Jubilé des sports: une passion papale
Le 14 et 15 juin 2025, le Saint-Siège accueille le ‘Jubilé du sport’, grand événement rassemblant à Rome des sportifs du monde entier à l’occasion de l’Année sainte. Depuis plus d’un siècle, les pontifes ont montré un grand intérêt pour le sport. Après le football et la danse et la montagne, I.MEDIA...
Jubilé des sports: une passion papale
Le tango des papes autour de la danse
Jubilé des sports: une passion papale
Le 14 et 15 juin 2025, le Saint-Siège accueille le ‘Jubilé du sport’, grand événement rassemblant à Rome des sportifs du monde entier à l’occasion de l’Année sainte. Depuis plus d’un siècle, les pontifes ont montré un grand intérêt pour le sport. Après le football et la danse et la montagne, I.MEDIA...
Jubilé des sports: une passion papale
Le 14 et 15 juin 2025, le Saint-Siège accueille le ‘Jubilé du sport’, grand événement rassemblant à Rome des sportifs du monde entier à l’occasion de l’Année sainte. Depuis plus d’un siècle, les pontifes ont montré un grand intérêt pour le sport. Après le football et la danse et la montagne, I.MEDIA...
Le tango des papes autour de la danse
Les 14 et 15 juin 2025, le Saint-Siège accueillera des milliers de sportifs du monde entier venus assister au 'Jubilé du sport’, à l’occasion de l’Année sainte. On connaît l'amour pour le cyclisme, la natation ou le football de certains papes. Qu'en est-il de la danse, pratique conciliant art, sensu...
Jubilé des sports: une passion papale
Le 1er juin 2025, les cyclistes du Tour d’Italie effectueront une petite boucle au sein des jardins du Vatican à l’occasion de la dernière étape en hommage au pape François. L’occasion de rappeler la place toute particulière qu’a occupée le cyclisme dans le cœur des papes.
Un prêtre peut-il enfourcher une bicyclette ? La question est posée au début du XXe siècle dans une revue française pour prêtres – repérée par l’historienne Catherine Marneur – L’ami du clergé. Il s’agit de répondre à l’étonnement qui saisit toute la société européenne devant l’avènement et le succès de cet étrange véhicule à deux roues. Prudente, l’Église ne tranche pas : «Le Saint-Office n’a pas encore donné son avis sur le vélo. Avant tout, il faut tenir compte de l’effet que cela produira sur la population». Les doutes ne subsistent pas longtemps, et quand en 1948, Fernandel se met dans la peau de Don Camillo, adepte d’un joli cycle hollandais, plus personne ne doute de l’extraordinaire compatibilité de la soutane et du coup de pédale.
Maillot jaune (ou rose) : Pie X, le premier
Entre temps, le cyclisme est devenu un sport populaire de premier plan, en témoigne le succès qu’il rencontre dès la création du Tour de France en 1903 ou du Giro d’Italia (Tour d’Italie) en 1909. Un engouement qui va rapidement franchir les murs léonins, même si, jusqu’en 2025, nul n’avait encore osé transformer les pentes abruptes et goudronnées des jardins du Vatican en une piste cyclable. Pie X (1903-1914), «l’Européen le plus moderne» de son temps selon Guillaume Apollinaire, ne s’y trompe pas : derrière toutes ces passions sportives qui prospèrent à son époque, il y a quelque chose de profondément chrétien dont l’Église doit s’emparer.
C’est alors l’âge d’or des patronages, et Pie X est le premier pape à bénir une course amateur au départ de Rome. Son successeur Benoît XV (1914-1922) l’imite quelques années plus tard. Le vélo est dès lors perçu comme une pratique vertueuse, accessible aux familles. Sur le vélo, le chrétien découvre l’intérêt d’un véritable dépassement de soi, ou le sens d’un sacrifice radical, mais décorrélé de tous les penchants guerriers alors en vogue. Reste que sur le pavé ou l’asphalte, les spectateurs comprennent que la victoire finale nécessite d’unir initiative individuelle et esprit d’équipe.
Maillot à pois: Pie XII, la passion au sommet
Cependant, la passion papale pour le cyclisme va prendre une toute autre dimension avec un autre pape, Pie XII (1939-1958). Ce dernier est même célèbre pour avoir fait bâtir en 1948 une petite chapelle sur les hauteurs du col de Ghisallo, l’équivalent, pour le Tour de Lombardie, du mythique col du Galibier du Tour de France. Il baptise l’édifice « Notre-Dame universelle des cyclistes ». Aux côtés du pontife de la Seconde Guerre mondiale, un héros de l’asphalte comme il n’y en aura jamais plus démontre à lui seul à quel point les coureurs sont alors en odeur de sainteté au Vatican : Gino Bartali, dit «Gino le pieux».
Ce membre de l’Action catholique, aussi rugueux dans l’effort que discret en dehors des routes, n’est pas uniquement le héraut de la vertu et d’un certain conservatisme pour les Italiens, qui l’opposaient au très laïc et fantasque Fausto Coppi, autre légende du vélo. Après la mort de Bartali, sa famille a en effet découvert que le double vainqueur du Tour de France avait été un des humbles et silencieux serviteurs des plus faibles dans la sourde lutte engagée par l’Église catholique contre le fascisme de Mussolini ou le nazisme d’Hitler lors de la Seconde Guerre mondiale. Acheminant pour le Vatican des faux-papiers dans le cadre de son vélo, il les livrait à certains monastères pour permettre d’exfiltrer des familles juives. Gino Bartali est d’ailleurs aujourd’hui reconnu comme ‘Juste parmi les Nations’ par Israël.
Le sportif, tertiaire carmélite, a indubitablement été le relais du pontife dans le peloton. Il est reçu en audience en 1946 par le pape Pie XII au départ de la neuvième étape du Giro qu’il remporte. En 1950, année jubilaire, le Giro d’Italia arrive à Rome, et le pape Pie XII décide d’accueillir en personne les champions. Cependant, le grand Bartali a cette fois-ci trouvé plus fort que lui: le Suisse Hugo Koblet, un calviniste, premier non-Italien à remporter le Giro. Le pontife, dans un geste où l’esprit sportif rejoint le désir de dialogue œcuménique, décide alors de bénir les deux champions.
Maillot blanc: Paul VI, théologien du sens la course
Son successeur, Jean XXIII, n’est pas un pape sportif. Paul VI (1963-1978), en revanche, fervent défenseur de l’exercice physique, est un digne successeur de Pie XII sur ce plan. Il reconnaît notamment avoir éprouvé une véritable passion pour ce sport depuis sa tendre enfance. En 1964, il prononce même un discours très inspiré, spécialement adressé aux coureurs au départ du Giro, notamment les célèbres Felice Gimondi et Eddy Merckx :
« Le sport, en plus d’être une réalité sensible et vécue, est le symbole d’une réalité spirituelle, qui constitue la trame cachée, mais essentielle, de notre vie : la vie est un effort, la vie est une épreuve, la vie est un risque, la vie est une course, la vie est un espoir vers un but qui transcende la scène de l’expérience commune, et que l’âme entrevoit et la religion nous présente. »
Quelques années plus tard, aux participants du Tour de Sardaigne 1975, qui passa, comme le Giro de 1964, place Saint-Pierre à Rome, il réaffirme une fois de plus toute son admiration pour la discipline et la ferveur que demande la pratique de ce sport. Son successeur, Jean-Paul Ier, était lui aussi un passionné convaincu : « Si le sport est humain, pour nous Italiens le Giro d’Italia est umanissimo » (très humain), avait déclaré Albino Luciani alors qu’il était encore patriarche de Venise en 1972, en donnant symboliquement le départ du 55e Tour d’Italie.
Le «dossard rouge» de l’équipe cycliste de Jean-Paul II
Le pape Jean-Paul II, grand sportif et cycliste amateur, reprendra le flambeau d’une toute autre façon. Son pontificat correspond aux premières révélations sur l’usage de produits dopants dans les compétitions cyclistes, qui jettent un discrédit très pénalisant sur la pratique sportive. C’est en soufflant à l’oreille d’un jeune directeur d’une équipe cycliste italienne, Ivano Fanini, que le Polonais marque à son tour la scène sportive. Il lui suggère de nommer son équipe «Amore e vita» (Amour et vie, en italien), car selon lui le sport est une affirmation puissante de ces deux principes catholiques quand il s’exprime pleinement. Fanini prend le pape au mot.
Affichant sur le maillot de son équipe non plus un sponsor mais un message de foi qui lui donne des airs d’encyclique, l’écurie Amore e vita détonne dans ces années où l’appât du gain et l’obsession pour la performance individuelle, jusqu’à la triche, semble corrompre de toute part le bel idéal sportif autrefois tant aimé par Paul VI ou Pie XII.
Ivano Fanini, catholique militant, décide même d’assortir son maillot d’un message anti-avortement lors d’une saison entière ! La démarche est moyennement appréciée par le milieu, mais l’homme assume pleinement et sans scrupules de rouler pour le pape, qui s’est alors porté au front sur les questions de défense de la vie pendant ces dernières années du XXe siècle. Plus généralement, Amore e Vita est une équipe hors norme, en ce qu’elle décide de donner une seconde chance à des sportifs qui ont été bannis pour dopage, et qui servent trop souvent de boucs émissaires dans un sport où plus personne ne semble être propre. Au contraire, Amore e Vita propose de pardonner une fois la peine purgée.
Le pape Jean-Paul II reçoit plus d’une vingtaine de fois le fantasque Fanini. L’équipe de ce dernier n’a certes pas le plus grand palmarès de l’histoire du cyclisme. Mais, active jusqu’en 2021, elle a fait preuve de cet esprit de combativité si apprécié du public, pour lequel on attribue souvent aujourd’hui un dossard rouge dans les courses par étape.
François, maillot vert ?
Depuis la fin du pontificat de Jean-Paul II, le vélo est moins mis à l’honneur, Benoît XVI, dit-on, préférait la Formule 1. Le pape François, fervent amateur de football, a néanmoins été sollicité pour bénir le maillot rose, porté par le premier du classement sur le Tour d’Italie, dès son élection en 2013. S’il n’a pas eu des mots aussi inspirés que Paul VI sur le sens de la course, le chef de l’Église catholique insistait, dans un tout autre domaine, sur la nécessité de repenser les moyens de transports urbains.
Avec Laudato Si’, il invitait notamment à sortir de la logique de transports polluants. Dans son encyclique, le pontife argentin exhortait aussi à trouver une alternative en faisant preuve de créativité : le vélo semble être un bon candidat pour limiter la consommation énergétique excessive et polluante des hydrocarbures, tout en permettant une réelle mobilité dans les villes. Peu avant sa mort, le pontife avait d’ailleurs offert un vélo sur ses propres deniers à une de ses collaboratrices au sein de la Curie romaine, la religieuse française mère Marie des Anges, après que cette dernière a cassé le sien.
La défense de la ‘Maison commune’ portée par le chef de l’Église plaisait aux cyclistes, qui sont souvent venus le saluer : le slovène Peter Sagan, la superstar du sprint avait offert un vélo floqué aux couleurs du Vatican ainsi que son maillot de champion du monde – le mythique maillot arc-en-ciel – au pape argentin lors d’une visite en 2018. Mais peut-être aurait-il dû opter pour un maillot vert !
Pendant son pontificat, le pape François a fait intégrer le Vatican à l’Union cycliste internationale en 2021. En rejoignant la grande famille du vélo, les cyclistes du plus petit État du monde ont pu participer à plusieurs championnats du monde et porter fièrement les couleurs or et blanche du pape au milieu du peloton.
Pour l’instant, le pape Léon XIV ne semble pas avoir de passion particulière pour la bicyclette – contrairement au tennis, au baseball ou à l’équitation. On sait, grâce à son ancien coach sportif, qu’il a pédalé sur les vélos fixes de salle de sport. Mais le monde du vélo semble déjà apprécier le pontife américain : une compagnie de location de vélo de sa ville natale de Chicago, Divvy, a ainsi inauguré une gamme aux couleurs du Vatican pour rendre hommage à son pape. (cath.ch/imedia/cd/mp)
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Le tango des papes autour de la danse
Les 14 et 15 juin 2025, le Saint-Siège accueillera des milliers de sportifs du monde entier venus assister au 'Jubilé du sport’, à l’occasion de l’Année sainte. On connaît l'amour pour le cyclisme, la natation ou le football de certains papes. Qu'en est-il de la danse, pratique conciliant art, sensualité et sport? I.MEDIA revient sur la place singulière qu’elle occupe dans le magistère des papes.
«De tout mon cœur, Seigneur, je rendrai grâce, […] pour toi, j’exulterai, je danserai, je fêterai ton nom.» Le Psaume 9, comme de nombreux autres passages de la Bible, donne la part belle à la danse et à la fête. L’histoire du peuple d’Israël nous rappelle que les femmes célébraient même les victoires militaires par ce biais, à l’image de la belle Myriam qui, après la traversée du peuple juif de la Mer rouge, s’empresse de former des «chœurs de danse» à la gloire de Dieu.
Et pourtant, aux premiers temps du christianisme, ces expressions corporelles furent délaissées par l’Église, la danse se rattachant pour bon nombre d’ecclésiastiques à la sphère païenne. Cette fronde contre la danse semble perdurer au fil des siècles. En 1914, une danse, le tango, va devenir la cible du Vatican.
Furlane contre tango
À l’époque, cette danse lascive venue de l’Argentine connaît un développement et un succès retentissant dans plusieurs pays européens dont la France et l’Italie. Devant cet engouement, bon nombre de prélats, tel le cardinal français Léon-Adolphe Amette, s’y opposent. L’affaire prend une telle proportion que le pape Pie X en personne aurait décidé de se faire sa propre idée sur le tango en demandant à un couple de jeunes aristocrates romains, frère et sœur bien entendu, d’exécuter devant lui quelques mouvements de cette danse si contestée.
Cet épisode, raconté par le célèbre journaliste Jean Carrière, alors correspondant pour le journal Le Temps, est publié le 28 janvier 1914. «Les deux jeunes gens, émus et surpris, murmurant à voix basse les notes mélancoliques de la populaire musique argentine, esquissèrent devant le Saint-Père attentif les va-et-vient compliqués de la danse à la mode», écrit-il.
Devant les courbettes des deux romains, le chef de l’Église catholique se montre quelque peu déçu, raconte le journaliste qui rapporte ce dialogue: «C’est cela le tango? demanda Pie X. Oui, Sainteté, fut-il répondu. Eh bien, mes chers enfants, vous ne devez pas beaucoup vous amuser!» «Je comprends que vous aimiez la danse. […] Mais au lieu d’adopter ces ridicules contorsions […] pourquoi ne pas choisir cette ravissante danse de Venise, que j’ai souvent regardée danser dans ma jeunesse, et qui est si élégante, si claire […]: la furlana?»
Pie X est né en Vénétie et, avant de devenir pape, fut patriarche de Venise, précise Jean Carrière dans son récit. Et le journaliste de poursuivre que le pontife aurait ordonné à l’un de ses gens de s’adonner à une démonstration.
"C’est cela le tango? Eh bien, mes chers enfants, vous ne devez pas beaucoup vous amuser!"Pie X (selon Jean Carrière)
Quelques jours plus tard, ces propos dignes d’un roman sont démentis avec véhémence par le Vatican: «Certains journaux [rapportent] qu’une démonstration de tango aurait été faite devant le pape, […] ces propos offensent Sa Sainteté et sont totalement infondés», communique le Saint-Siège.
L’épisode, à Rome, est surtout passé à la postérité grâce au sonnet peu révérencieux que composa alors le poète romain Trilussa, qui affirmait que les deux danseurs avaient eu une vraie difficulté à cause de l’étiquette vaticane qui imposait des vêtements inadaptés à cette danse. Et de suggérer en conclusion: «Il ne reste qu’à ce que la Curie permette / de manière spéciale / que les dames relèvent leur robe."
Quand Pie XI condamne la légèreté de la danse
Légende ou réalité, nul ne le saura jamais. Reste que le saint pape a bel et bien levé les sanctions ecclésiastiques prévues pour les danseurs de tango, n’en déplaise au cardinal Amette. Ce dialogue qu’on lui attribua créa aussi un véritable engouement autour de la furlane, ou furlana, à tel point qu’on la baptise au début de ce XXe siècle «la danse du pape», en opposition au tango, cette danse du péché. Dans son livre Danser en société, le sociologue Henri Joannis Debern rapporte même que bon nombre d’hôtels de la Côte d’Azur, pragmatiques, disposent de professeurs de danse qui enseignent à la fois le tango et la furlane, pour satisfaire les bons catholiques comme les autres.
L’emballement autour de cette mystérieuse danse louée au Vatican ne dure qu’un temps et la furlane disparaît pendant la Première Guerre Mondiale. Quelques années plus tard, en 1922, le pape Pie XI semble, d’un même mouvement, condamner toutes les danses, sans faire d’exception pour la danse vénitienne. «Les limites imposées par la pudeur sont dépassées, surtout dans les modes et les danses, par suite de la légèreté des femmes et des jeunes filles, dont les toilettes fastueuses excitent la haine des déshérités», déplore-t-il dans un discours adressé aux évêques qui fait état des nombreux maux provoqués par le conflit.
Jean Paul II, entre valse et mazurkas
Il faut attendre Jean Paul II, poète et homme de théâtre, pour qu’un pape ose briller sur la piste, bien avant son élection, cela s’entend. Jeune homme, “Lolek”, comme le surnomme l’un de ses amis juifs, rejoint le cours de danse du lycée. Valse polonaise, valse viennoise, anglaise ou encore polonaise, mazurkas… Il se plaît à faire tournoyer ses cavalières dans les salons, sans pour autant accepter d’invitations privées. «Lolek, grâce à son sens de la musique, était peut-être le meilleur, le plus gracieux des élèves du cours, en particulier lorsqu’il avait Halina Krolikiewicz pour partenaire», raconte avec humour son camarade, en faisant référence à une jeune femme que Karol Wojtyla admirait.
S’il ne fait pas explicitement référence à l’art de la danse dans ses discours, le pape polonais place l’alliance nuptiale, entre l’homme et la femme, danse ô combien subtile, au cœur de son pontificat. En témoignent ses enseignements sur la théologie du corps dans lesquels il entend rétablir le sens originel de l’union entre l’homme et la femme voulue par Dieu.
‘Le pape des artistes’ ne cessera de défendre un christianisme incarné où la chair a toute sa place et rappelle la vocation du couple. «L’homme et la femme, s’éloignant de la concupiscence, trouvent l’exact dimension de la liberté du don […] dans la vraie signification sponsale du corps», écrit-il. Avec le pape polonais, disparaît le mépris du corps. La vie conjugale et toutes ses expressions, dont la danse peut faire partie, sont élevées au rang de «liturgie».
François et la passion du Tango
Sans conteste le plus danseur de tous les papes réunis, François n’a pour sa part jamais caché son amour inconditionnel pour le tango, un comble quand on connaît les critiques qui ont visé cette danse par le passé… «Jorge était un merveilleux danseur de tango», confiait son amie d’enfance Anna Colonna. «Un porteno (ndlr: habitant de Buenos Aires) qui ne danse pas le tango, n’est pas un porteno!» expliquera plus tard le pontife à la télévision italienne.
«Un porteno qui ne danse pas le tango, n’est pas un porteno!"pape François
C’est d’ailleurs en se rendant à une soirée dansante qu’il passa devant sa paroisse de San Jose à Flores, le 21 septembre 1953. Il se confessa alors à un prêtre qu’il ne connaissait pas et en ressortit différent. «Là, ma vie a changé. J’ai entendu cet appel à devenir prêtre et religieux.»
Devenu jésuite, le futur pape fait la connaissance de l’une des plus grandes interprètes de tango, Azucena Maizani, et lui administre l’extrême-onction en 1970, à la fin de sa vie. Bien plus tard, en 2014, une foule de passionnés de tango se pressent sur la place Saint-Pierre pour offrir au pape François une démonstration de sa danse préférée, à l’occasion de ses 78 ans. Lancée sur Facebook par Cristina Carmorani, professeur de danse de Conventello, cette initiative rassemble 3200 danseurs.
Au-delà de sa passion pour la danse argentine, le pape François affirmait voir dans la danse, art et sport mêlé, une manière de louer Dieu. «Danser c’est exprimer la joie, l’allégresse», avait-il simplement confié à une petite fille albanaise dans une lettre au début de son pontificat. Et dans l’une de ses catéchèses, en 2014, il n’avait pas hésité à opposer «la danse de la joie» effectuée par le roi David devant le Seigneur à «la formalité d’une prière froide». (cath.ch/imedia/cg/cd/lb)
Cet article a été publié une première fois le 27 juillet 2007. Retrouvez ici notre dossier Les papes et le sport
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