".
Dans ce contexte, la place des chrétiens, lui semble importante: Beaucoup de ceux qui se sentent menacés en raison de la différence qu’ils représentent, perçoivent dans notre "différence" une possibilité de tolérance pour la société. En ce sens, une Eglise qui pourraît risquer d’être seulement un service cultuel pour une minorité devient toujours plus un élément précieux dans la résistance commune et pour l’affirmation du droit au respect de la différence>>. (apic/imed/ba)