Léon Ier, le pontife qui tint tête à Attila
À l’occasion du séjour de Léon XIV à Castel Gandolfo, I.MEDIA publie une série d’été sur les 13 papes qui ont porté le nom de Léon avant lui.
Léon Ier, le pontife qui tint tête à Attila (1/13)
Léon II, un pape éphémère reconnu parmi les saints (2/13)
Léon III, dans l'ombre de Charlemagne (3/13)
Léon IV, le «restaurateur de Rome» (4/13)
Léon V, le mystère d'un pape assassiné (5/13)
Léon VI, un pape sous la coupe d'une reine (6/13)
Léon VII, pape faible et pieux (7/13)
Léon VIII, le laïc devenu pape ou antipape (8/13)
Léon X, un prince de la Renaissance qui scella le schisme avec Luther (10/13)
Léon XI, l'artisan de la réconciliation avec la France de Henri IV (11/13)
Léon XII, le pape sévère qui a quitté le Quirinal pour le Vatican (12/13)
Léon XIII, le pape qui a fait basculer l'Église au XXe siècle (13/13)
Léon Ier, le pontife qui tint tête à Attila
À l’occasion du séjour de Léon XIV à Castel Gandolfo, I.MEDIA publie une série d’été sur les 13 papes qui ont porté le nom de Léon avant lui.
Léon Ier, le pontife qui tint tête à Attila (1/13)
À l’occasion du séjour de Léon XIV à Castel Gandolfo, I.MEDIA publie une série d’été sur les 13 papes qui ont porté le nom de Léon avant lui.
Léon II, un pape éphémère reconnu parmi les saints (2/13)
Deux-cent-cinquante ans séparent le pontificat de Léon II de celui de son prédécesseur Léon Ier. Ce pape du VIIe siècle (611-683) joua un rôle important dans la lutte contre l’hérésie du monothélisme.
Léon III, dans l'ombre de Charlemagne (3/13)
Le pape Léon III (795-816), est resté dans l’histoire pour avoir sacré l’empereur Charlemagne en l’an 800.
Léon IV, le «restaurateur de Rome» (4/13)
Né vers 790, Léon IV était un Romain de naissance. Ses racines familiales se situaient en Lombardie.
Léon V, le mystère d'un pape assassiné (5/13)
En juillet 903, un moine bénédictin est élu sous le nom de Léon V. Environ un mois plus tard, il est déposé par un certain Christophore, resté dans l’histoire comme un antipape, puis est probablement assassiné. Que s’est-il passé?
Léon VI, un pape sous la coupe d'une reine (6/13)
Le bref pontificat de Léon VI (928-929) s’inscrit dans une période de montée en puissance de l’aristocratie romaine, avec à sa tête l’influente Marozie, de la famille des comtes de Tusculum. Dans l’ombre de cette dernière, ce pape dont on connaît peu de choses, semble s’être effacé derrière les ambi...
Léon VII, pape faible et pieux (7/13)
Le pape Léon VII, un moine bénédictin élu en 936, accepta docilement la perte des pouvoirs séculiers du Saint-Siège pendant son pontificat. Il régna un peu plus de trois ans.
Léon VIII, le laïc devenu pape ou antipape (8/13)
Le pape Léon VIII (963-965), un laïc propulsé pape par Otton Ier, a régné moins de deux ans, et en même temps que son «prédécesseur» Jean XII, de décembre 963 à mai 964.
Léon X, un prince de la Renaissance qui scella le schisme avec Luther (10/13)
Le pape Léon X (1513-1521), dont le règne fut notamment marqué par l’excommunication de Martin Luther, est mort à 45 ans, laissant le souvenir d'un grand mécène, mais d'un piètre théologien.
Léon XI, l'artisan de la réconciliation avec la France de Henri IV (11/13)
Le très bref pontificat de Léon XI, du 1er au 27 avril 1605, a laissé peu de traces, mais il est la conséquence logique d’une brillante carrière épiscopale et romaine. Il permit à la France et à la papauté de se réconcilier.
Léon XII, le pape sévère qui a quitté le Quirinal pour le Vatican (12/13)
Léon XII (28 septembre 1823–10 février 1829), célébra un Jubilé et condamna les loges maçonniques «à perpétuité» au cours d’un pontificat marqué par une certaine sévérité.
Léon XIII, le pape qui a fait basculer l'Église au XXe siècle (13/13)
Dernier épisode de notre série avec Léon XIII (1878-1903), qui a inspiré son nom à Léon XIV. Une grande figure de l’histoire de l’Église qui remodela en profondeur le visage de la mission papale lors de son long pontificat et à qui l’on doit l'encyclique "Rerum Novarum", à l'origine de la doctrine s...
Léon Ier, le pontife qui tint tête à Attila (1/13)
À l’occasion du séjour de Léon XIV à Castel Gandolfo, I.MEDIA publie une série d’été sur les 13 papes qui ont porté le nom de Léon avant lui. Premier épisode: Léon le Grand ou Léon Ier (391-461).
Originaire d’Étrurie – ancien territoire des peuples étrusques –, élu évêque de Rome en 440 durant la période de déclin de l’Empire romain, le pape qui inaugura la lignée des Léon est sans conteste une grande figure théologique et politique. Il est notamment connu pour son engagement pour la paix. L’histoire rapporte qu’il arrêta le roi Attila des Huns dans sa course pour conquérir l’Italie. En 452, il négocia à Mantoue avec le chef barbare et le convainquit d’interrompre son invasion. Trois ans plus tard, il empêcha aussi les Vandales, menés par Genséric, de détruire la ville de Rome.
Durant ses 21 ans de pontificat, Léon Ier a aussi exercé une forte influence en théologie. Il combattit diverses hérésies, dont le «monophysisme», doctrine qui nie l’humanité du Christ et n’en reconnaît que la divinité, ainsi que le «nestorianisme», qui affirme l’existence de deux personnes en Jésus, l’une divine, l’autre humaine. Ses écrits inspirèrent le Concile œcuménique de Chalcédoine en 451. Son texte doctrinal «Tome à Flavien», adressé à l’évêque de Constantinople, fut acclamé par les pères conciliaires qui se seraient écriés à sa lecture: «Pierre a parlé par la bouche de Léon!». À sa suite, les actes du Concile ont affirmé l’union des natures humaine et divine «sans confusion ni changement, sans division ni séparation» dans la personne de Jésus.
Au niveau ecclésial, il insista sur la «primauté» de l’évêque de Rome vis-à-vis des autres évêques, lui conférant une mission de gardien de l’unité de l’Église. Léon Ier est aussi commémoré comme le promoteur de nombreuses œuvres de charité.
Selon Vatican News, le 45e pape de l’histoire détient plusieurs records: il fut notamment le premier successeur de Pierre dont il reste une trace de la prédication – quelque 100 homélies et 150 lettres; il est aussi l’un des deux pontifes à avoir reçu le titre de «Docteur de l’Église» en 1754; et il serait le premier pape à avoir été enterré dans la basilique Saint-Pierre, qui conserve ses reliques dans la chapelle de la «Madone de la Colonne». (cath.ch/imedia/ak/mp)
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Léon II, un pape éphémère reconnu parmi les saints (2/13)
Deux-cent-cinquante ans séparent le pontificat de Léon II de celui de son prédécesseur Léon Ier. Ce pape du VIIe siècle (611-683) joua un rôle important dans la lutte contre l’hérésie du monothélisme.
De nombreuses incertitudes entourent la biographie de ce pape du VIIe siècle: né vers 611 en Calabre ou en Sicile, le futur Léon II étudie à la Scola Cantorum de Rome, et restera toute sa vie, aussi en tant que pape régnant, un chantre aguerri.
Cet érudit maîtrisant parfaitement le grec et le latin a déjà environ 70 ans lorsqu’il est élu en 681 à la papauté comme successeur du pape Agathon, un moine grec de Sicile auquel certaines sources attribuent une longévité hors du commun, puisqu’il serait mort à 103 ou 104 ans. Dans un contexte de domination houleuse de l’Empire romain d’Orient sur une grande partie de l’Italie, l’élection de Léon II met 18 mois avant de recevoir la validation de l’empereur Constantin IV.
Cet empereur byzantin a convoqué en 680-681 le troisième Concile de Constantinople, afin de contrer le monothélisme : ce courant de pensée du christianisme, élaboré en réponse aux invasions perses puis arabes, théorisait la volonté du Christ comme relevant d’une seule volonté divino-humaine. Après de nombreux conflits parfois violents, qui conduisirent notamment au renversement et à la mort du pape Martin Ier en exil en Crimée en 655, le débat autour de cette question théologique aboutit en 681 à la proclamation d’un nouveau dogme définissant le Christ comme étant doté de deux volontés, non pas opposées l’une à l’autre, mais avec une volonté humaine subordonnée à la volonté divine.
Après de longs mois de tension entre Rome et Constantinople, ce compromis théologique est finalement considéré comme satisfaisant par Léon II, qui accepte, à la demande de Constantin IV, de formuler une condamnation explicite du pape Honorius Ier, qui avait régné de 625 à 638 et avait défendu le monothélisme. Il s’agit donc d’un cas rare dans l’histoire de l’Église : le pape Honorius Ier, reconnu comme pleinement légitime dans la succession apostolique, a été considéré comme hérétique par son successeur indirect.
Cet accord permet alors à Léon II d’obtenir la confirmation de son élection par l’empereur et d’être formellement intronisé. Il s’éteindra peu après, le 3 juillet 683, après un court pontificat qui lui aura tout de même permis de renforcer l’assise politique de la papauté. Il obtient notamment une baisse des taxes dues par la Sicile et la Calabre à l’empereur, et une reconnaissance de la supériorité hiérarchique de l’évêque de Rome sur l’exarque de Ravenne, le magistrat délégué par l’empereur pour administrer l’Italie. Léon II fut un pape apprécié par le clergé de Rome et par la population, se montrant particulièrement attentif aux plus pauvres.
Reconnu comme saint par l’Église catholique, Léon II est fêté le 3 juillet dans le calendrier romain, mais sa mémoire liturgique est généralement éclipsée par celle de l’apôtre saint Thomas, fêté le même jour. (cath.ch/imedia/mp)
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Léon III, dans l'ombre de Charlemagne (3/13)
Le pape Léon III (795-816), est resté dans l’histoire pour avoir sacré l’empereur Charlemagne en l’an 800.
Une des plus anciennes représentations du pape Léon III se trouve sur la mosaïque du Triclinium Leoninum, un vestige d’une opulente salle de banquet que le pontife fit bâtir pendant son long pontificat (795-816) à proximité de la basilique Saint-Jean-de-Latran. Léon III y est représenté avec Charlemagne aux pieds de saint Pierre. Le premier des disciples leur remet les insignes de leur autorité respective, soulignant à la fois la répartition égalitaire des pouvoirs religieux et politique entre les deux hommes. Dans la même mosaïque, la présence de l’empereur Constantin qui se fait remettre ses insignes par le Christ insiste sur la nature religieuse de l’autorité impériale. Une façon de rappeler que Léon III était le seul à pouvoir sacrer un empereur, ce qu’il fit en 800 en couronnant Charlemagne.
On sait peu de choses sur les premières années de la vie de Léon III, sinon que le Liber pontificalis souligne son ascendance modeste. Sans fortune ni soutien parmi les grandes familles romaines qui contrôlent alors Rome, ce prêtre formé au Latran doit probablement son ascension à son attention toute particulière pour le clergé. Quand le puissant et riche Adrien Ier, qui a obtenu de Charlemagne, vainqueur des Lombards, la création du « Patrimoine de Saint-Pierre » – les prémices des États pontificaux – meurt en 795, Léon est élu pape. Isolé politiquement, son premier acte public est de faire parvenir la bannière de Rome et les clés du tombeau de saint Pierre au roi des Francs, le reconnaissant ainsi officiellement comme « défenseur de la foi ».
Dans un premier temps, Charlemagne ne semble pas lui avoir accordé une grande importance, mais les choses ont changé lorsqu’en 799, Léon III échappe de peu à une tentative d’assassinat orchestrée par le neveu de son prédécesseur et doit fuir Rome. Charlemagne, conseillé par son conseiller, le théologien Alcuin, décide de voler à son secours. Au terme d’un procès lors duquel le roi fait reconnaître qu’un pape ne peut être jugé, les agresseurs sont exilés et les nobles romains doivent reconnaître Léon III comme autorité religieuse indiscutable.
C’est dans ce contexte qu’eut lieu en 800 le sacre de Charlemagne par Léon III dans la basilique Saint-Pierre. Le roi franc profita du fait que le trône de Constantinople était alors occupé – illégitimement, selon ses théologiens – par une femme, l’impératrice Irène. On ne sait pas exactement qui fut à l’origine du sacre, mais tous les acteurs, que ce soient les Francs, les Romains ou la papauté, semblent en être sortis gagnants. Rome reprenait ainsi son statut impérial, l’Église de Léon III se présentait comme la seule autorité capable de légitimer ce pouvoir, et le nouvel empereur renforçait ainsi le rôle théocratique de son gouvernement.
Sous la tutelle carolingienne, le pape accentua d’ailleurs l’éloignement de Rome avec Constantinople. Le concile organisé à Aix-la-Chapelle en 809 considéra pour la première fois que la version latine du Credo – avec la formule polémique filioque – était la seule valide, ce que Léon III, bien qu’opposé à cette vision des choses, fut forcé d’accepter. Il meurt en 816, deux ans après Charlemagne. (cath.ch/imedia/mp)
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Léon IV, le «restaurateur de Rome» (4/13)
Né vers 790, Léon IV était un Romain de naissance. Ses racines familiales se situaient en Lombardie. Il fut moine bénédictin au monastère Saint-Martin à Rome, avant de devenir cardinal sous le pontificat de Serge II, puis pape de 844 à 847.
Léon IV s’appelait effectivement Léon. Il n’avait probablement pas de nom de famille au sens moderne du terme.
Ce moine bénédictin vécut le pontificat de Serge II dans le contexte dramatique des invasions arabes. En août 846, les Sarrasins mirent Rome à sac. Cette tragédie poussa le pontife à envisager de renforcer les fortifications du Vatican.
Ce chantier sera la grande œuvre de son successeur. Élu par acclamation populaire à l’unanimité le 10 avril 847, Léon IV fut immédiatement intronisé et consacré, sans attendre l’assentiment de l’empereur franc, comme c’était pourtant l’usage à l’époque. La situation d’urgence et de vulnérabilité de la ville de Rome le conduisit à faire construire un rempart autour du Vatican. Ce chantier se termina en 852, traçant les contours de la «cité léonine», un nom qui demeure jusqu’à aujourd’hui. Il fit aussi fortifier d’autres lieux dans la région de Rome, et mena également une restauration de la basilique Saint-Pierre, endommagée par l’attaque de 846.
Miracle immortalisé par Raphaël
Outre un séisme qui fut l’un des plus graves recensés dans l’histoire de Rome, son début de pontificat décidément dramatique fut marqué par un incendie du Borgo – le quartier populaire attenant au Vatican -, qu’il aurait miraculeusement éteint par sa seule bénédiction. Selon une tradition rapportée par le Liber Pontificalis, Léon IV aurait fait un signe de croix solennel depuis le balcon extérieur de la basilique Saint-Pierre, vers la gauche, en direction du Borgo, ce qui aurait immédiatement fait régresser les flammes. La population et la basilique furent ainsi sauvées.
Cet événement survenu en 847 a donné lieu, plusieurs siècles plus tard, à une fresque de Raphaël intitulée L’Incendie de Borgo. Cette fresque, actuellement exposée dans les Musées du Vatican au sein des Chambres de Raphaël, a été réalisée entre 1514 et 1517. Au-delà de l’évocation de cet épisode historique, cette fresque mêlant des références chrétiennes et des personnages issus de la mythologie païenne fait allusion au rôle pacificateur du pape au milieu de la flambée des guerres.
Reconnu pour sa générosité à l’égard des pauvres
Afin de lutter contre la menace des Sarrasins, Léon IV noua des alliances avec les souverains de différents duchés des côtes de l’actuelle Italie, notamment ceux d’Amalfi, Gaète, Naples et Sorrente. La victoire de leur coalition contre les «Barbaresques» lors de la bataille d’Ostie, en 849, a aussi fait l’objet d’une fresque de Raphaël.
Par ailleurs, ses bonnes relations avec l’empereur Lothaire Ier, empereur d’Occident de 840 à 855, le conduisirent à couronner son fils, Louis II le Jeune, qui joua un rôle de co-régent de 850 à 855 puis d’empereur d’Occident de plein droit après la mort de son père, jusqu’en 875. De nombreux souverains des royaumes chrétiens européens demandèrent ainsi leur couronnement par le pape, afin d’obtenir la reconnaissance de leur souveraineté par «grâce divine».
Le «restaurateur de Rome», comme il fut surnommé a posteriori, fut un pape reconnu pour sa probité et sa générosité à l’égard des pauvres. Il s’attela également au renforcement de la discipline du clergé et de la pureté de la foi, encourageant l’organisation de synodes dans toute l’Europe, notamment à Paris, à Lyon ou encore en Angleterre. (cath.ch/imedia/cv/rz)
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Léon V, le mystère d'un pape assassiné (5/13)
En juillet 903, un moine bénédictin est élu sous le nom de Léon V, 118e pape. Environ un mois plus tard, il est déposé par un certain Christophore, resté dans l’histoire comme un antipape, puis est probablement assassiné. Que s’est-il passé?
La question est un des épisodes les plus funèbres de ce que le cardinal Cesare Baronio, au XVIe siècle, a appelé le «Saeculum obscurum» – le siècle sombre – et reste encore aujourd’hui un mystère pour les historiens.
Pour mieux comprendre ce bref pontificat, il faut revenir quinze ans auparavant, en 888, année de la mort de l’empereur d’Occident Charles III le Gros. Ce dernier, héritier de son grand-père Charlemagne, laisse un empire divisé. Son successeur, Eudes, n’est plus en mesure de confirmer l’élection du pape, comme c’était alors la pratique. Le Saint-Siège devient un enjeu de la reconfiguration politique, qui voit émerger la puissante famille des ducs de Spolète. Le pape de l’époque, Étienne V, est ainsi forcé de couronner Guy de Spolète roi d’Italie puis empereur.
À la mort de Guy de Spolète en 894, le nouveau pape, Formose, refuse de couronner le successeur désigné, un certain Lambert, et décide de sacrer à la place Arnulf, roi de Germanie. Une façon pour lui de se libérer de la tutelle d’une partie de l’aristocratie romaine, surnommés les «Spolétains». Le conflit s’envenime les années suivantes, donnant lieu à l’épisode scabreux du concile cadavérique en 897, quand le défunt Formose est exhumé par Boniface VI à la demande des Spolétains et excommunié avant que son cadavre ne soit jeté dans le Tibre. Mais les partisans d’une plus grande autonomie papale n’ont pas dit leur dernier mot, et seront connus dès lors comme les «Formosiens».
Spolétains contre Formosiens
Les papes suivants vont d’ailleurs réhabiliter Formose, mais la pression de la maison de Spolète et d’autres familles romaines ambitieuses se maintient. C’est de cette situation explosive dont Léon V semble avoir été la victime. Bien que non membre du clergé romain, il aurait été choisi en raison de sa réputation de sainteté – mais possiblement aussi, selon certaines sources, pour ses affinités avec le camp formosien.
Celui qu’on considère souvent comme son assassin, Christophore, aurait été un formosien convaincu, le chapelain de Léon V et son protégé. Selon le moine Herman Contract, chroniqueur allemand du siècle suivant, Christophore l’aurait néanmoins trahi, le jetant en prison avant de le faire étrangler, puis l’aurait remplacé. Quelques mois plus tard, cet antipape semble avoir subi le même sort de la part des partisans de Serge III (ou aurait été exilé), qui est élu en janvier 904.
Certains chroniqueurs, notamment le formosien Eugenio Vulgario, envisagent que ce soit en fait Serge III, spolétain et soutenu par la puissante famille romaine des comtes de Tusculum, qui commandita les deux meurtres. Une hypothèse difficile à prouver, mais qui semble avoir été renforcée par la réputation effroyable de Serge III, premier pape de la «pornocratie pontificale» – période de grave déclin qui doit à son nom l’influence supposée d’anciennes prostituées sur le trône de Pierre.
Clin d’œil de l’histoire: Christophore n’est officiellement pas reconnu dans la succession pétrinienne, mais apparaît sur la frise des papes de la basilique Saint-Paul-hors-les-murs, entouré par Serge III et l’éphémère Léon V. (cath.ch/imedia/bh)
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Léon VI, un pape sous la coupe d'une reine (6/13)
Le bref pontificat de Léon VI (928-929) s’inscrit dans une période de montée en puissance de l’aristocratie romaine, avec à sa tête l’influente Marozie, de la famille des comtes de Tusculum. Dans l’ombre de cette dernière, ce pape dont on connaît peu de choses, semble s’être effacé derrière les ambitions politiques de son temps.
Le Xe siècle, pour la papauté, est une période de grande instabilité, au point d’être qualifié de «siècle sombre» par le cardinal Cesare Baronio au XVIe siècle. En 891, le duc Guy de Spolète, profitant de l’effritement de l’édifice impérial des Carolingiens, met la main sur la papauté et se fait sacrer empereur. Le pape Formose et plusieurs de ses successeurs vont tenter de s’opposer à cette tutelle illégitime de l’aristocratie romaine, mais font face à une résistance féroce. Après plusieurs assassinats, dont celui du pape Léon V, Serge III est porté en 904 sur le trône par Théophylacte, comte de Tusculum.
"Pornocratie pontificale"
Cet aristocrate du Latium est un allié des Spolète, depuis qu’il a donné sa fille Marozie en mariage au duc Albéric Ier en 909. Cette période de domination des seigneurs de Tusculum est aujourd’hui connue comme la «pornocratie pontificale», en raison des relations entretenues par les papes avec certaines femmes de la famille Tusculum. Jean X, pontife entre 914 et 928, aurait ainsi été, selon un évêque lombard de la fin du siècle, l’amant de Théodora, la mère de Marozie.
Toujours selon l’évêque, Mgr Liutprand de Crémone, cette dernière, «poussée par les cruelles torches de Vénus», aurait eu un enfant avec le pape Serge III, un certain Jean – une paternité confirmée dans le Liber pontificalis mais contestée par certains historiens qui pensent que Jean était le fils légitime d’Albéric Ier. Qualifiée par Liutprand de Crémone de «prostituée», Marozie était en tout cas une habile politicienne, sachant jouer des alliances, notamment à travers ses trois mariages, pour renforcer son pouvoir.
Un remplaçant de Jean X
Dans les années 920, les intérêts de Jean X et de Marozie semblent avoir divergé, et la Romaine parvient à le déposer en 928. Selon certaines sources, elle l’aurait contraint à l’exil, selon d’autres, elle l’aurait fait assassiner en prison. Pour remplacer Jean X, Marozie jette son dévolu sur Léon, un membre du clergé romain appartenant à une importante famille, qui est élu sous le nom de Léon VI en juin 928. Un choix qui pourrait s’expliquer par l’âge élevé du prêtre. Car Marozie cherche à préparer le terrain pour placer sur le trône de Pierre son propre fils Jean, qui, à l’époque, est encore trop jeune (entre 16 et 18 ans).
Le plan de Marozie, qui a résidé dans le château Saint-Ange, fonctionne trop rapidement, car Léon VI meurt seulement sept mois plus tard, en janvier 929. Il lui faut alors nommer un second «pape courtisan» – qui appartient à sa cour –, le pape Étienne VII. Ce dernier régna deux ans avant de finalement céder la place au fils de Marozie, élu sous le nom de Jean XI en 931.
Du pontificat de Léon VI, on ne sait finalement que très peu de choses. Le pape a probablement participé à la défense de la cité contre une armée de Hongrois qui avaient été appelés au secours par Jean X peu avant sa déposition. L’unique document signé de son sceau est une lettre envoyée aux évêques de Dalmatie – actuelle Croatie – afin de régler un problème d’ordre hiérarchique.
Ne s’occupant pas de politique, Léon VI, pape de transition comme son successeur Étienne VII, est resté dans l’ombre de la puissance montante de la patricienne Marozie qui devint reine d’Italie en 932. «L’existence de ces deux papes s’est perdue dans un silence si profond que même Liutprand, leur contemporain […], les a négligés à tel point que Jean X fut bientôt suivi par Jean XI», s’étonne l’historien allemand du XIXe siècle Ferdinand Gregorovius. (cath.ch/imedia/cd/bh)
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Léon VII, pape faible et pieux (7/13)
Le pape Léon VII, un moine bénédictin élu en 936, accepta docilement la perte des pouvoirs séculiers du Saint-Siège pendant son pontificat. Il régna un peu plus de trois ans.
En 931, l’aristocrate romaine Marozie parvient à faire élire pape son fils, un jeune homme d’à peine une vingtaine d’années qui prend le nom de Jean XI. Selon le Liber pontificalis, Jean XI serait le l’enfant du défunt pape Serge III (904-911), avec lequel Marozie a eu une relation dans sa jeunesse. Véritable homme de paille, le nouveau pape délègue tout le pouvoir temporel attaché à la papauté à sa toute-puissante mère, qui devient même reine d’Italie après un astucieux mariage avec le roi Hugues d’Arles en 932 – soit le frère de son précédent mari Guy de Toscane. Et avec Jean XI, elle envisage de devenir impératrice…
Mais ce mariage va provoquer la perte de Marozie. Son autre fils Albéric II, fruit de ses premières noces avec le duc de Spolète Albéric Ier et héritier de cette famille influente, voit en effet d’un très mauvais œil cette union. Il va alors profiter de l’hostilité grandissante du peuple romain à ce souverain «barbare» et à sa sulfureuse épouse. Avec l’appui de la population, il parvient à chasser Hugues d’Arles de Rome et à renverser sa mère, avant de l’envoyer finir ses jours dans un monastère. Quant à son demi-frère, alors pape, le duc de Spolète l’épargne mais l’enferme dans le palais du Latran. Il dirige les affaires du Saint-Siège jusqu’à la mort précoce de Jean XI en décembre 935.
«Un pape courtisan»
Léon VII est un moine bénédictin élu au début de l’année 936 dans ce contexte d’affaiblissement considérable des prérogatives papales. Sans aucun pouvoir politique, le nouvel évêque de Rome va accepter docilement cette tutelle, ce qui lui vaut d’être considéré comme un «pape courtisan». En témoigne la façon dont il s’adresse à son «fils spirituel bien-aimé Albéric, prince glorieux et sénateur» dans certains documents officiels.
En dehors des affaires purement religieuses, Léon VII ne peut rien faire sinon obéir, mais cela ne le rend pas inactif. Ce fils de saint Benoît encourage la réforme du monachisme selon le modèle de Cluny et fait reconstruire plusieurs monastères dans le Latium – notamment à Saint-Paul-hors-les-murs et à Subiaco. Cette réforme répond certes aux intérêts de son tuteur, qui pense ainsi mieux contrôler les alentours de Rome, mais elle va aussi avoir des vertus diplomatiques. Les liens noués par Léon VII avec Cluny vont en effet conduire à la réconciliation d’Albéric II et du roi d’Italie Hugues d’Arles, ce dernier donnant une de ses filles en mariage à Albéric. Et le bref pontificat de Léon VII est une période de paix et de développement économique, un fait rare au Xe siècle.
Malgré la mainmise du seigneur de Rome sur le Saint-Siège, Léon VII semble avoir été un pape apprécié par ses pairs – même si comme souvent, les sources manquent à cette époque. L’historien et poète Flodoard de Reims laisse notamment un portrait très admiratif du pape à qui il a rendu visite au Latran. Dans un de ses poèmes, il le décrit comme un brillant intellectuel «à l’âme candide». Il est selon lui particulièrement humble et désintéressé des «grands honneurs» attachés à sa fonction. Enfin, préférant écouter que parler, il s’adonne à «une prière constante». Léon VII meurt en 939 après un peu plus de trois ans de règne. (cath.ch/imedia/cd/bh)
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Léon VIII, le laïc devenu pape ou antipape (8/13)
Le pape Léon VIII (963-965), un laïc propulsé pape par Otton Ier, a régné moins de deux ans et en même temps que son «prédécesseur» Jean XII, de décembre 963 à mai 964.
Le court règne de Léon VIII est mouvementé, controversé et peu documenté. Il débute dans les circonstances troubles de la déposition de Jean XII par l’empereur Otton Ier, qui impose ensuite Léon VIII. De ce fait, sa légitimité est fragilisée, d’autant plus que son prédécesseur est alors encore en vie. Toutefois, Léon VIII apparaît bien dans la chronologie officielle des papes de l’Église catholique.
Le pontificat de Léon VIII n’a duré officiellement que de décembre 963 à mars 965. Son arrivée sur le trône de Pierre est intimement liée au pontificat de Jean XII, jeune pape à la réputation de débauché qui régna de 955 à 964. La chronologie officielle du Saint-Siège accepte donc que ces deux papes aient coexisté de décembre 963 à mai 964.
Pour comprendre cette étrange situation, il faut partir du pontificat de Jean XII. Souhaitant résister à l’occupation des États pontificaux par le roi d’Italie, le jeune pape trouve un protecteur en la personne du roi de Germanie, Otton Ier (936-973). En contrepartie, Jean XII sacre ce dernier à Rome en 962, donnant naissance à ce qu’on appellera plus tard le Saint-Empire romain germanique. Mais la protection d’Otton Ier a un coût. Certes, l’empereur confirme le pouvoir du pape sur ses terres, mais il exige que les papes prêtent un serment de fidélité au pouvoir temporel.
Mécontent de cette alliance, Jean XII cherche d’autres appuis, notamment du côté du roi d’Italie. Ce revirement suscite la fureur de l’empereur. Ce dernier se rend à Rome pour déposer Jean XII par un synode en 963. Otton Ier se tourne alors vers un laïc pour prendre la suite de Jean XII et provoque l’élection de Léon VIII. Ce dernier aurait reçu tous les ordres sacrés le même jour pour pouvoir assumer la charge de pape.
Mais le peuple de Rome n’accepte pas l’emprise de l’empire. D’autant plus que Jean XII, profitant du départ d’Otton Ier, revient à Rome pour reprendre l’ascendant et faire annuler les décisions du synode précédent. Ayant à son tour pris la fuite, Léon VIII doit attendre le retour d’Otton Ier pour regagner Rome et chasser Jean XII. Ce dernier meurt en 964.
Avec cette mort, il n’y a plus qu’un pape et les familles romaines auraient pu revenir à Léon VIII. Mais elles ne l’entendent pas ainsi. Souhaitant garder une distance avec l’empire, elles font élire un diacre sur le trône de Pierre, Benoît V. Otton Ier réagit immédiatement en assiégeant la ville. Le nouveau pape est mis au pas après seulement un mois de règne. Léon VIII, qui se considère toujours légitime, a le champ libre. Mais il meurt en mars 965… (cath.ch/imedia/hl/bh)
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Léon X, un prince de la Renaissance qui scella le schisme avec Luther (10/13)
Le pape Léon X (1513-1521), dont le règne fut notamment marqué par l’excommunication de Martin Luther, est mort à 45 ans, laissant le souvenir d'un grand mécène, mais d'un piètre théologien.
Né Jean de Médicis le 11 décembre 1475 à Florence et décédé le 1er décembre 1521 à Rome, Léon X est le fils de Laurent de Médicis, dit ‘le Magnifique’ (1449-1492), considéré comme l’un des plus grands hommes d’État de son temps, et artisan de l’apogée florentine. Éduqué dans ce contexte privilégié, Jean de Médicis est destiné dès son enfance à une carrière ecclésiastique, une vocation qu’il partage avec son cousin Jules de Médicis, le futur pape Clément VII (1523-1534), qu’il prendra soin de créer lui-même cardinal peu après son élection au siège de Pierre.
Tonsuré à seulement six ans en 1482, Jean de Médicis reçoit dès sa petite enfance de nombreux titres: il est ainsi nommé protonotaire apostolique dès 1483, et reçoit l’abbaye du Mont-Cassin en commende en 1486 (concession faite par le pape à un séculier, pour tenir un bénéfice régulier d’une abbaye ou d’un prieuré et en recevoir les fruits sa vie durant).
En 1489, à seulement 13 ans, il commence des études de théologie et de philosophie à l’université de Pise, et il est créé cardinal à 16 ans en 1492 par le pape Innocent VIII. Il participe peu après au conclave qui conduit à l’élection de Rodrigo Borgia sous le nom d’Alexandre VI, dont il devient un opposant frontal. Durant la même période, la chute des Médicis à Florence le contraint à l’exil dans des circonstances rocambolesques, puisqu’il doit fuir la ville déguisé en franciscain. Nommé légat à Bologne et en Romagne en 1511, il est fait prisonnier lors de la bataille de Ravenne contre les Français en 1512, puis s’échappe.
Elu à 37 ans
Après la mort du pape Jules II, il devient pape le 11 mars 1513 sous le nom de Léon X. Le pontificat de ce prince de la Renaissance élu à 37 ans, ce qui en fait l’un des plus jeunes papes de l’Histoire, sera marqué par une activité intense dans le domaine du mécénat des arts. Il collectionne ainsi de nombreux manuscrits et fait éditer une version critique de Dante. Le peintre Raphaël est invité à poursuivre les fresques des chambres pontificales et réalise le célèbre portrait de Léon X, au visage plutôt joufflu, portant le camail et la mozette rouges des papes. Pour le chroniqueur suisse François Bonivard (1493-1570), «Léon X était savant en lettres grecques et latines, et davantage bon musicien… Au reste, beau personnage de corps, mais de visage laid et difforme, car il l’avait plutôt gros par enflure».
Sur le plan politique, Léon X signe le 13 octobre 1515 le traité de Viterbe avec François Ier, celui-ci étant alors reconnu comme duc de Milan. Un an plus tard, le concordat de Bologne accorde au roi de France le droit de nommer les abbés et les évêques dans son royaume, en échange d’une reconnaissance formelle de l’autorité du pape. Ce concordat met un terme aux tensions entre la monarchie française et la papauté, initiées en 1438 lorsque le roi Charles VII avait signé la 'Pragmatique sanction’. Cette ordonnance avait fait du roi le gardien des droits de l’Église de France, ouvrant donc la voie à une forme de gallicanisme.
Excommunication de Martin Luther
Le pontificat de Léon X est aussi marqué par les premiers soubresauts du schisme luthérien, lié au trafic des indulgences dont la papauté avait besoin pour financer le chantier de la basilique Saint-Pierre. Après quelques tentatives d’un dialogue motivé par un désir de conciliation politique avec les principautés germaniques plus que par des questions théologiques qui l’intéressaient peu, le pape finit par condamner les thèses de Luther le 15 juin 1520 avec la ville Exsurge Domine.
En brûlant cette bulle en public à Noël, Martin Luther marque un point de rupture irréconciliable: Léon X l’excommunie le 3 janvier 1521 avec la bulle Decet Romanum Pontificem. Ce qui pouvait sembler relever d’une simple ‘dispute de moines’ prend la tournure d’un grave conflit qui allait marquer plusieurs siècles de l’Histoire européenne. Le pape s’éteint peu après la publication de cette bulle, à seulement 45 ans, laissant le souvenir d’un grand mécène mais d’un piètre théologien. (cath.ch/imedia/cv/bh)
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Léon XI, l'artisan de la réconciliation avec la France de Henri IV (11/13)
Le très bref pontificat de Léon XI, du 1er au 27 avril 1605, a laissé peu de traces, mais il est la conséquence logique d’une brillante carrière épiscopale et romaine. Il permit à la France et à la papauté de se réconcilier.
Avant d’être élu, le cardinal Alexandre de Médicis a joué un rôle déterminant dans les relations du Saint-Siège avec la France de Henri IV, prince protestant converti au catholicisme en 1593.
Petit-neveu de Léon X et cousin éloigné du duc de Florence Côme de Médicis, Alexandre de Médicis, né en 1535, est marqué dans sa jeunesse par son éducation chez les dominicains florentins et finit par être ordonné prêtre, malgré l’opposition de sa famille. Envoyé par cette dernière à Rome pour défendre ses intérêts, il va mettre à profit ses excellents talents d’administrateur intègre et attentif, ainsi que de fin diplomate, en se mettant au service de six papes.
Papabile en 1590 et 1591
Nommé évêque de Pistoia en 1573, archevêque de Florence en 1574 et enfin cardinal en 1584, il s’acquitte avec sérieux de ses responsabilités sans quitter Rome. Lors des deux conclaves de 1590 et de celui de 1591, il fait partie des papabili, mais décide de soutenir d’autres cardinaux.
Véritable serviteur de l’Église, il se démarque ainsi des directives de sa famille, même s’il reste très proche du parti français – auquel appartient le duché de Florence depuis que sa tante éloignée, Catherine de Médicis, a épousé le roi Henri II en 1547. En conséquence, il se retrouve aussi souvent opposé à la partie adverse, celle de la couronne espagnole des Habsbourg.
Réconciliation avec la France
Conseillant Clément VIII, le cardinal de Médicis va jouer un rôle décisif dans la réconciliation de la papauté avec la France du protestant Henri IV, après la conversion au catholicisme de ce dernier en 1593. Il obtient d’abord la levée de son excommunication en 1595, puis est envoyé comme légat pontifical à Paris en 1596. Il a alors pour mission de favoriser la réconciliation de la France et de l’Espagne, mais aussi de contrer la politique gallicane défendue par la couronne française, qui ne reconnaît pas toutes les directives du Concile de Trente, pourtant terminé depuis 1563.
Le cardinal s’en sort brillamment, malgré un climat hostile: Henri IV se réconcilie officiellement avec l’Église dès 1596, et le cardinal de Médicis organise la conférence de paix de Vervins en 1598, qui met fin au conflit entre les royaumes de France et d’Espagne. Mais le roi de France résiste ensuite à l’application des décrets tridentins et souhaite divorcer pour épouser Marie de Médicis, lointaine et richissime cousine du diplomate. Pour éviter un conflit d’intérêts, ce dernier décide habilement de rentrer à Rome où il est nommé secrétaire de la Congrégation pour les Évêques, et continue de gravir les échelons. En 1599, il obtient finalement l’annulation du mariage d’Henri IV avec Marguerite de Valois et, après le mariage du roi avec sa cousine Marie, il se voit proposer de célébrer le baptême du futur Louis XIII, mais il refuse afin d’éviter d’attiser les rancœurs du camp espagnol.
26 jours de règne
C’est dans ce contexte que survient le conclave de 1605: le cardinal de Médicis fait partie des candidats du clan français, aux côtés du cardinal César Baronio, un brillant historien proche de saint Philippe Néri. En face de lui, la faction espagnole et un parti italien vont se livrer une violente bataille. Barré par la couronne espagnole, le cardinal Baronio, favori au départ, est finalement écarté, et c’est Médicis qui est choisi, prenant le nom de Léon XI en hommage à son parent Léon X.
Initié le 1er avril, son bref pontificat témoigne de sa volonté de réformer l’appareil curial. Mais dix jours après son élection, le pape, qui avait déjà 69 ans, prend froid lors d’une messe célébrée dans la basilique Saint-Jean-des-Florentins. Et en meurt le 27 avril. (cath.ch/imedia/cd/bh)
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Léon XII, le pape sévère qui a quitté le Quirinal pour le Vatican (12/13)
Léon XII (28 septembre 1823–10 février 1829), célébra un Jubilé et condamna les loges maçonniques «à perpétuité» au cours d’un pontificat marqué par une certaine sévérité.
Annibale Sermattei della Genga est né le 2 août 1760 près d’Ancône, au sein d’une famille de la noblesse pontificale. Sixième de dix enfants, il est destiné à une carrière ecclésiastique. Après son ordination en 1783, il est orienté vers l’Académie pontificale des nobles ecclésiastiques – ancêtre de l’École qui forme encore aujourd’hui les nonces, équivalents des ambassadeurs du Vatican. Homme de succès dans les salons mondains, il se voit confier par le pape Pie VI la tâche de prononcer l’oraison funèbre de l’empereur d’Autriche Joseph II en 1790.
Entouré d’une notoriété grandissante, il entame une carrière diplomatique comme nonce apostolique, durant la période agitée des guerres napoléoniennes. Il est créé cardinal en 1816 par Pie VII et il se voit confier notamment le vicariat de Rome. Ses missions diplomatiques se soldent par un certain échec, sa ligne divergeant de celle du secrétaire d’État de Pie VII, le cardinal Ercole Consalvi (1757-1824), l’homme clé des négociations du Concordat signé avec Napoléon et de la restauration des États pontificaux.
Malgré sa réputation d’intransigeance morale et sa santé fragile, Annibale Sermattei della Genga est élu pape en 1823, prenant le nom de Léon XII. Son pontificat ne dure que six ans mais il est marqué par de grands événements.
«Resacraliser» Rome
Il est notamment le seul pape du XIXe siècle à pouvoir célébrer un Jubilé – grand événement de l’Église catholique fêté tous les 25 ans – puisque ceux de 1800, 1850 et 1875 ont été empêchés par les aléas de l’histoire. Léon VII veut faire de l’année sainte 1825 un temps de réforme spirituelle – et autoritaire – de la ville de Rome, qu’il entend «resacraliser», notamment après l’invasion des troupes françaises et la confiscation du pouvoir temporel du pape sur Rome, au début du siècle.
Dans cette même ligne, dès le début de son pontificat il quitte les ors du palais du Quirinal pour celui du Vatican, domaine laissé à l’abandon depuis deux siècles et considéré plus austère. Pape relativement impopulaire, il se dédie notamment à remettre les plus pauvres au centre de l’Église et à réprimer les mouvements libéraux et révolutionnaires. Parmi les décisions de son magistère, Léon VII déclare l’interdiction «à perpétuité» des loges maçonniques dans la bulle pontificale Quo Graviora, condamnant aussi leurs dérivés comme la «charbonnerie».
L’écrivain français François-René de Chateaubriand, qui fut ambassadeur de France près le Saint-Siège sous le pontificat de Léon XII, en parle ainsi dans ses Mémoires d’Outre-Tombe: «Léon XII, prince d’une grande taille et d’un air à la fois serein et triste, est vêtu d’une simple soutane blanche. Il n’a aucun faste et se tient dans un cabinet pauvre, presque sans meubles».
Le 252e pape de l’Église catholique est enterré dans la basilique Saint-Pierre, selon ses volontés, indique Vatican News: dans un simple tombeau de terre devant l’autel de saint Léon le Grand (Léon Ier), où son épitaphe le décrit comme «un humble dévot, le plus petit des héritiers d’un si grand nom». (cath.ch/imedia/ak/bh)
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Léon XIII, le pape qui a fait basculer l'Église au XXe siècle (13/13)
Dernier épisode de notre série avec Léon XIII (1878-1903), qui a inspiré son nom à Léon XIV. Une grande figure de l’histoire de l’Église qui remodela en profondeur le visage de la mission papale lors de son long pontificat et à qui l’on doit l'encyclique Rerum Novarum, à l'origine de la doctrine sociale de l’Eglise.
Héritant d’une Église aux prises avec de nombreuses crises, Léon XIII (1878-1903) a tenté d’y répondre dans de nombreuses encycliques, notamment Rerum Novarum, dans laquelle il pose les fondations du catholicisme social. Son très long pontificat permit à cet intellectuel d’encourager l’Église catholique à se confronter aux grands défis du XXe siècle naissant.
À la mort de Pie IX en 1878, le Saint-Siège traverse une très grave crise. Depuis 1870 et la prise de Rome par les armées italiennes, le pape est «prisonnier» au Vatican et en conflit ouvert avec le jeune Royaume d’Italie. L’Église est sous pression en France, avec l’émergence d’une IIIe République très anticléricale, ou en Allemagne, où le chancelier Otto von Bismarck mène le Kulturkampf (une lutte visait principalement à réduire l'influence de l'Église catholique dans la vie publique et à promouvoir le contrôle de l'État sur les institutions éducatives et sociales) afin de soustraire l’Église locale du giron du Saint-Siège.
Le défi de la sécularisation
Aux États-Unis, un courant très libéral et individualiste progresse, alors qu’en Europe le défi de la sécularisation devient de plus en plus prégnant. Pour affronter ces questions, le conclave choisit le cardinal Vincenzo Pecci, une personnalité respectée issue de la noblesse pontificale romaine, connue pour ses talents de diplomate et d’administrateur.
08/07/2025
Léon Ier, le pontife qui tint tête à Attila (1/13)
À l’occasion du séjour de Léon XIV à Castel Gandolfo, I.MEDIA publie une série d’été sur les 13 papes qui ont porté le nom de Léon avant lui.
Celui qui prend alors le nom de Léon XIII a été archevêque de Pérouse pendant trente ans, mais a été transféré à Rome un an avant le décès de Pie IX pour devenir camerlingue, en raison d’une santé fragile. Tout le monde s’attend à un pontificat court, même l’intéressé, qui règnera finalement un quart de siècle, soit l’un des plus longs de l’histoire. Bien qu’aligné sur les positions de Pie IX concernant la question romaine – il continue de dénoncer l’usurpation menée par la couronne italienne –, Léon XIII acte avec réalisme la fin du pouvoir temporel des papes et dissout officiellement les États pontificaux en 1900.
Pragmatique, il fait des gestes d’ouverture vis-à-vis des républicains en France et négocie avec Bismarck la fin du Kulturkampf. Il montre aussi de l’intérêt pour le développement de l’Église dans le «Nouveau Monde», en Amérique latine comme aux États-Unis, où il condamne l’«américanisme».
86 encycliques
Très au fait des évolutions de son époque (il est un lecteur assidu de la presse et fut le premier pape à accorder un entretien), Léon XIII consacre aussi son temps à un intense travail de réflexion sur l’Église et la société. Il est l’auteur de 86 encycliques – un record. En 1902, un an avant sa mort, Léon XIII, un peu à la manière des Rétractations de saint Augustin, dresse une liste de ses neuf principales encycliques, offrant un panorama complet de son très dense pontificat, celui d’un pape intellectuel. Le philosophe Étienne Gilson le considérait même comme le «plus grand philosophe du XIXe siècle».
La première est Æterni Patris (1879), sur la «philosophie chrétienne», qui propose comme solution au modernisme une étude renouvelée de saint Thomas d’Aquin (le néo-thomisme), suivie de Libertas Praestantissimum (1888), sur la liberté de l’homme, qui condamne les excès du libéralisme. Puis est citée Arcanus Divinae Sapientiae (1880), qui explique la condamnation du divorce par l’Église, Humanum Genus (1884), qui pourfend le «relativisme» des francs-maçons, Diuturnum (1881), sur l’autorité politique, Immortale Dei (1885), sur la constitution chrétienne des États, qui critique le laïcisme, et Quod Apostolici Muneris (1878), qui condamne le socialisme.
Rerum Novarum
Vient ensuite l’encyclique la plus célèbre de Léon XIII, Rerum Novarum (1891), qui, pour affronter les défis de la modernité, pose les bases du catholicisme social et de ce qui sera plus tard connu comme la «doctrine sociale de l’Église». Enfin, dans Sapientiae Christianae (1890), Léon XIII incite les catholiques à refuser d’obéir aux lois civiles lorsque celles-ci contredisent les enseignements religieux.
Si la pensée de Léon XIII a des accents antimodernes, elle promeut aussi avec pédagogie un «catholicisme de mouvement» capable de répondre aux défis des temps nouveaux. Homme d’une grande curiosité, il fut le premier pape dont la voix a été enregistrée, et le premier à être filmé. Et son important héritage spirituel et intellectuel a nourri tous les pontificats de ses successeurs, jusqu’à Léon XIV aujourd’hui. (cath.ch/imedia/cd/bh)
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