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    Crans-Montana: le diocèse de Sion prie pour les victimes et leurs familles

    L'incendie du bar "Le Constellation" à Crans-Montana, durantå le nuit du Nouvel An, a fait 41 morts et 116 blessés, parmi lesquels de nombreux jeunes. L'Eglise a permis à un grand nombre de personnes de se retrouver dans le deuil et la prière. De la messe du 1er janvier à Montana, à la célébration o...

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    Crans-Montana: le diocèse de Sion prie pour les victimes et leurs familles

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    Crans-Montana: une messe en hommage aux victimes présidée par l’évêque de Sion

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    Crans-Montana: le diocèse de Sion prie pour les victimes et leurs familles

    L'incendie du bar "Le Constellation" à Crans-Montana, durant le nuit du Nouvel An, a fait 41 morts et 116 blessés, parmi lesquels de nombreux jeunes. L'Eglise a permis à un grand nombre de personnes de se retrouver dans le deuil et la prière. De la messe du 1er janvier à Montana, à la célébration oecuménique du 1er février 2026.

    «Le diocèse de Sion prend connaissance avec stupeur du drame survenu cette nuit à Crans-Montana», affirme l’évêché dans un communiqué envoyé quelques heures après la tragédie.

    Un violent incendie a ravagé le bar Le Constellation à Crans-Montana lors des festivités du Nouvel An, rapporte RTS Info. Plusieurs dizaines de personnes ont perdu la vie et près d’une centaine ont été blessées, a annoncé Frédéric Gisler, commandant de la police cantonale, lors d'une conférence de presse. De nombreux secours sont sur les lieux du drame et les hôpitaux romands sont mobilisés pour accueillir des blessés, souvent des grands brûlés.

    Au vu de la gravité de la situation, le Conseil d'État valaisan a décidé de décréter l'état de situation particulière.

    Les victimes et leurs proches confiés à la Vierge

    Face à ce drame d’une ampleur historique en Valais et en Suisse, le diocèse de Sion veut «avant tout exprimer sa sollicitude, sa proximité et sa compassion pour toutes les victimes, leurs proches et leurs familles. Cette nuit qui devait être une occasion de réjouissances s’est transformée en terrible catastrophe pour des centaines de personnes. C’est vers elle que se dirigent nos pensées et nos prières.»

    Le diocèse, par l’intermédiaire de son vicaire général Pierre-Yves Maillard, exprime aussi son soutien et sa gratitude à toutes les personnes engagées de diverses manières auprès des victimes, sur place ou dans les divers hôpitaux mobilisés, personnel soignant, police, autorités civiles et judiciaires.

    «En ce jour de l’an traditionnellement consacré dans l’Église catholique à la fête de Marie Mère de Dieu et à la prière mondiale pour la paix, nous confions particulièrement toutes les victimes et leurs proches à la tendresse de la Vierge Marie, et nous prions pour que les familles touchées puissent recevoir des témoignages apaisants, de compassion et de soutien, au cœur de leur douleur», assure encore le diocèse de Sion.

    Pierre-Yves Maillard et Mgr Jean-Marie Lovey, évêque de Sion, annoncent qu'ils seront présents à la messe de 18h à Crans-Montana. (cath.ch/com/rz)

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    Crans-Montana: une messe en hommage aux victimes présidée par l’évêque de Sion

    Mgr Jean-Marie Lovey va présider et prêcher une messe à l’église de Crans le 4 janvier 2026, en hommage aux victimes de l’incendie d’un bar de Crans-Montana, a annoncé le vicaire général du diocèse de Sion dans un communiqué. L’engagement de l’Eglise auprès des victimes se poursuit sur place, notamment avec une adoration eucharistique et la prière du chapelet. L’incendie de la nuit du Nouvel An a fait 40 morts et 115 blessés.

    Article mis à jour à 14h10

    Dans son message diffusé le 2 janvier, Pierre-Yves Maillard, le vicaire général du diocèse de Sion, indique que Mgr Jean-Marie Lovey présidera et prêchera une messe le 4 janvier à 10h à l’église de Crans. Le pasteur de Montana, le président du Conseil synodal Stephan Kronbichler et le président du Synode suisse Gilles Cavin seront également présents à la messe.

    En début d'après-midi, la Conférence des évêques suisses (CES) a fait savoir, dans un communiqué de presse, que son président, Mgr Charles Morerod, serait au côté de Mgr Jean-Marie Lovey pour concélébrer la messe du 4 janvier. "Les membres de la Conférence des évêques suisses sont eux aussi frappés d’un total effroi face à la violence de cette catastrophe, relève Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg dans son message, notamment pour les victimes elles-mêmes, pour leurs familles souvent dans l’attente d’information, mais aussi pour tout le personnel des services de secours", a indiqué la CES dans son communiqué. "Toutes nos églises peuvent être des lieux de soutien, et sont des lieux de prière en cette heure terrible."

    Adoration et chapelet

    Pierre-Yves Maillard informe également que l’adoration eucharistique sera animée toute la journée du 2 janvier à l’église de Montana. Un chapelet y sera prié le 3 janvier à l’issue de la messe de 18h. Par ailleurs, annonce le vicaire général, "en accord avec les autres diocèses de Suisse, nous proposons de sonner les cloches dans tout le pays ce soir à 18h en signe de communion avec les victimes et leurs proches." Relayant l'appel de Pierre-Yves Maillard, la CES invite toutes les paroisses de Suisse à s'associer à ce geste dans la mesure de leurs possibilités.

    «Le rassemblement spontané, hier soir sur le lieu du drame, était bouleversant, des centaines de jeunes en accolades silencieuses portant fleurs et bougies", a relevé l’abbé Pierre-Yves Maillard. Plusieurs centaines de personnes se sont recueillies le soir du 1er janvier vers 20h à proximité du bar «Le Constellation» à Crans-Montana pour rendre hommage aux victimes de l’incendie qui s’y est déclaré dans la nuit du Nouvel An.

    Un peu plus tôt à 18h, l'évêque de Sion, Mgr Jean-Marie Lovey, a présidé la messe au cours de laquelle l'abbé Alexandre Barras, le curé de Crans-Montana, a prêché. "Au moins 400 personnes ont suivi la messe. L'église était pleine, des gens ont dû rester à l'extérieur. Les paroissiens, mais aussi des sauveteurs étaient présents", témoigne à cath.ch l'abbé Pierre-Yves Maillard.

    L’abbé Pierre-Yves Maillard salue «la présence de chacun dans le contexte du terrible drame de Crans-Montana, en profonde communion avec toutes les victimes, les familles toujours sans nouvelles de leurs enfants, les jeunes, toutes les personnes engagées au front dans les soins et l'accompagnement». «Sur le plan de notre Eglise diocésaine, je pense notamment à l’équipe d’aumônerie du CHVR, aux confrères du secteur Noble et Louable Contrée, à notre évêque Mgr Jean-Marie Lovey immédiatement présent», relève le vicaire général.

    Lors de la messe de 7h à la cathédrale ce 2 janvier, l'abbé Pierre-Yves Maillard a relevé la présence inhabituelle de nombreux jeunes venus prier.

    40 morts et 115 blessés

    Le dernier bilan de l’incendie, suivi d’une forte explosion, qui a ravagé le bar «Le Constellation» de Crans-Montana dans la nuit du 1er janvier s’élève à 40 morts et 115 blessés, dont environ 80 sont en état critique, parmi eux beaucoup de jeunes venus fêter le Nouvel An. Le Ministère public a ouvert une instruction pour déterminer les causes de l’incendie. La piste de l’accident et de «l’embrasement généralisé» est retenue. La procureure générale du Valais a totalement écarté l’hypothèse d'un attentat.

    L'identification des victimes se poursuit et va prendre du temps, a indiqué dans la matinée du 1er janvier le président du gouvernement valaisan. Mathias Reynard a ajouté que la situation restait très tendue dans les hôpitaux. Le bilan des victimes reste inchangé pour l'instant, mais pourrait s'aggraver dans les heure et les jours qui viennent.

    Selon Rome, 13 ressortissants italiens ont été hospitalisés – dont trois ont été transférés au centre des grands brûlés de Niguarda, près de Milan – et six sont portés disparus.

    Comme l'avait annoncé le 1er janvier le président de la Confédération Guy Parmelin, les drapeaux ont été mis en berne vendredi au Palais fédéral à Berne, pour une période de 5 jours, rapporte Keystone-ATS. «Aujourd'hui, la Suisse est triste, mais aussi unie de coeur», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Sion. Il s'agit de l'une des pires tragédies que notre pays ait connues, a-t-il dit, le ton grave. (cath.ch/com/ag/bh)

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    Léon XIV exprime sa compassion pour les victimes de l’incendie de Crans-Montana

    «Ayant appris le tragique incendie survenu à Crans-Montana dans la nuit du 1er janvier, qui a fait plus de quarante morts et de nombreux blessés», le pape Léon XIV «s’associe au deuil des familles et de toute la Confédération helvétique», indique le cardinal Pietro Parolin dans un télégramme diffusé par le bureau de presse du Saint-Siège le 2 janvier 2026.

    Dans un télégramme envoyé à Mgr Jean-Marie Lovey à la mi-journée, le pape désire ainsi "manifester aux proches des victimes sa compassion et sa sollicitude», après cet incendie qui s’est déclenché vers 1h30 du matin dans la nuit du 31 décembre 2025 au 1er janvier 2026. L’utilisation de bougies pyrotechniques par les serveurs du bar «Le Constellation», où des centaines de personnes étaient réunies pour fêter le réveillon, semble être à l'origine du siniste.

    Le cardinal Parolin précise que le pontife «prie le Seigneur d’accueillir les défunts dans Sa demeure de paix et de lumière, et de soutenir le courage de ceux qui souffrent dans leur cœur ou dans leur corps». Il demande que «la Mère de Dieu, dans Sa tendresse, apporte le réconfort de la foi à toutes les personnes touchées par ce drame, et les garde dans l’espérance».

    L’incendie s’est propagé très rapidement dans une salle en sous-sol et a provoqué une explosion qui a fait de très nombreuses victimes, en raison du feu et de la bousculade vers les portes de sortie. Le bilan provisoire fait état d’au moins 40 morts et 115 blessés mais certains corps sont difficiles à identifier. (cath.ch/imedia/cv/bh)

    Crans-Montana: une messe en hommage aux victimes présidée par l’évêque de Sion

    02/01/2026

    Crans-Montana: une messe en hommage aux victimes présidée par l’évêque de Sion

    Mgr Jean-Marie Lovey va présider et prêcher une messe à l’église de Crans le 4 janvier 2026, en hommage aux victimes de l’incendie d’un bar de Crans-Montana, a annoncé le vicaire général du diocèse de Sion dans un communiqué. L’engagement de l’Eglise auprès des victimes se poursuit sur place, notamm...

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    Mgr Lovey: "Je ne sais pas s'il y a une parole adaptée à un tel drame"

    "La parole est si fragile et si pauvre", confie Mgr jean-Marie Lovey à cath.ch. L'évêque de Sion a célébré la messe le 1er janvier 2026 à Montana dans un église "archi-comble" avant de rencontrer fidèles, touristes et sauveteurs sur le parvis de l'église. Avec le vicaire général, les services d'aumônerie dans les hôpitaux et les paroisses, l'évêque de Sion est proche des habitants frappés par l'incendie du bar "Le Constellation" qui a endeuillé la fête du Nouvel An.

    Mgr Jean-Marie Lovey était présent dès le 1er janvier à Crans-Montana, avec Pierre-Yves Maillard, le vicaire général du diocèse de Sion, où il a célébré la messe. Alors que le bilan de l'incendie qui a ravagé le bar "Le Constellation" s'élève à 40 morts et 119 blessés, l'évêque de Sion est proche des habitants et des vacanciers présents dans la station valaisanne à l'occasion des fêtes. Il témoigne pour cath.ch de ce qu'il a vécu lors des premières heures qui ont suivi le terrible incendie.

    Il célèbrera la messe de l'Epiphanie, dont il prépare l'homélie, avec Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, et Mgr Alain de Raemy, administrateur apostolique du diocèse de Lugano, le 4 janvier à l'église de Crans. Le pasteur de Montana, le président du Conseil synodal Stephan Kronbichler et le président du Synode suisse Gilles Cavin seront également présents à la messe.

    Comment avez-vous vécu cette soirée du 1er janvier?
    Assez rapidement je m’étais déterminé à venir célébrer avec le curé de Crans-Montana ce qui était la messe habituelle de fête. Au vu de ce drame, cela ne pouvait pas demeurer la messe du 1er janvier, fête de Marie mère de Dieu. Impossible de ne pas faire référence à l’incendie de ce bar. Cela a été une très forte impression au moment où nous sommes sortis de la sacristie, de traverser une église archi-comble. Il y avait un monde fou! Beaucoup de jeunes et de grands jeunes, j’imagine probablement des amis, des connaissances qui étaient présents dans les différents établissements de Montana pour fêter le nouvel an. Lorsqu’il traverse de grandes épreuves, l’être humain a besoin de communion. Cela me concerne aussi. J’étais touché de voir tant de monde. Nous avons tous besoin d’être épaulés dans ce genre de situation.

    A l’issue de la messe vous avez eu l’occasion d’échanger avec les gens et des sauveteurs présents à la messe. Qu’est-ce qu’ils ont le plus exprimé?
    Des personnes ont exprimé l’horreur et l’incompréhension totale devant un tel drame. «Comment se fait-il que…?». Plusieurs sauveteurs ont eu des propos assez réalistes et terribles sur ce qu’ils ont vécu en entrant dans le bar pour secourir les victimes. C’est très violent.

    Que leur dites-vous dans un tel moment?
    La parole est si fragile et si pauvre. Je ne sais pas s’il y a une parole adaptée à un tel drame. Il n’y a pas grand-chose à dire. Le fait d’être présent me paraît essentiel. Indépendamment de la parole, un geste, un coup d’œil, un sourire peuvent être perçus comme un soutien.

    Connaissez-vous des gens qui ont été touchés par ce drame?
    Je ne sais pas encore précisément si telle ou telle famille se retrouve au premier rang des personnes touchées. Hier soir, à la sacristie, une personne est venue me dire: «Tu sais, le neveu d’untel est parmi les brûlés et se retrouve à l’hôpital". Le Valais est un village. Les gens se connaissent et ont des liens de proximité assez forts.

    Outres les célébrations et les différents temps de prière, qu’est-ce qui a été mis en place par l’Eglise pour accompagner les gens?
    La paroisse de Montana a ouvert ses portes à tous ceux qui souhaitent s’exprimer et rédiger un mot dans un registre dédié: leurs attentes, leurs souffrances, leurs espérances. Les personnes qui travaillent dans les aumôneries de l’hôpital sont mobilisées. Des paroisses ont organisé des temps de rencontre, de discussion et de prière.

    Comment vous préparez-vous pour une telle messe qui n’est pas une messe de funérailles, mais qui va être célébrée dans ce contexte dramatique?
    Dimanche sera celui de l’Epiphanie. D’une certaine façon, il y a quelque chose de providentiel car l’Epiphanie est une lumière qui vient dissiper les ténèbres et Dieu sait qu’elle est nécessaire à ce moment précis et pour toutes les personnes frappées par ce drame. La liturgie sera donc celle de l’Epiphanie avec les textes y afférant. Concernant l’homélie que je suis en train de préparer, je veux mettre en parallèle le drame de Montana et le drame de l’humanité de toujours: le peuple qui marche dans les ténèbres et qui voit se lever une lumière.
    J’essaierai d’apporter l’ouverture possible vers une lumière qui nous vient d’en haut et que Noël vient de promettre à travers la naissance de Jésus. (cath.ch/bh)

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    (Re)Voir la messe en hommage aux victimes de Crans-Montana

    Mgr Jean-Marie Lovey a présidé la messe célébrée en hommages aux victimes de l'incendie du Nouvel An en la chapelle Saint-Christophe de Crans dans la matinée de ce 4 janvier 2025. Entouré de plusieurs évêques et de responsables de l'Eglise réformée valaisanne et suisse, l'évêque de Sion a également prêché la messe. cath.ch vous propose l'homélie de Mgr Lovey et la possibilité de voir ou revoir la messe de ce matin.

    La chapelle Saint-Christophe était comble et plus d'une centaine de personnes ont suivi la messe à l'extérieur. Entourant Mgr Lovey, Mgr Charles Morerod, évêque de LGF et président de la Conférence des évêques suisse (CES), Mgr Joseph Maria Bonnemain, évêque de Coire et vice-président de la CES, Mgr Alain de Raemy, évêque des jeunes, et Mgr Alexandre Ineichen, abbé de St-Maurice ont concélébré la messe.

    Dans une ambiance recueillie et emprunte de tristesse, l'évêque de Sion a salué la présence du pasteur de Montana Guy Liager, le président du Conseil synodal valaisan Stephan Kronbichler et le président du Synode suisse Gilles Cavin. La chorale de la paroisse de Chermignon a animé la célébration. Une marche silencieuse rassemblant plusieurs dizaines de personne a suivi la messe.

    La messe est commentée par Matthias Wirz, journaliste de RTSreligion, et Gabriel de Weck journaliste à la RTS

    Retrouvez l'homélie de Mgr Jean-Marie Lovey:

    04 01 2026, Crans. 
    Is 60, 1-6 | Eph 3, 2-6 | Crans, Mt 2, 1-12.

    Frères et sœurs, chers paroissiens, chers amis,

    Lève les yeux et regarde, tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi (Is 60, 4).  Montana est devenue comme la Jérusalem dont nous parle Isaïe ce matin et cela, en considération de la convergence des regards. Les objectifs des médias du monde entier sont braqués sur notre station. Merci à eux de solliciter la compassion dont les familles des victimes, blessées ou défuntes ont tellement besoin ! Sur les ténèbres qui couvrent la terre, sur la nuée obscure qui couvre les peuples, le prophète de l’Ancien Testament voyait se lever une lumière. Par lui nous reforgeons notre foi qui proclame envers et contre tout que l’homme n’est pas fait pour la nuit, la mort et les ténèbres obscures. C’est la lumière que son cœur cherche comme ces nations (du temps du prophète Isaïe), qui avancent vers la clarté d’une aurore nouvelle (Is 60, 4).

    Les Mages de l’Evangile sont eux aussi en route, à la recherche ; ils se sont laissé déranger à l’appel mystérieux d’un astre, d’une Lumière tantôt visible tantôt disparue. Et lorsque c’est l’éclipse, ils sentent le besoin de s’informer : où est le roi qui vient de naître, nous avons vu son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui (Mt 2, 2). Le Roi Hérode et tout Jérusalem avec lui sont bouleversés. Notre bouleversement, à nous, nous vient du drame de ce terrible incendie le leur a une toute autre raison. Ils sont bouleversés d’apprendre qu’il y a quelque part une lumière capable de déplacer les repères des Mages et d’orienter leur vie.

    Il nous faut, ensemble, aujourd’hui demander la grâce d’être, à notre tour nous des guetteurs de lumière.  Face à l’éclipse qui assombrit le ciel dans notre Canton, notre pays il est insupportable pour tant de familles, tant de personnes de demeurer dans l’obscurité de la souffrance ou de la mort, dans le noir du non-sens. La question d’une lumière qui attire et qui éclaire devient capitale. Elle est au centre de notre quête, de notre interrogation : Qui nous fera voir la lumière ?  En réalité, chacun apporte une part indispensable.

    Les sauveteurs, ambulanciers, personnel hospitalier, la police, les pompiers, les autorités politiques, judiciaires, tous ceux qui se sont engagés avec professionnalisme et grande générosité apportent des éléments qui nous aident peu à peu à voir plus clair. Mais une fois renseignés, les mages sont repartis. Et c’est d’avoir repris la route qui leur a permis de constater que l’étoile qu’ils avait vu en orient les précédait. Cette lumière leur venait d’ailleurs. Cette lumière c’est Dieu sur leur chemin. Ainsi, lorsqu’ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie (Mt 2, 10). Cette lumière ouvrait leur avenir, ainsi ils reprennent avec confiance et espérance leur chemin jusqu’à la découverte de l’Enfant -Dieu.

    Et c’est alors, alors seulement, après avoir rencontré de façon tellement simple et réaliste l’enfant, qu’ils allèrent chercher dans leurs trésors intérieurs ce qu’ils avaient de meilleur. Devant l’enfant reconnu comme leur Dieu et donc prosternés à ses pieds, les Mages laissent jaillir tout ce qu’ils ont en eux.  La richesse de leur être : franc comme de l’or. La bonne odeur d’une vie qui se répand comme un encens à la gloire de leur Dieu ; et la douceur de leur miséricorde déposée comme un onguent de myrrhe sur les blessures rencontrées en chemin.

    Chacun de nous possède ses propres réserves d’or d’encens et de myrrhe. Cherchons à savoir en quoi elles consistent ? Puis regardons où nous les tenons en réserve. Et nous les déverserons devant Dieu, sachant que Dieu n’est pas ailleurs que là où un enfant de cette terre souffre. Nous en avons tout plein autour de nous, ils sont là, sur notre chemin !

    Le récit de l’évangile de ce jour nous dit que les mages retournèrent dans leur pays par un autre chemin (v.12). Il y a là une indication pour notre vie. Nous ne pourrons pas retourner à notre vie quotidienne sans prendre dans notre compassion toutes les personnes concernées par le drame de Montana. Pour toutes les personnes qui ont perdu un enfant, un frère, une sœur, une amie, leur chemin ne sera plus jamais le même. Vous aurez, chers amis, à rejoindre votre quotidien par un autre chemin. La prière de cette assemblée en célébration, l’amitié qui se nourrit de rencontres, mais aussi la rencontre avec le Christ Jésus devenu l’un de nous, tout vous sera lumière sur votre route, manifestation de la présence divine. Que la clarté d’en haut nous devance toujours et partout.
    AMEN

    + Jean-Marie Lovey

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    Journée nationale de deuil pour les victimes de Crans-Montana  

    Vendredi 9 janvier 2026, diverses cérémonies de réquiem seront célébrées en Suisse romande pour la journée nationale de deuil pour les victimes de Crans-Montana.

    Vendredi 9 janvier 2026, diverses messes de réquiem seront célébrées en Suisse romande pour la journée nationale de deuil pour les victimes de Crans-Montana.

    A 14 heures, les cloches des églises sonneront dans toute la Suisse  pendant cinq minutes en signe de recueillement commun et de solidarité nationale.

    En Valais

    Pour le diocèse de Sion et la Conférence des évêques suisses, Mgr Jean-Marie Lovey et Mgr Charles Morerod président de la CES participeront à l'hommage national organisé par la Confédération à Martigny et transmis en télévision. Il n'y aura donc par de célébration diocésaine à la cathédrale de Sion, a précisé à cath.ch le vicaire général Pierre Yves Maillard. Par contre plusieurs paroisses valaisannes ont prévu des cérémonies dans la soirée.

    A Lausanne et canton de Vaud

    A Lausanne, une messe de requiem sera chantée à la Basilique Notre-Dame (Valentin), à 18h20. Le Chœur de la basilique interprétera le requiem de Fauré.

    Toujours à Lausanne, outre le lieu de recueillement ouvert à toute heure à Saint-François, la Ville, l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud et l’association l’Esprit saint organisent une prière du soir suivie d’un recueillement laïc les 6,7 et 8 janvier dès 18h00. La cérémonie d’hommage national de vendredi à Martigny sera par ailleurs retransmise à la cathédrale de Lausanne.

    L'est lausannois, frappé par la mort de plusieurs jeunes, offre aussi divers lieux et temps de recueillement: accueil au temple de Lutry chaque jour de 8h à 18h30. Une permanence d'accueil est ouverte à la MPJ (Maison de paroisse et des jeunes de Lutry) du lundi 5 au vendredi 9 janvier, de 16h à 20h; accueil à l'église du Prieuré à Pully tous les jours jusqu'à 20h; recueillement le 9 janvier 2026 à 14h au Temple d’Aubonne. Espace pour déposer les émotions, en silence, en paroles, dans la prière et avec des chants de Taizé; église d'Épalinges, accueil des paroisses catholiques et protestantes chaque soir de 18h30 à 20h.

    A Fribourg, la messe de 18h15 à la cathédrale Saint-Nicolas sera dédiée aux victimes.

    A Genève

    En amont de la journée de deuil national, les Églises protestante, catholique romaine et catholique-chrétienne de Genève, en collaboration avec le Rassemblement des Églises et Communautés Chrétiennes de Genève (RECG) et la Plateforme Interreligieuse (PFIR), organisent un temps de recueillement interreligieux en hommage et en solidarité avec les victimes du drame de Crans-Montana et leurs proches, le jeudi 8 janvier 2026 à 18h30, à la cathédrale Saint-Pierre de Genève.

    Le vendredi 9 janvier, de nombreux lieux de recueillement seront ouverts pendant cette journée, dont l'église Saint-Germain (Rue de Saint-Germain 2,), l'église de la Sainte-Trinité (av. Eugène-Lance 2, au Grand-Lancy), de 11h30 à 14h, et le temple de la Madeleine (Rue de la Madeleine 15), de 14h à 17h.

    Une messe de soutien aux victimes de l’incendie aura lieu à 18h30 à la Basilique Notre-Dame. Prière de Taizé en soutien et en mémoire des victimes de Crans-Montana à 18h30 au Temple de Satigny.

    A Neuchâtel

    Dans le canton de Neuchâtel, un recueillement sera ouvert à 14h à l’église du Sacré-Coeur à La Chaux-de-Fonds, avec la possibilité de déposer des fleurs et des bougies. Autre lieu de recueillement à l’église catholique de Fleurier à 17h30, alors que la messe de 18h15 à la basilique Notre-Dame à Neuchâtel dédiera ses intentions aux victimes, à leurs familles et au corps médical. (cath.ch/mp)

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    Une aumônière réformée écrit une chanson en hommage aux victimes de Crans

    Aumônière de l’Église évangélique réformée du canton de Vaud, Véronique Julier a écrit, dans la nuit du 5 janvier 2025, une chanson en hommage aux victimes de l'incendie du Nouvel An à Crans-Montana. Poétique, sobre, portée vers le ciel, mais sans référence religieuse, celle-ci a déjà été utilisée dans le cadre de différentes célébrations.

    «Jeune, j’ai vécu deux ans à Crans, en tant que monitrice de ski, juste au-dessus du bar Constellation, raconte-t-elle à cath.ch. J’y ai passé beaucoup de belles soirées avec des amis.» Ce drame, «pour lequel il n’y a pas de mots», la bouleverse d’autant plus fortement.

    Engagée dans l’Église réformée et musicienne - Véronique Julier joue dans un groupe de louange et fait de la batterie - elle ressent aussitôt le besoin de composer une chanson qui puisse être utilisée lors des différentes cérémonies d’hommages aux victimes. Mais pas seulement. Elle veut, plus largement, «toucher aussi les cœurs des gens qui se tiennent en dehors des Églises», apporter sa pierre au vaste mouvement de solidarité qui traverse le pays, «pour faire du bien en cette semaine où il y a beaucoup d’émotions».

    Une chanson pour les jeunes

    Membre de l’aumônerie œcuménique des prisons du canton de Vaud, active auprès des femmes de La Tulière, à Lonay, des détenues souvent très jeunes, elle a l’habitude de chercher des musiques qui puissent toucher les jeunes.«Je n’ai volontairement pas écrit des paroles religieuses et j’ai cherché des tonalités modernes, pour que tout le monde puisse s’approprier ce chant. Nos musiques liturgiques habituelles, l’orgue notamment qu’on entend beaucoup lors des services funèbres, ne sont pas nécessairement appropriés à la sensibilité des jeunes.»

    C’est dans la nuit du 5 au 6 janvier que Véronique Julier finalise sa chanson. «Je voulais, au départ, mettre mon texte en musique avec des amis musiciens. Mais le timing était trop serré.» L’animatrice d’Église a donc composé la mélodie grâce au logiciel informatique suno, et posé les voix à partir de samples.

    «Vous dansez encore…»

    Quelques notes simples et douces, puis une voix grave masculine, «en harmonie avec ce moment si grave», proche de celle de l’artiste français Grand Corps Malade, slame le texte poétique: «C’était une nuit à part, celée dans le calendrier. Un îlot d’insouciance au milieu des heures serrées…»

    Puis s’élève le refrain, fredonné cette fois par une autre voix d’homme: «Mais je vous imagine main dans la main, passant la porte du ciel sans vous lâcher. Vous dansez encore au-dessus du chagrin, dans une lumière douce où rien ne peut brûler.»

    L’objectif de ce chant, intitulé Vous dansez encore…, est d’offrir aux personnes endeuillées un peu de douceur et de lumière en ce temps chargé d’émotion, avant que la colère et la recherche des responsables n’envahisse tout l’espace public.

    «Je me suis néanmoins demandée si cette chanson ne venait pas trop tôt dans le processus de deuil. En même temps, je me suis dit que c’était maintenant qu’elle serait le plus utile, pour accompagner les célébrations, pour soigner les cœurs.»

    Une initiative bien reçue

    Par l’entremise d’amis, Véronique Julier a pu envoyer ce chant à la maman d’une des victimes de l’incendie et recueillir son avis. Cette mère endeuillée l’écoute, alors qu’elle est à la morgue avec la famille d'une autre victime. «Elle m’a envoyé un message audio pour me dire qu’ils ont tous été bouleversés, que c’était magnifique. 'C’est un hymne pour nos enfants décédés, ça nous aide, ça nous entraîne vers la lumière’, elle a ajouté.»

    Encouragée dans sa démarche, l’aumônière a donc partagé ce chant sur les réseaux sociaux et avec ses collègues. Plusieurs d’entre eux ont déjà décidé de l’utiliser lors de services funèbres ou des temps d’hommage, notamment ceux prévus le 9 janvier. La chanson a déjà été utilisée à diverses occasions, à la fin d’une session d’un conseil communal, par exemple, et au gymnase de Burier, à La Tour-de-Peilz. (cath.ch/lb)

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    Crans-Montana: les catholiques romands vivent le deuil

    L’incendie qui a fait 40 morts et 119 blessés, le 1er janvier 2026 à Crans-Montana, a profondément choqué et attristé la population, en Suisse et au-delà. Personnellement touchés ou non, des catholiques de Suisse romande témoignent de leur solidarité à travers leurs paroles ou actions symboliques.

    “Lors de tels événements, on se rend compte de l’importance de la foi et de la présence de Dieu dans nos vies”, confie Yves Crettaz à cath.ch. S’il ne connaît pas personnellement de personnes décédées à Crans-Montana, le jeune Valaisan engagé en Église a des liens avec des proches de victimes, disparues ou blessées. “Le Valais, c’est petit, finalement, et tout le monde se connaît.”

    Lui-même a été “atterré” par la catastrophe qui a coûté la vie à plus de 40 personnes et fait plus d’une centaine de blessés, souvent graves. “Cela s’est passé dans des lieux que l’on connaît, dans lesquels on a pu se rendre une fois ou l’autre, donc il y a une sidération et un choc immenses chez les jeunes de la région. De penser que l’on peut juste aller fêter le Nouvel An dans un bar et ne pas revenir, cela rend l’idée de la mort plus proche et désécurise beaucoup. Face à cela, des questions existentielles surviennent.”

    L’Église, force de rassemblement

    Dans ces circonstances, l’Église reste un point de repère important, surtout en Valais, estime Yves Crettaz. “L’Église bénéficie encore d’un grand respect dans la population et elle a la capacité d’être une force de rassemblement, un lieu où l’on peut venir déposer toutes ces questions, souvent lourdes.”

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    Yves Crettaz est un catholique très engagé dans l'Église en Valais | © Bernard Hallet

    Le laïc tient à souligner à quel point les autorités ecclésiales ont rempli leur rôle dans cette tragédie. “L’Église en Valais et l’évêché de Sion ont très bien réagi. Ils se sont tout de suite mis à l’écoute, à disposition de la population. Ils ont été bien présents sans toutefois se mettre en avant. J’ai apprécié notamment que le diocèse communique immédiatement sur la tragédie aux agents pastoraux.”

    Il a été aussi été touché par l’émotion visible de Mgr Jean-Marie Lovey, évêque de Sion. “Je trouve très bien qu’il ait accepté de passer dans les médias. Il a montré ainsi le visage d’une Église sincère et proche des gens.”

    Mobilisations spontanées

    Le jeune Valaisan souligne aussi la participation de personnalités protestantes à la messe d’hommage du dimanche 4 janvier à Crans-Montana. “Cétait très beau de voir les Églises rassemblées à cette occasion. Cela m’a semblé un exemple assez frappant que les chrétiens peuvent retrouver une unité signifiante dans les moments cruciaux.”

    Yves Crettaz note également les nombreuses petites initiatives, “officielles” ou privées, mises en place dans les paroisses, notamment des veillées de prière. Il mentionne une dame de la paroisse de Chalais qui a mobilisé spontanément d’autres paroissiens pour un chapelet dans sa maison.

    Déposer sa peine

    Bien d’autres démarches ont fleuri dans le canton en hommage aux victimes, confirme Aline Jacquier, de la pastorale pour la jeunesse du diocèse de Sion. Le groupe de jeunes catholiques “T’as où la foi”, dont elle est membre, a entre autres proposé, à l’église du Sacré-Cœur de Sion, deux temps de prière, le dimanche 4 janvier. Les fidèles étaient invités à déposer ou écrire sur place un petit texte. “Il y a usuellement une messe animée par les jeunes, le dimanche soir. Nous en avons profité pour rendre hommage aux victimes. Et une centaine de personnes sont passées, dont de nombreux jeunes. C’est passablement plus que d’habitude”, relève l’agente pastorale.

    Elle note aussi la mise en place d’un temps 'd’écoute-prière-consolation’ à la chapelle de Vérolliez, près de Saint-Maurice, le samedi soir qui a suivi le drame.

    Aline Jacquier souligne en outre la venue réconfortante de Mgr Alain de Raemy, évêque des jeunes, à la messe du dimanche soir à Sion.

    Semer des grains d’espérance

    Les aumôneries, en collaboration avec les paroisses catholiques et l’Église protestante en Valais proposent, le vendredi 9 janvier, un lieu ouvert de rassemblement et d’espérance au cœur de la ville de Sion, “pour choisir la vie, ensemble”, indique un communiqué. L’église du Sacré-Cœur à Sion sera ouverte ce jour-là de 14h15 à 19h.

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    Aline Jacquier, de la pastorale pour la jeunesse du diocèse de Sion | © Bernard Hallet

    “Il s’agit simplement d’un lieu de passage, libre et accueillant, assure le texte. Chacune et chacun peut venir seul·e, entre amis ou en groupe, entrer quelques minutes ou rester plus longtemps, écouter la musique, se recueillir, déposer une fleur, semer des grains d’espérance, puis repartir à son rythme.”

    Aline Jacquier relève, de manière générale, le grand élan de mobilisation dans les milieux ecclésiastiques et civils du canton. Les aumôniers et médiateurs des collèges du canton se sont notamment réunis pour gérer au mieux la communication du drame auprès des étudiants, dès la rentrée du 5 janvier.

    “Au niveau de la pastorale diocésaine, nous avons communiqué notre disponibilité et informé sur les ressources de soutien psychologique et spirituel existantes. Nous avons aussi rappelé que, dans ces circonstances, il ne faut pas rester seul.” Le diocèse de Sion répertorie sur son site les divers lieux offrant des espaces de recueillement.

    Se déconnecter un peu

    Dès que la nouvelle a été annoncée, les membres de “T’as où la foi” ont tenté de savoir si des proches étaient concernés, ce qui n’était pas le cas. “Mais nous ne savons toujours pas si des personnes hospitalisées peuvent être des connaissances, donc l’angoisse est toujours présente”, précise Aline Jacquier.

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    L’agente pastorale estime que les jeunes qu’elle a pu rencontrer font preuve de beaucoup de résilience. “Ils arrivent bien à parler de tout cela entre eux, avec sérénité et profondeur.”

    Mais elle relève également à quel point la tragédie fait remonter des questions poignantes et difficiles. “Pourquoi Dieu permet-il la souffrance?”, “Pourquoi certains sont-ils sauvés et pas d’autres?”, sont notamment des interrogations qui reviennent souvent. “Pour avoir des réponses constructives, nous conseillons de s’adresser à des personnes fiables. Et nous appelons aussi les jeunes à se déconnecter un peu des réseaux sociaux où circulent des informations qui vont dans tous les sens et qui peuvent amener de la confusion. Plutôt que de rester dans des bulles d’algorithmes parfois anxiogènes, il est important de privilégier le contact humain.”

    Vaud pleure ses jeunes

    Si le Valais est concerné en premier lieu par le drame, des habitants d’autres cantons et pays sont décédés dans le bar Le Constellation de Crans-Montana, dont plusieurs jeunes du canton de Vaud.

    Pour faire face à ce traumatisme, des catholiques se sont également mobilisés. Deux jeunes filles du groupe de jeunes catholiques 'Cabana’, à St-Prex, près de Lausanne, ont lancé une chaîne de prière sur la messagerie Whatsapp, regroupant plus de 150 personnes.

    “Avec une amie, nous avons eu l’idée de créer cette chaîne sur le modèle de ce qui avait été fait pendant la pandémie de Covid”, explique Maëlle à cath.ch. La jeune fille de 16 ans a appris suite au lancement de la démarche qu’une de ses connaissances était décédée à Crans-Montana. “Quand ce genre de choses arrivent, on se sent souvent impuissants. Ces petits gestes permettent de se sentir utiles. Nous sommes persuadées que la prière peut accomplir de très belles choses.”

    Le choix d’un élan d’amour

    Dans le canton de Vaud, le collège privé de Champittet, à Pully, a été particulièrement touché. Trois élèves et quatre anciens étudiants de l’établissement ont perdu la vie dans l’incendie. Le mercredi 7 janvier, une cérémonie multiconfessionnelle s’est tenue en leur mémoire et en soutien aux familles dans la chapelle de l’école. «Pour la jeunesse qui se soigne et s’en sortira: vous avez le choix de prendre de l’élan, l’élan d’amour, de joie, pour le saut merveilleux de la vie», a notamment lancé le grand frère de l’un des disparus, relayé par le quotidien Le Temps.

    Une délégation d’élèves de 12e année de Champittet se rendra à Martigny, le vendredi 9 janvier, pour participer à la cérémonie commémorative organisée par la Confédération et le canton du Valais.

    Une solidarité incroyable

    L’est lausannois a également payé un très fort tribut, plusieurs jeunes de la région figurant parmi les victimes, décédées ou grièvement blessées. Une cérémonie religieuse a eu lieu au temple de Lutry le 3 janvier, à l’initiative de l’Église évangélique réformée du canton de Vaud (EERV) en collaboration avec l’Église catholique. Environ 1500 personnes y ont participé. “Le silence était un aspect central de cette cérémonie, explique à cath.ch un responsable de la paroisse catholique St-Martin de Lutry et Paudex. Alors que les gens sont saturés d’information, le but était de créer un espace paisible, permettant la méditation, où l’on peut se laisser décentrer et laisser une espérance surgir.”

    D’autres célébrations se sont déroulées entre temps et de nouvelles sont prévues dans les jours et semaines à venir dans la région de Lutry. Toujours dans une collaboration œcuménique. “C’est très beau de pouvoir porter tout cela ensemble, affirme le responsable catholique. Que ce soit entre les Églises ou les personnes, la solidarité est incroyable.” (cath.ch/com/ag/rz)

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    Abbé Pablo Pico: «J’ai vécu un long Vendredi saint sans la lumière de Pâques»

    «J’ai vécu un long Vendredi saint.» Une semaine après le drame du Nouvel An à Crans-Montana, l’abbé Pablo Pico se confie à cath.ch au sujet des quatre jours qu’il a passé auprès des familles des victimes à la cellule d’écoute spirituelle mise en place au centre des congrès de la station, dès le 1er janvier 2026.

    L’abbé Pablo Pico, le curé de Lens et Saint-Maurice de Laques, dans le secteur de Noble et louable contrée où se trouve également Crans-Montana, reçoit un appel de la police dans la matinée du 1er janvier. En lien avec l’aumônerie de l’Hôpital du Valais, il est invité à se rendre «dès que possible» au Centre de congrès de Crans-Montana, transformé en cellule de crise, d’écoute psychologique et spirituelle.

    Avec ses confrères catholiques, juifs, réformés et protestants, l’abbé Pico côtoie durant quatre jours des proches, des jeunes et des familles «désemparées et affligées» qui attendent des nouvelles de leur enfant pris dans l’incendie du bar où ils fêtaient la nouvelle année. Encore impacté par ce qu’il a vécu, il témoigne alors que le pays rend un hommage national aux victimes.

    Comment repensez-vous à ces événements une semaine après le drame?
    J’y pense constamment, plus dans la même intensité, mais cela ne me quitte pas. Il faudra du temps pour que cela me quitte.

    Qu’est-ce qui vous a motivé à vous annoncer à la hotline de la police?
    Je suis prêtre dans le secteur de Noble et louable contrée où se situe Crans-Montana. J’ai tout de suite pensé qu’il pourrait y avoir des jeunes paroissiens parmi les victimes.

    Quel sentiment éprouvez-vous lorsque vous êtes arrivé au centre de congrès?
    De la compassion face à des familles désemparées et affligées en attente d’une nouvelle de leur enfant. On est jeté dans le drame des familles qu’on partage avec elles à notre petite échelle. Cette incertitude s’ajoutait au choc du drame. Les nouvelles arrivaient au compte-goutte. La police faisait deux annonces d’informations par jour, le matin et le soir, pour donner des nouvelles. Les familles ont passé ces quatre jours dans ce lieu à attendre de savoir si leur enfant était en vie et, s’il avait survécu, où il se trouvait et dans quel état.

    "Un «no man’s land» humain que j’ai vécu comme un triduum pascal en attente de la lumière de Pâques."

    C’est le moment le plus difficile du drame: Une temporalité très particulière entre le choc et le deuil.
    Clairement. Il y avait l’immense tristesse du drame et en même temps cet espoir de survie. On est entre la vie et la mort. Un «no man’s land» humain que j’ai vécu comme un triduum pascal en attente de la lumière de Pâques. Comme un long Vendredi saint sans la lumière de Pâques.

    Comment ont réagi les familles à votre présence?
    Les personnes étaient en demande. Il y avait l’attente d’une parole d’espérance, d’un temps de prière. Ils avaient besoin de parler, de comprendre. Les gens se raccrochaient à la foi, tournaient vers Dieu, même ceux qui ne se disaient pas croyants ou pas concernés par la foi. C’était leur seule espérance. Un père de famille m’a envoyé un message dans la nuit de dimanche me disant: «Seule la foi va pouvoir nous sauver». On a pu partager des temps de prière avec les familles qui désiraient prier ensemble pour leur enfant et demander au Seigneur de leur donner la force de rester debout et de continuer d’espérer. Un père de famille m’a dit: «On vit une agonie». Le mot est assez parlant. Il y a eu l’annonce du drame à laquelle s’est ajoutée la longue incertitude. Les gens priaient spontanément, c’était important pour eux de déposer cette épreuve et leur angoisse ans la prière. Je m’attendais à voir des gens révoltés et en colère contre Dieu mais, cela m’a surpris, il n'en a rein été. Au contraire ils ont témoigné de bienveillance et de la reconnaissance.

    "Un père de famille m’a dit: 'On vit une agonie'"

    Que vous ont partagé les gens?
    Des parents exprimaient leur foi dans la plupart des cas. D’autres personnes ne souhaitaient pas s’exprimer sur un plan spirituel, mais le fait de partager leur histoire était consolant et important pour elles. Dans ce cas, je n’ai pas cherché à amener une réponse de foi. L’urgence était de partager la douleur en silence, en pleurant avec les familles et en écoutant. Et, s’il y avait un désir, d’amener une parole d’espérance, ou un temps de prière.

    Vous parlez d’écoute plutôt que de mots.
    Comme l’a dit Mgr Lovey (Mgr Jean-Marie Lovey, évêque de Sion, ndlr) il n’y a pas de mots pour parler de cette épreuve. Une mère de famille est venue me voir et m’a demandé une parole de la Bible, une phrase d’espérance. Je n’avais pas de parole, mais j’ai évoqué l’image du Stabat Mater (la Mère se tenait debout): Marie au pied de la croix qui voit son fils innocent, torturé et mourir. C’est ce qu’ont vécu ces parents. J’ai suggéré à cette maman de demander la consolation de la Vierge Marie qui a vécu cela. Une autre mère de famille m’a fait remarquer qu’on avait des mots pour les couples qui perdent un conjoint et, m’a-t-elle dit: «On a un mot pour les enfants qui perdent leurs parents, mais pas de mot pour un parent qui perd son enfant». Tous étaient dans une grande détresse. Ce n’est pas dans l’ordre des choses.

    «On a un mot pour les enfants qui perdent leurs parents, mais pas de mot pour un parent qui perd son enfant»-Une maman

    Beaucoup de jeunes sont également venus au centre.
    Il s’agissait de témoins oculaires de l’incendie ou des jeunes qui ont pu en sortir «miraculeusement», si je puis dire. Certains auraient dû se trouver dans le bar à l’heure du drame et qui pour une raison quelconque, n’y étaient pas. Ils éprouvaient une certaine culpabilité et de l’incompréhension. Ils avaient aussi besoin de se confier aussi par rapport aux images qu’ils ont vues. Des rescapés, certains avec des brûlures légères, ont pu exprimer une reconnaissance à la vie de les avoir épargnés et en même temps de la tristesse pour ceux qui n’ont pas eu cette chance. J’ai pu prier aussi avec ces jeunes, croyants ou pas.

    Vous arriviez à garder de la distance?
    Oui, mais ce n’est pas facile. Avec la proximité, on se sent directement concerné. J’ai pu pleurer avec les familles qui pleuraient. Il n’y a pas de mots. Ils attendaient une présence, un temps de prière. Ce sont surtout les familles qui avaient besoin de parler.

    Avez-vous passé les quatre jours au centre de congrès?
    Non, je rentrais le soir à la cure après avoir passé la journée à Crans-Montana. Je confiais chacune des familles devant le Saint-Sacrement avant d’aller dormir.

    Comment vous sentez-vous peu après ces quatre jours?
    Mal. Je suis impacté, j’ai été directement en contact avec les premières personnes concernées par cette tragédie: les parents des victimes. Malgré la proximité, la prière vécue ensemble, on reste quand même extérieur à la douleur des familles. Il est difficile d’imaginer ce drame si on ne le vit pas. Les personnes qui vivent cette situation en portent seules le poids. La souffrance les isole beaucoup.

    Au quatrième jour, quand tout a été terminé au centre, comment l’avez-vous vécu?
    Avec une certaine forme de soulagement, partagée par les familles mais aussi une grande tristesse. Malgré l’annonce du décès, elles étaient fixées sur le sort de leur enfant: «Maintenant on sait, on va pouvoir aller le/la voir». Cela a été une consolation pour beaucoup de parents qui ont pu voir la dépouille de leur enfant une dernière fois et commencer à faire leur deuil. Il y a aussi une forme d’inaccompli. Ces familles vont devoir continuer à vivre avec ce drame dont on ne se remet pas. Comment ces familles vont pouvoir vivre avec cela? Je suis démuni. Seule la lumière du Ressuscité pourra les aider.

    Vous pensez confier, vous aussi, ce que vous avez vécu?
    Lundi prochain, j’ai l’enterrement d’un des jeunes qui est mort dans l’incendie du 1er janvier. Ensuite, je compte bien m’appuyer sur une aide extérieure pour avoir une écoute et un regard extérieur sur ce drame. J’ai pu partager avec des personnes de l’aumônerie des hôpitaux au centre des congrès. Nous échangions spontanément au fil des heures et des jours sur ce qui a été dit et vécu. Mais ce n’est pas suffisant.

    L’accompagnement spirituel futur pourra-t-il prendre un autre forme?
    Un père de famille me disait qu’il venait chaque année à Crans-Montana avec sa famille. C’est le lieu des souvenirs de plusieurs vacances passées en famille avec son fils unique. C’est très douloureux de vivre avec ces souvenirs. Tout leur parle dans la station. Ils souhaitent une célébration dans une chapelle de Crans-Montana, plus tard, au printemps. Ils en auront besoin pour faire le deuil. Il y aura un accompagnement dans la durée. Pas avec toutes les familles, ce ne sera pas possible. (cath.ch/bh)

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    «La résilience ne croit pas aux supers-héros, mais aux petits gestes quotidiens»

    La tragédie de Nouvel-An à Crans-Montana, qui a coûté à la vie à 40 jeunes et laissé 115 grands brûlés, a remis sur le devant de la scène le concept de résilience. Théorisé depuis les années 1980, mais utilisé parfois un peu à toutes les sauces, ce processus mérite un décryptage que donne le Bureau international catholique de l’enfance (BICE) basé à Genève.

    Après le drame, de nombreux médias ont mis en avant des parcours de vie surprenant de victimes de catastrophes ou d’accident, notamment des grands brûlés. C’est-à-dire des personnes dont la vie a été très difficile et qui malgré cela restent positives, souriantes, engagées, sans prétention. Tous ont salué leur résilience, le plus souvent associée à des notions de force, de lutte, de combat. Or ce concept est plus complexe et plus vaste, rappelle le Bureau international catholique de l’enfance (BICE) dans sa newsletter de janvier 2026.

    Une essence complexe et profondément humaine

    Le mot ‘résilience’ a une forte résonance. «D'un point de vue psychologique, social et éducatif, nous savons qu'il est important et nécessaire de promouvoir la résilience. Mais ce concept est-il utilisé correctement?» s’interroge Stefan Vanistendael sociologue et ancien responsable de l’Unité Recherche et Développement du BICE.

    La diffusion rapide du concept de résilience depuis les années 1980 n’a pas toujours été en adéquation avec son essence complexe et profondément humaine. Une trop grande simplification conduit à une mauvaise compréhension. Beaucoup d’images sur la résilience illustrent des perspectives erronées. Une première étape consiste donc à les démentir, souligne le BICE.

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    La résilience n'est pas l'affaire des super-héros | domaine public

    Ni un exploit ni un miracle

    La résilience n’est pas une action héroïque, un exploit réputé impossible, un miracle, note Stefan Vanistendael. Elle se développe jour après jour, grâce aux petits gestes et aux actions quotidiennes de la personne et de sa communauté. Une personne résiliente à un moment difficile de sa vie voit plus tard cette situation d’un œil différent. Lui donnant un sens d’apprentissage et de croissance.

    Pas seulement pour les super-héros

    La résilience est une capacité que tous peuvent développer. Cela ne signifie pas pour autant que son développement dépend uniquement de la force de volonté ou de l’attitude optimiste de la personne. La résilience ne croit pas aux super-héros. Pour que le processus de résilience se développe, il faut l’intervention d’au moins une personne de l’entourage qui croit en nous et qui a le désir désintéressé d’aider. Le BICE a forgé le terme de «tuteurs ou facilitateurs de résilience»: des personnes qui, consciemment ou non, aident les autres à devenir résilientes.

    Une question de force et de résistance

    Très souvent, la résilience est associée aux concepts de force ou de résistance, avec des expressions telles que «résister avant toute chose» ou «survivre à cette période difficile». En fait, cette vision est le contraire même de la résilience, relève Stefan Vanistendael. Car elle laisse la personne dans une situation de passivité face aux événements contre lesquels elle ne peut rien faire d’autre que résister. A contrario, la résilience invite à mettre en action toutes les ressources de la personne et de son environnement en faveur d’un changement qui permet de donner du sens à la douleur, qu’il ne s’agit pas de nier.

    Une autre fausse interprétation de la résilience consiste à penser que les personnes résilientes sont celles qui, après l’épreuve, connaissent le succès ou la notoriété. Mais les véritables personnes résilientes sont celles qui sont en harmonie avec ce qu’elles sont, se sentent utiles dans leur communauté et sont reconnues socialement. Associer la résilience au succès est donc très réducteur.

    Résilience des systèmes

    Depuis quelques années, le terme résilience est sorti du cadre des sciences humaines et sociales. Il s’utilise aussi en économie, urbanisme, biologie, etc. «La résilience est la capacité d’un système à s’adapter, avec succès, face aux menaces et aux risques qui mettent en danger sa fonction, son développement ou sa viabilité… Le concept peut être appliqué à divers types de systèmes, avec différents niveaux d’interaction: un micro-organisme, un enfant, une famille, un système de sécurité, un système économique ou le changement climatique», note  Anna S. Masten de l’Université du Minnesota.

    Concevoir la résilience comme un schéma voire une formule magique est aussi une erreur fréquente. Les processus de résilience peuvent être renforcés ou limités par des facteurs personnels, culturels et contextuels. Ainsi, la résilience ne vise pas à éliminer les problèmes, la vulnérabilité ou les risques. Elle se concentre sur le renforcement des ressources qui existent déjà chez la personne et dans son environnement pour renverser les situations difficiles. Chaque personne étant différente, les processus de résilience s’adaptent à chacune, rappelle Stefan Vanistendael.

    La personne résiliente cherche, au-delà de la simple réparation, les ressources positives, même modestes, qui l’aideront à reconstruire sa vie. Pour le BICE, cela passe par une série d’attitudes et de comportements.

    Apprendre, croître et se transformer

    La résilience implique un apprentissage de la part de la personne et de son environnement. Dans ce processus le sujet (re)-devient actif, développe sa capacité de croissance et découvre de nouvelles compétences ou de nouveaux talents.

    L’image de la chrysalide qui se transforme en papillon est un des symboles les plus marquant de la résilience. Elle rappelle que la vie est dynamique. Elle ne s’arrête pas et ne revient jamais au point de départ, note Stefan Vanistendael. La résilience ne consiste pas à repartir de zéro ou à revenir au point de vie antérieur à la situation difficile. C’est impossible. C’est une projection dans l’avenir et non un recommencement à zéro.

    Valoriser les plaies

    Une autre image est celle de l’art japonais du kintsugi, qui consiste à réparer les pièces de poterie cassées en recouvrant les fissures d’or. Les fêlures et les cicatrices ne sont pas cachées mais au contraire rendent chaque pièce unique et précieuse. La résilience ne cherche pas à nier la douleur, elle en cherche le sens.

    Changer de regard

    L’essentiel semble être un changement de regard. «La résilience nous invite à aller au-delà de nos préjugés, de notre vision négative des choses. Cela consiste à porter un regard réaliste, mais plein d’espérance», souligne Stefan Vanistendael. Certaines personnes peuvent être résilientes en un an, d’autres en dix. C’est un processus subjectif, il ne faut donc pas mettre de dates ou de limites de temps. (cath.ch/mp)

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    La résilience peut se construire comme une petite maison | BICE

    La Casita ou petite maison
    Ce modèle explicatif de la résilience, conçu en 1995 par Stefan Vanistendael, est né avec l’objectif d’expliquer les facteurs les plus importants de résilience. Il visualise les ressources comme s’il s’agissait des parties d’une maison. La résilience est construite à partir du sol, des fondations, puis la structure et les pièces sont ajoutées.
    Le sol représente la satisfaction des besoins fondamentaux (logement, nourriture, vêtements). Les fondations, le sentiment d’être accepté par les autres tel que nous sommes et les réseaux de soutien. Le rez-de-chaussée est la capacité à donner un sens aux événements qui se produisent. Le premier étage laisse la place à l’estime de soi, au sens de l’humour et à d’autres compétences. Enfin, le grenier est l’espace pour les objectifs que nous nous fixons pour l’avenir. Ce modèle prend en compte les aspects individuels et environnementaux. Et il peut être utilisé dans divers contextes (éducatif, psychologique, clinique) avec les enfants, les adolescents, mais aussi avec les adultes. MP

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    Léon XIV réconforte des familles de victimes de l'incendie de Crans-Montana

    «Votre cœur est aujourd’hui transpercé, comme celui de Marie au pied de la Croix», a déclaré Léon XIV à une délégation de parents de victimes de l’incendie de Crans-Montana (Suisse), qu’il a accueillie le 15 janvier 2026 au Vatican. Le pape a reconnu que ce drame est «une épreuve» pour la foi.

    Depuis l’incendie mortel de Crans-Montana survenu dans la nuit du 31 décembre dernier, dont le bilan s’élève à 40 morts et 116 blessés, Léon XIV a exprimé sa compassion et sa proximité à plusieurs reprises. Il a notamment appelé les fidèles à prier pour les familles des victimes. Ce jeudi, il a reçu un petit groupe de parents et proches de victimes – probablement celles de nationalité italienne – qui est entré au Vatican peu avant midi dans trois minibus aux vitres teintés.

    Dans son discours, prononcé en italien d’une voix grave, le pape s’est dit «très ému et bouleversé» par cette rencontre. «Une des personnes qui vous est la plus chère, la plus aimée, a perdu la vie dans une catastrophe d’une violence extrême, ou se trouve hospitalisée pour une longue période, le corps défiguré par les conséquences d’un terrible incendie qui a marqué l’imaginaire du monde entier», leur a-t-il affirmé.

    «Pourquoi Seigneur, pourquoi?»

    «Pourquoi Seigneur, pourquoi?», a demandé le pape, reconnaissant qu’un tel événement était «une épreuve pour notre foi» et qu’il était difficile de lui donner du sens. Il a néanmoins estimé qu’une parole était «adéquate», celle prononcée par Jésus, «duquel vous êtes si proches aujourd’hui», sur la croix.

    «Des profondeurs de son abandon et de sa douleur», le Christ sur la croix s’était écrié: «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?», a rappelé Léon XIV. La réponse de Dieu, a-t-il expliqué, celle de la résurrection, vient après trois jours «de silence».

    «Je ne peux pas vous expliquer, mes chers frères et sœurs, pourquoi vous et vos proches avez dû affronter une telle épreuve», a déclaré le pape, reconnaissant que ses paroles de compassion sont «limitées et impuissantes». Mais il leur a aussi dit sa certitude que «leur espérance n’est pas vaine, parce que le Christ est vraiment ressuscité», les encourageant à la patience et à la persévérance.

    Affirmant à ses hôtes que «rien ne pourra jamais [les] séparer de l’amour du Christ», il leur a déclaré que la foi chrétienne «illumine les moments les plus sombres et les plus douloureux de notre vie d’une lumière irremplaçable» et aide à «poursuivre courageusement» son chemin. Il les a assurés de la proximité de Dieu et de sa «prière personnelle» pour le repos de leurs défunts, pour «le soulagement de ceux que vous aimez et qui souffrent», mais aussi pour eux.

    «Votre cœur est aujourd’hui transpercé, comme celui de Marie au pied de la Croix», a-t-il reconnu une nouvelle fois, indiquant aux parents le «réconfort maternel» de la Madone. «Comme elle, vous saurez attendre patiemment, dans la nuit de la souffrance mais avec la certitude de la foi, qu’un nouveau jour se lève; et vous retrouverez la joie», leur a-t-il assuré.

    La petite délégation a ensuite rapidement quitté le Vatican pour rejoindre le Palais Chigi, siège de la présidence du Conseil des ministres, où les parents doivent être reçus par les autorités. (cath.ch/imedia/cd/bh)

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    Sabine Pétermann: «Les gens étaient dans un état de sidération»

    Sabine Pétermann-Burnat a accompagné spirituellement les élèves et les professeurs touchés par le drame de Crans-Montana. Aumônière au gymnase de Burier, à La-Tour-de-Peilz, et pasteure au sein de la paroisse vaudoise de Bourg-en-Lavaux, elle revient sur ce mois difficile.

    Jessica Da Silva / Adaptation: Carole Pirker

    L’incendie du bar «Le Constellation», qui a fait 40 morts et plus d’une centaine de blessés, le 1er janvier dernier, a provoqué chez beaucoup de jeunes et d’adultes un état de sidération.

    Pour Sabine Petermann-Burnat (voir encadré), qui a fait partie de l’équipe de professionnels qui ont accueilli leur souffrance, au gymnase de Burier, le traumatisme est collectif. Un mois après le drame, beaucoup d’entre eux sont encore psychologiquement et émotionnellement affectés.

    Sabine-Petermann
    Sabine-Petermann
    | © Jessica Da Silva

    Quel mot vous vient à l’esprit, un mois après ce douloureux évènement?
    Sabine Pétermann-Burnat:
    Celui de tragédie, car il dépasse tout ce que l'on a pu imaginer. Dans ma carrière professionnelle, j'ai vécu beaucoup de choses, notamment quand j'étais en psychiatrie: des drames, des suicides, des choses extrêmement lourdes et aussi des meurtres. Mais là, ce sont probablement les semaines les plus difficiles et les plus lourdes que j’ai vécues, car cette tragédie hors norme touche un nombre incroyable de personnes.

    Quelle a été la place des rituels collectifs durant ce premier mois de deuil?
    Les rituels collectifs sont venus dans un deuxième temps. La première chose a été l'écoute. Les gens endeuillés et les survivants étaient dans un état de sidération et toutes celles et ceux qui connaissances des victimes se trouvaient dans une forme de contagion émotionnelle. L'écoute était donc primordiale pour les aider à mettre des mots sur leur trauma.

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    Les rituels sont donc arrivés plus tard?
    Oui, ils sont apparus au bout d'une semaine, et ils ont joué un rôle très important, vu l'état de sidération que j’ai pu observer, notamment chez des survivants. Au début, ceux-ci avaient besoin de mettre des mots sur ce qu’ils avaient vécu, car ils étaient dans une forme de déréalisation, comme dans une sorte de cauchemar. Les rituels ont donc permis d'intégrer que c'était vraiment arrivé, et de prendre conscience de la gravité et de la lourdeur de la situation.

    Votre gymnase a mis en place une permanence après l'incendie de Crans-Montana. En quoi consiste-t-elle?
    Il s'agit d’une cellule de crise mise sur pied après avoir évalué la situation au sein de notre établissement. Certains gymnases ont organisé des rituels, notamment ceux touchés par des décès, comme le gymnase de Chamblandes, à Pully (VD). Plusieurs jours continus, de 8 h à 17h, ces permanences proposaient aux élèves et à toutes les personnes travaillant dans le gymnase un espace de parole et d'accueil avec des professionnels.

    "Tout comme les professeurs, les élèves sont venus pour déposer une parole, être écoutés, ou passer un moment avec nous..."

    L'aumônier est évidemment en première ligne. Il est en lien avec des psychologues, des infirmières et infirmiers, des médiateurs et des personnes impliquées dans la prévention et l'accompagnement des élèves. Tout comme les professeurs, les élèves sont venus pour déposer une parole, être écoutés, ou passer un moment avec nous, parce qu’aller en classe était devenu quelque chose de difficile.

    Quels étaient les besoins ou les émotions les plus fréquemment exprimés?
    La sidération, la consternation, la tristesse et l'angoisse. Certains élèves ont perdu des camarades, de la famille ou des proches. D’autres ont échappé à la catastrophe ou ont assisté à ce qui se passait devant «Le Constellation». Ils ont mentalement des images extrêmement traumatisantes, comme des scènes de guerre. Ils ont donc eu besoin de mettre des mots là-dessus.

    On assistait à une forme de contagion émotionnelle et à un phénomène d'identification du type «Pourquoi eux et pas moi?». Des vidéos qui ont circulé sur les réseaux sociaux ont aussi choqué certains élèves et professeurs. Cette tragédie a aussi parfois fait remonter un deuil antérieur. Enfin, des enseignants avaient aussi besoin de parler, soit parce qu'ils étaient touchés personnellement, soit parce qu’ils devaient gérer des classes où des élèves avaient perdu des proches.

    "Cette tragédie a aussi parfois fait remonter un deuil antérieur."

    Dans la couverture médiatique internationale de la tragédie, est-ce que des images ou des contenus médiatiques ont marqué ou choqué les jeunes?
    Oui, les commentaires sur «une certaine jeunesse» ou sur la responsabilité des parents les ont choqués. Nous en avons parlé ensemble. En tant qu'ancienne journaliste, je connais le jeu médiatique, mais j'ai tout de même été interpellée. On a bien sûr besoin de témoignages pour comprendre ce qui s'est passé, mais de très jeunes élèves ayant perdu des amis dans l’incendie étaient en état de sidération totale.

    Je me suis demandé si ce n'était pas un abus de les approcher dans cet état pour récolter leur témoignage. Certains d’entre eux, qui se sont retrouvés avec des images diffusées dans le monde entier, ont en effet regretté d'avoir témoigné, parce qu’ils ont été confrontés sur les réseaux sociaux à des commentaires très peu fair-play et même assez choquants. Tout cela a engendré un surcroit inutile de préoccupation, alors qu'ils avaient déjà assez à gérer comme ça.

    Vous qui travaillez dans le domaine de l'écoute, recueillir le témoignage d'un enfant ou d'un jeune, de la part d’un journaliste, c'est une sorte de fausse promesse d'écoute…
    Oui, un journaliste n’est pas vraiment dans ce que j’appelle l'écoute. L'accompagnement spirituel, lui, n'a pas de visée ni de but. C’est une démarche gratuite et centrée sur la personne. Pour elle, livrer quelque chose d'aussi intime est une sorte de dépossession de soi, surtout dans cette situation.

    Il faut bien se représenter qu'on a été plusieurs jours sans avoir le nom des victimes. Il y a donc eu pour certains la volonté de communiquer des informations pour essayer de retrouver des victimes hospitalisées encore en vie. Mais entre les journalistes qui voulaient décrocher un témoignage pour leur rédaction et ceux qui souhaitaient aider à retrouver des victimes, les objectifs étaient forcément différents. C’est la raison pour laquelle certains de ces témoignages, après coup, ont été assez douloureux pour les personnes concernées.

    Ce drame a-t-il pu réveiller d'autres peurs personnelles ou existentielles?
    Ce sont des jeunes comme eux qui sont morts. Bien sûr que cela réveille des peurs existentielles, des angoisses de mort, des peurs irrationnelles. Cela les a  mis dans un état d'hypervigilance.

    Découvrez l’entretien complet dans l’émission radio «Babel» dimanche 1er février à 11h, sur RTS Espace 2

    Une aumônière du pénitencier de la Tuilière à Morges a écrit une chanson en hommage aux victimes et à leurs proches. Qu’en pensez-vous?
    Cette chanson représente vraiment le travail d'aumônier. Les mots de Véronique Julier ont beaucoup de subtilité et de poésie. On voit dans ses paroles tout le réseau impliqué par ce drame, et aussi toute l'impuissance que chacun éprouve. Cette chanson s'adresse à tout le monde, comme le fait un aumônier dans un gymnase, un hôpital, ou une prison. Car on n'est plus là avec notre Bible, à évangéliser comme il y a 30 ou 40 ans.

    On s'adresse aujourd’hui à des gens de traditions très différentes: des chrétiens, des musulmans et beaucoup d'athées et d’agnostiques, même s’il est très rare que les gens n'aient pas de référence à une force supérieure. Dans le refrain de cette chanson, on retrouve d’ailleurs cette allusion à l’élévation et la verticalité. C'est aussi cela, le travail d'aumônier: ne jamais aller au-devant des gens en leur imposant un contenu, mais en les accompagnant pour les faire accoucher ou les faire naître à leur vision, à leurs croyances, et à tout ce qui fait sens pour eux. (cath.ch/cp/bh)

    Sabine Pétermann-Burnat
    Née le 14 avril 1963 à Vevey, Sabine Pétermann-Burnat obtient en 1985 son diplôme d’infirmière en psychiatrie, puis en 2007, son master en théologie à l’Université de Genève. En 2010, après l’obtention de son RP, elle travaille comme journaliste et productrice radio au sein de RTS religion, avant de rejoindre en 2018 l’EERV comme pasteure, ayant été consacrée en 2011. Après avoir exercé comme accompagnante spirituelle à la Fondation de Rive-Neuve, à Blonay, elle travaille aujourd’hui comme pasteure au sein de la paroisse vaudoise de Bourg-en-Lavaux et comme aumônière au gymnase de Burier, à La-Tour-de-Peilz. CP

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    Sion: le pape adresse un message aux proches des victimes de Crans-Montana

    «Je désire simplement vous manifester ma proximité et ma tendresse, avec celles de toute l’Église», a confié le pape Léon XIV dans un message lu lors d'une célébration œcuménique, le 1er février 2026, dédiée à la mémoire des victimes, et à leurs proches, de l’incendie survenu à Crans-Montana la nuit du Nouvel An.

    Un mois après le drame, le message du pape Léon XIV a été lu au début de la célébration œcuménique organisée à la cathédrale de Sion à la mémoire des victimes décédées et blessées dans l’incendie du bar «Le Constellation» dans la nuit du 1er janvier.

    Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Sion à l’invitation des Eglises catholique et protestante du Valais. La célébration a été présidée par Mgr Jean-Marie Lovey, évêque de Sion, et Sara Schulthess, pasteure de la paroisse protestante de Sion. L’incendie a fait 40 morts et 115 blessés et traumatisé nombre de personnes et de proches et amis des victimes.

    Dans son message, le pape s’est adressé «avec émotion» à tous ceux qui étaient réunis à la cathédrale de Sion «dans la peine et la douleur, un mois après le tragique incendie de Crans-Montana». Le pontife a également formé le vœu «que vous trouviez auprès de vos prêtres et de vos Communautés chrétiennes les secours fraternels et spirituels que vous cherchez pour surmonter la peine et garder courage.»

    «Je ne peux que vous confier à la Vierge Marie, Notre-Dame-des-Douleurs, qui vous serre sur son cœur et vous invite à regarder avec elle la Croix, sur laquelle son Jésus bien-aimé a souffert Lui aussi, et a donné sa vie», a poursuivi le pape dans son message. (cath.ch/com/bh)

    Retrouvez le message dans son intégralité:

    Aux victimes de l’incendie de Crans-Montana et à leurs familles Commémoration du 1er février 2026
    C’est avec émotion que je m’adresse à vous tous qui êtes réunis dans la peine et la douleur, un mois après le tragique incendie de Crans-Montana qui a causé de nombreuses victimes. Vous avez perdu un être cher, ou bien l’un de vos proches souffre encore – peut-être pour longtemps – de ses blessures qui le marqueront pour la vie.

    Je désire simplement vous manifester ma proximité et ma tendresse, avec celles de toute l’Église qui, par sa présence maternelle désire – autant qu’il est possible – porter avec vous le fardeau, et qui prie le Seigneur Jésus de soutenir votre foi dans l’épreuve. Je forme le vœu que vous trouviez auprès de vos prêtres et de vos Communautés chrétiennes les secours fraternels et spirituels que vous cherchez pour surmonter la peine et garder courage.

    En ces heures où vos âmes sont traversées, non seulement par la souffrance, mais aussi par l’incompréhension et le sentiment d’abandon, je ne peux que vous confier à la Vierge Marie, Notre-Dame-des-Douleurs, qui vous serre sur son cœur et vous invite à regarder avec elle la Croix, sur laquelle son Jésus bien-aimé a souffert Lui aussi, et a donné sa vie. Sur la Croix, le Fils de Dieu – Dieu en personne – a voulu partager ce que vous vivez aujourd’hui. Il partagera aussi avec vous sa glorieuse et bienheureuse résurrection. Car Jésus est vraiment ressuscité! Telle est la douce certitude que la Sainte Église annonce avec assurance et sérénité, et sur laquelle est fondée notre immense espérance. L’espérance de revoir un jour ceux que vous avez perdus, l’espérance aussi que, dès ici-bas, se lèvera pour vous un jour nouveau, et que la joie reviendra dans vos cœurs.

    Soyez-en absolument certains, comme l’affirme saint Paul: ni la mort, ni la vie, ni le présent, ni l’avenir, ni les épreuves, ni la séparation, ni la souffrance… rien ne pourra, vous et vos êtres chers, vous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ (cf. Rm 8, 38). Et rien de ce que vous avez vécu de beau et d’heureux avec eux n’est perdu pour toujours; rien n’est fini!

    C’est pourquoi, si Marie vous invite, en ces jours tristes et sombres, à regarder la Croix, elle vous invite aussi à regarder le Ciel, toujours lumineux. En saisissant fermement l’ancre de l’espérance qui s’y trouve solidement fixée et que Jésus vous tend (cf. He 6, 19), vous recevrez la force et le courage de persévérer, et de continuer votre route.

    Portant cette intention dans ma prière, et demandant au Seigneur le repos de vos défunts et le soulagement de ceux que vous aimez, je vous donne de grand cœur une affectueuse Bénédiction Apostolique.

    Du Vatican, le 28 janvier 2026

    LÉON XIV

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    Sion: prière pour les victimes de Crans-Montana, entre silence et lumière

    Un peu plus d’une heure a permis aux catholiques et protestants réunis à la cathédrale de Sion de se recueillir à la mémoire des victimes de Crans-Montana ce 1er février 2026. Un instant hors du temps marqué par le silence et la lumière.

    Rarement la cathédrale de Sion avait connu pareil silence. Profond. A tel point qu’on entendit le moindre mouvement des fidèles sur les bancs. Il parut bien plus long que les cinq minutes qu’il dura en réalité, sans doute accentué par la pénombre dans laquelle était plongée la cathédrale.

    Un peu plus tôt, l’abbé Pablo Pico, le curé de la paroisse de Lens, a partagé quelques impressions sur les quatre jours qu’il a passés à la cellule de crise ouverte au centre des congrès de Crans-Montana. Lu sobrement, son témoignage d’accompagnant spirituel auprès des proches des victimes a saisi les centaines de personnes présentes. Spontanément, un recueillement a suivi la description des moments dramatiques de l’attente, de la douleur des proches et «de ce long vendredi saint sans la lumière de Pâques» que le prêtre a confié à cath.ch il y a quelques semaines.

    Une pause dans le déroulé de cette célébration œcuménique organisée un mois, jour pour jour, après l’incendie du bar «Le Constellation» qui a fait sa 41ème victime ce 1er février.

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    (de g. à dr.) Mgr Josef Stubi, Mgr Jean-Marie Lovey, Alexandre Ineichen, Sara Schulthess, Stephan Kronbichler et Gilles Cavin | © Bernard Hallet

    Aux dires des fidèles restés partager un vin chaud au pied de la cathédrale après la célébration, ces deux moments ont marqué ce temps de prière œcuménique. Ils ont voulu par leur présence incarner «cette solidarité» et «être ensemble dans la prière» qu’avait évoqué Mgr Jean-Marie Lovey au moment du drame.

    «Vous savez, dans notre Valais, on a les ressources de la foi», lance Odette, émue. Hélène a demandé l’esprit de consolation pour les familles des victimes: «Ils avaient l’âge de mes petits enfants!» «On se sent si démuni dans de telles circonstances, qu’on ne peut que partager la douleur dans la prière, confie Anne, navrée. «Et puis il y a eu ce silence assourdissant!»

    Tous unis dans la prière

    «Et de le vivre avec les protestants était un plus. Nous étions ainsi tous unis dans la prière». Accompagné de Mgr Josef Stubi, évêque auxiliaire de Bâle, et de l’abbé de Saint-Maurice, Alexandre Ineichen, Jean-Marie Lovey a accueilli dans le chœur de la cathédrale Sara Schulthess, pasteure de la paroisse protestante de Sion, et Gilles Cavin, président du synode de l’Eglise évangélique réformée de Suisse ainsi que le président du Conseil synodal Stephan Kronbichler.

    Ouvrant la célébration, Mgr Lovey a lu un message du pape Léon XIV spécialement adressé aux fidèles et, au-delà, aux proches des victimes décédées et blessées.

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    L'évêque de Sion et La pasteure Sara Schulthess on conjointement prononcé la prière de bénédiction | © Bernard Hallet

    «(…) Comme il en va souvent pour les défunts, après un ensevelissement, la communauté se retrouve, parfois 7 jours parfois 30 jours plus tard», a indiqué Mgr Lovey en ouvrant la célébration. «Tout cela veut manifester à la fois le besoin que nous ressentons tous de vérifier que nous ne sommes pas seuls face au deuil, à la souffrance et la consolation d’expérimenter qu’on peut compter les uns sur les autres dans ces situations si éprouvantes.»

    «Au nom de l’Eglise évangélique réformée (EREV), je souhaite également vous saluer, tout en exprimant ma gratitude de pouvoir vivre ce moment en commun, dans la prière, dans les larmes, dans l’espoir», a répondu en écho Sara Schulthess qui s’est également exprimée en Allemand.

    Un acte d’espérance, de foi et de charité

    A travers la présence des fidèles des deux Eglises, Mgr Lovey a exprimé un acte de fois, car «Dieu nous convie et c’est vers lui que nous nous tournons», un acte d’espérance: «Notre regard s’efforce de se porter au-delà de la ruine de l’incendie , plus loin que ce premier jour de l’an. Notre regard veut scruter par-delà les nuées, une présence aimante, réconfortante bien que voilée par tant de nuages.» L’évêque de Sion a évoqué également un acte de charité: la présence de l’assemblée «pour celles et ceux qui ne peuvent pas être là, éloignés géographiquement ou dans l’impossibilité de partager une telle démarche».

    «Parents, familles, amis des défunts ou des blessés, nous sommes là avec vous, pour vous; vous êtes présents dans cette cathédrale et nous vous remercions», a assuré Mgr Lovey.

    «Cela signifie beaucoup que nous puissions aujourd'hui prier, pleurer et espérer ensemble. Oui, dans la tristesse comme dans l'espérance du Christ, nous sommes confrères et consœurs», a souligné pour sa part Sara Schulthess en allemand.

    La célébration s’est ouverte par un geste symbolique des célébrants présents dans le chœur de la cathédrale: chacun est venu allumer un lumignon et l’a déposé au pied de l’autel. Ces petites lumières ont été l’autre symbole marquant de cette célébration.

    Une constellation de lumignons

    A l’issue de ce temps de prière, le drap orange déroulé sur les marches menant au chœur de la cathédrale était constellé de lumignons que les fidèles sont venus déposer avec attention pendant que le chœur de la cathédrale reprenait le «Christe lux mundi» de Taizé.

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    A la fin de la célébration les fidèles ont déposé des lumignons en mémoire des victimes | © Bernard Hallet

    Côte à côte, Mgr Lovey et Sara Schulthess ont prononcé en alternance, la prière de bénédiction. Les chants «Christe lux mundi», «La ténèbre n’est pas ténèbre» et «Aber du weisst den Weg», ont accompagné les fidèles dans leur démarche vers l'autel. (cath.ch/bh)

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