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    «Dilexi te»: À la suite de François, Léon XIV exhorte à aimer les pauvres

    «Dilexi te» – «Je t’ai aimé». Tel est le titre de la première exhortation apostolique du pape Léon XIV, publiée ce 9 octobre 2025. Élu le 8 mai dernier, le pontife américano-péruvien assume pleinement l’«héritage» du pape François en signant un texte de 121 paragraphes sur «l’amour envers les pauvre...

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    «Dilexi te»: À la suite de François, Léon XIV exhorte à aimer les pauvres

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    «Dilexi te»: À la suite de François, Léon XIV exhorte à aimer les pauvres

    «Dilexi te» – «Je t’ai aimé». Tel est le titre de la première exhortation apostolique du pape Léon XIV, publiée ce 9 octobre 2025. Élu le 8 mai dernier, le pontife américano-péruvien assume pleinement l’«héritage» du pape François en signant un texte de 121 paragraphes sur «l’amour envers les pauvres». Dans le sillage de son prédécesseur qui avait lancé la rédaction de cette exhortation, Léon XIV réitère son message en faveur des migrants, des femmes maltraitées, des prisonniers ou bien de l’éducation des pauvres.

    «Que ce soit par votre travail, votre lutte pour changer les structures sociales injustes, ou encore par ce geste d’aide simple, très personnel et proche, il sera possible pour ce pauvre de sentir que les paroles de Jésus s’adressent à lui: 'Je t’ai aimé’». C’est par ce paragraphe que se conclut la première exhortation du pape Léon XIV, un texte d’une grande autorité magistérielle – mais symboliquement en deçà de celle d’une encyclique.

    Un document «en héritage»

    Dans les derniers mois de sa vie, le pape François s’était employé à rédiger cette profession de foi exhortant les chrétiens à aimer les pauvres et à voir en eux le visage de Dieu. Partout dans Dilexi te, la marque de l’Argentin se fait sentir. Au point de pouvoir donner aux lecteurs l’impression de lire le testament d’un pape qui, comme le rappelle Léon XIV, avait reçu le jour de son élection en 2013 la recommandation du cardinal brésilien Claudio Hummes: «N’oublie pas les pauvres!». Le nouveau pontife confie d’ailleurs n’avoir ajouté que «quelques réflexions» au document qu’il a «reçu en héritage».

    Avec François, Léon XIV entend partager à «tous les chrétiens» une conviction: «on ne peut aimer Dieu sans étendre son amour aux pauvres». Ce refrain revient au fil des pages de ce long texte réparti en cinq chapitres. «La réalité est que, pour les chrétiens, les pauvres ne sont pas une catégorie sociologique, mais la chair même du Christ», insiste-t-il, après avoir écrit plus tôt qu’il est nécessaire pour le chrétien de se laisser «évangéliser par les pauvres», en qui se révèle «la mystérieuse sagesse de Dieu».

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    Le 4 octobre, le pape a signé l'exhortation apostolique "Dilexi te", en présence de Mgr Edgar Peña Parra | © Vatican Media

    L’appel des pauvres

    Si le pape argentin avait érigé les pauvres en boussole pour l’Église, l’exhortation prend le temps de rappeler que toute l’histoire de l’Église est animée par cet appel. Le texte signé par Léon XIV le 4 octobre, jour de la saint François d’Assise, convoque ainsi les Évangiles, les Pères de l’Église, les grands saints réformateurs, la doctrine sociale de l’Église, l’enseignement du Concile Vatican II et ceux des derniers papes dans le but de justifier que «la grande Tradition de l’Église» a toujours vécu du souci des pauvres et grâce à eux. «L’amour des pauvres […] est la garantie évangélique d’une Église fidèle au cœur de Dieu», martèle ainsi Léon XIV, lui-même marqué par son expérience de missionnaire et d’évêque au Pérou, où la pauvreté sévit.

    Dans cette démonstration argumentée, le pape Léon XIV définit les pauvretés – matérielles, culturelles, spirituelles, morales – qui accablent le monde et appelle à une transformation des mentalités. Comme François s’était indigné en 2015 de la mort du petit Aylan Kurdi sur une plage de Turquie, Léon XIV dénonce un monde qui relègue par exemple le calvaire des migrants «au rang d’informations marginales». Le sort des femmes aussi trouve une place dans la pensée du pape qui rappelle qu’elles sont «doublement pauvres». Elles «souffrent de situations d’exclusion, de maltraitance et de violence, parce que, souvent, elles se trouvent avec de plus faibles possibilités de défendre leurs droits», déplore-t-il.

    Au-delà de la continuité d’avec François que veut assumer Léon XIV, Dilexi te entend réactiver les grands appels de l’Église pour un engagement total du chrétien dans sa vie quotidienne, par l’aumône par exemple, et dans les affaires de la cité. L’agence I.MEDIA revient plus en détails sur quatre appels lancés par Léon XIV dans le premier grand texte de son pontificat.

    L’appel à s’engager au quotidien et à faire l’aumône

    Face à une culture qui «tolère avec indifférence que des millions de personnes meurent de faim ou survivent dans des conditions indignes de l’être humain», Léon XIV s’inquiète vivement des nouvelles formes de pauvreté «parfois plus subtiles et plus dangereuses» et de l’insuffisance des efforts déployés pour les éradiquer. Il interpelle particulièrement les chrétiens, assurant qu’oublier les pauvres serait «sortir du courant vivant de l’Église».

    Le soin des pauvres est «le cœur brûlant de la mission ecclésiale», martèle-t-il. Le pontife américano-péruvien met le chrétien face à sa responsabilité, faisant de l’amour du prochain «la preuve tangible» de l’authenticité de l’amour pour Dieu. L’annonce de l’Évangile, avertit-il également, n’est pas crédible si elle ne se traduit pas en actes.

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    Le pape Léon XIV a rencontré le 1er septembre 2025 des membres de l'organisme L’Opera San Francesco per i Poveri | © Vatican Media

    Au sujet de l’engagement personnel, Léon XIV consacre une longue partie de son texte à l’aumône, souhaitant redonner ses lettres de noblesse à ce geste parfois «méprisé». Tout en reconnaissant qu’elle ne sera pas «la solution à la pauvreté dans le monde», il exhorte le chrétien à ne pas y renoncer car «il vaudra toujours mieux faire quelque chose que ne rien faire». L’aumône, assure-t-il, permet de ne pas rester «dans le monde des idées», et représente un moment «de rencontre et d’identification à la condition d’autrui». Et de glisser: «Dans tous les cas, cela touchera notre cœur».

    Plus radicalement, le chef de l’Église catholique rend hommage à tous ceux qui ont choisi de vivre parmi les pauvres, et non seulement dans une charité de visite ponctuelle. Ce choix de vie fait partie des «formes les plus élevées de la vie évangélique», estime-t-il.

    L’appel à refuser les idéologies mondaines et les fausses excuses

    Dilexi te démasque un certain nombre d’idéologies et d’orientations politiques et économiques qui influencent le chrétien et le conduisent à l’immobilisme face à la pauvreté. Le texte dénonce en particulier la tendance à dissocier l’annonce de la foi de l’engagement social, en déléguant cette question aux gouvernements.

    «La dignité de toute personne humaine doit être respectée maintenant, pas demain»

    Léon XIV s’en prend également aux justifications «pseudo-scientifiques» du libre marché, qui attendent que «les forces invisibles du marché résolvent tout». «La dignité de toute personne humaine doit être respectée maintenant, pas demain», assène-t-il en direction de ces théories économiques.

    L’exhortation tacle aussi une vision faussée de la méritocratie, qui estime que la majorité des pauvres le sont faute de mérite personnel. Pour le 267e pape, c’est «cruauté» que d’affirmer que la pauvreté serait un choix délibéré ou le fruit de la paresse.

    Le successeur de Pierre s’oppose également à une pastorale réservée aux élites, critiquant les catholiques qui pensent «qu’au lieu de perdre son temps avec les pauvres, il vaut mieux prendre soin des riches, des puissants et des professionnels afin qu’à travers eux l’on puisse parvenir à des solutions plus efficaces». En réalité, prévient-il en reprenant les mots de son prédécesseur François, toute communauté d’Église qui délaisse les pauvres «court le risque de se désagréger» et d’être «dominée par la mondanité spirituelle, dissimulée sous des pratiques religieuses, avec des réunions infécondes et des discours vides».

    L’appel à transformer les structures sociales injustes

    Dans Dilexi te, Léon XIV dresse le constat sévère d’une société «malade», refermée sur elle-même, où chacun se replie sur ses «propres besoins» et préfère ne pas être dérangé par les souffrances d’autrui. Derrière ce diagnostic, le pape met en lumière les «structures d’injustice» et le «péché social» qui, selon lui, traversent les systèmes économiques, sociaux et culturels.

    «Soit nous reconquérons notre dignité morale et spirituelle, soit nous tombons dans un puits d’immondices.»

    Le pape s’adresse alors aux consciences: «Ceux qui sont nés avec moins de possibilités ont-ils moins de valeur en tant qu’êtres humains, doivent-ils se contenter de survivre?», interpelle-t-il. La réponse à cette question, écrit-il, «détermine la valeur de nos sociétés et donc notre avenir». Et d’ajouter: «Soit nous reconquérons notre dignité morale et spirituelle, soit nous tombons dans un puits d’immondices.»

    Il engage les fidèles catholiques à faire entendre «une voix qui réveille, qui dénonce, qui s’expose même au risque de passer pour des ‘idiots’». La religion chrétienne «ne peut se limiter à la sphère privée comme si elle n’avait pas à se préoccuper des problèmes touchant la société civile», insiste le pontife. Pour détruire les structures d’injustice, il énumère des instruments, citant «la force du bien», mais aussi «l’aide des sciences et de la technique» et  le développement de politiques efficaces».

    Prevost-François
    Prevost-François
    Le pape François vient de nommer préfet pour le dicastère des évêques Mgr R. Francis Prevost, ici en 2023 alors qu'il était évêque de Chiclayo, au Pérou | © Vatican Media

    Le chef de l’Église catholique égrène par ailleurs, au fil de son texte, plusieurs priorités d’action concrète. Il encourage notamment à promouvoir l’accès à l’éducation pour les couches sociales défavorisées, rappelant qu’elle «n’est pas une faveur mais un devoir». Il incite à œuvrer dans le domaine de l’emploi, considérant qu’aider à trouver «un bon travail» représente «l’aide la plus importante à une personne pauvre». Et il plaide pour l’attention à l’environnement et à l’urbanisation, en améliorant la qualité «des espaces, des maisons, des villes où vivent et marchent les pauvres».

    L’appel à relire l’histoire de l’Église: de Jésus à aujourd’hui

    Le cœur de l’exhortation apostolique est une réflexion dense sur les racines bibliques et historiques de l’«option préférentielle pour les pauvres». Ce concept, réactivé en Amérique du Sud et promu par François, affirme que Dieu accorde une attention particulière aux pauvres, invitant l’Église à un «choix décisif et radical en faveur des plus faibles».

    Léon XIV relit l’Ancien et le Nouveau Testament pour montrer que la pauvreté touche «tous les aspects» de la vie de Jésus, véritable «Messie pauvre». Né dans une mangeoire, fils d’un charpentier, proche des rejetés et des malades, le Christ enseigne qu’on «ne peut pas aimer Dieu sans étendre son amour aux pauvres».

    L’évêque de Rome rappelle ensuite le partage dans les premières communautés chrétiennes, «exemple à imiter», puis retrace deux millénaires d’histoire marqués par des moines, religieuses et laïcs ayant servi les humbles, soigné, libéré, éduqué, accompagné. Citant Léon XIII et la Doctrine sociale de l’Église, le concile Vatican II, Jean Paul II, Benoît XVI et la conférence d’Aparecida, il souligne le «cheminement ininterrompu de l’Église» auprès des pauvres.

    Il invite les fidèles à rejoindre «ce fleuve de lumière et de vie qui jaillit de la reconnaissance du Christ dans le visage des nécessiteux». Enfin, il met en avant la «sagesse» des pauvres, fruit de leur «vie vécue à la limite», qui les rend particulièrement capables de convertir. «Les pauvres ne sont pas une catégorie sociologique», conclut-il, mais «la chair même du Christ». (cath.ch/imedia/bh)

    08/10/2025

    "Dilexi te": Qu'est-ce qu'une exhortation apostolique?

    Cinq mois après son élection, Léon XIV va publier le 9 octobre 2025 la première exhortation apostolique de son pontificat, Dilexi te, sur l’amour envers les pauvres. L’agence I.MEDIA explique la nature et la fonction de ce type de document, l’un des principaux moyens d’expression du magistère des pa...

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    L'exhortation apostolique "Dilexi te" de Léon XIV en dix citations

    Dans la première exhortation apostolique de son pontificat, Dilexi te, le pape Léon XIV enjoint, dans le sillage du pape François, à mettre radicalement les pauvres au centre de la vie de l’Église, et à s’engager dans la société pour éradiquer les injustices structurelles. I.MEDIA a sélectionné 10 citations clés de ce document de 121 paragraphes rendu public le 9 octobre 2025.

    La pauvreté, un cri multiforme qui traverse l’histoire
    «La condition des pauvres est un cri qui, dans l’histoire de l’humanité, interpelle constamment notre vie, nos sociétés, nos systèmes politiques et économiques et, enfin et surtout, l’Église. […] Il existe en effet de nombreuses formes de pauvreté: celle de ceux qui n’ont pas les moyens de subvenir à leurs besoins matériels, la pauvreté de ceux qui sont socialement marginalisés et n’ont pas les moyens d’exprimer leur dignité et leurs potentialités, la pauvreté morale et spirituelle, la pauvreté culturelle, celle de ceux qui se trouvent dans une situation de faiblesse ou de fragilité personnelle ou sociale, la pauvreté de ceux qui n’ont pas de droits, pas de place, pas de liberté». (paragraphe 9)

    Un engagement insuffisant face à l’injustice structurelle
    «L’engagement en faveur des pauvres et pour l’élimination des causes sociales et structurelles de la pauvreté, bien qu’il ait pris de l’importance au cours des dernières décennies, reste toujours insuffisant. Cela est aussi dû au fait que les sociétés dans lesquelles nous vivons privilégient souvent des critères d’orientation de l’existence et de la politique marqués par de nombreuses inégalités». (10)

    Des élites dans une bulle et une humanité laissée pour compte
    «Dans un monde où les pauvres sont de plus en plus nombreux, nous assistons paradoxalement à la croissance de certaines élites riches qui vivent dans une bulle de conditions très confortables et luxueuses, presque dans un autre monde par rapport aux gens ordinaires. Cela signifie que persiste encore – parfois bien masquée – une culture qui rejette les autres sans même s’en rendre compte et qui tolère avec indifférence que des millions de personnes meurent de faim ou survivent dans des conditions indignes de l’être humain». (11)

    Les femmes, doublement pauvres
    «Rappelons que doublement pauvres sont les femmes qui souffrent de situations d’exclusion, de maltraitance et de violence, parce que, souvent, elles se trouvent avec de plus faibles possibilités de défendre leurs droits. Cependant, nous trouvons tout le temps chez elles les plus admirables gestes d’héroïsme quotidien dans la protection et dans le soin de la fragilité de leurs familles». (12)

    Dans tout migrant rejeté, le Christ frappe à la porte
    «L’Église, comme une mère, marche avec ceux qui marchent. Là où le monde voit des menaces, elle voit des fils; là où l’on construit des murs, elle construit des ponts. Elle sait que son annonce de l’Évangile est crédible seulement lorsqu’elle se traduit en gestes de proximité et d’accueil; et que dans tout migrant rejeté, le Christ lui-même frappe à la porte de la communauté». (77)

    La “dictature de l’économie qui tue”
    «Il est donc nécessaire de continuer à dénoncer la “dictature d’une économie qui tue” et de reconnaître qu’alors que les gains d’un petit nombre s’accroissent exponentiellement, ceux de la majorité se situent d’une façon toujours plus éloignée du bien-être de cette minorité heureuse. Ce déséquilibre procède d’idéologies qui défendent l’autonomie absolue des marchés et la spéculation financière». (92)

    Quand les chrétiens se laissent contaminer par la mentalité mondaine
    «Même les chrétiens, en de nombreuses occasions, se laissent contaminer par des attitudes marquées par des idéologies mondaines ou par des orientations politiques et économiques qui conduisent à des généralisations injustes et à des conclusions trompeuses. Le fait que l’exercice de la charité soit méprisé ou ridiculisé, comme s’il s’agissait d’une obsession de quelques-uns et non du cœur brûlant de la mission ecclésiale me fait penser qu’il faut toujours relire l’Évangile pour ne pas risquer de le remplacer par la mentalité mondaine. Il n’est pas possible d’oublier les pauvres si nous ne voulons pas sortir du courant vivant de l’Église qui jaillit de l’Évangile et féconde chaque moment de l’histoire». (15)

    L’éducation n’est pas une faveur, mais un devoir
    «Pour la foi chrétienne, l’éducation des pauvres n’est pas une faveur, mais un devoir. Les petits ont droit à la connaissance, condition fondamentale pour la reconnaissance de la dignité humaine. Les enseigner, c’est affirmer leur valeur en leur donnant des outils pour transformer leur réalité. La tradition chrétienne considère le savoir comme un don de Dieu et une responsabilité communautaire». (72)

    Éloge de l’aumône
    «En tant que chrétiens, ne renonçons pas à l’aumône. […] Et il vaudra toujours mieux faire quelque chose que ne rien faire. Dans tous les cas, cela touchera notre cœur. Ce ne sera pas la solution à la pauvreté dans le monde, qui doit être recherchée avec intelligence, lutte et engagement social. Mais nous avons besoin de nous exercer à l’aumône pour toucher la chair souffrante des pauvres». (119)

    Les pauvres ramènent à l’essentiel de la foi chrétienne
    «Pour nous chrétiens, la question des pauvres nous ramène à l’essentiel de notre foi. […] La réalité est que, pour les chrétiens, les pauvres ne sont pas une catégorie sociologique, mais la chair même du Christ. […] Les pauvres sont au centre même de l’Église». (110/111) (cath.ch/imedia/ak/bh)

    «Dilexi te»: À la suite de François, Léon XIV exhorte à aimer les pauvres

    09/10/2025

    «Dilexi te»: À la suite de François, Léon XIV exhorte à aimer les pauvres

    «Dilexi te» – «Je t’ai aimé». Tel est le titre de la première exhortation apostolique du pape Léon XIV, publiée ce 9 octobre 2025. Élu le 8 mai dernier, le pontife américano-péruvien assume pleinement l’«héritage» du pape François en signant un texte de 121 paragraphes sur «l’amour envers les pauvre...

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    "Dilexi te": les inspirations de Léon XIV

    La première exhortation apostolique du pape Léon XIV, Dilexi te, remet en lumière la longue tradition de l’Église en matière de soutien aux pauvres, dans la continuité du pape François. Plusieurs figures françaises sont évoquées, reliant près d’un millénaire d’histoire de la charité chrétienne, de saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) à sœur Emmanuelle (1908-2008).

    Citant une catéchèse de Benoît XVI, le pape Léon XIV explique que saint Bernard de Clairvaux «rappela avec fermeté la nécessité d’une vie sobre et mesurée, à table comme dans l’habillement et dans les édifices monastiques, recommandant de soutenir et de prendre soin des pauvres». Ce «grand réformateur cistercien» a donc mis en évidence le fait que «l’Église n’est pleinement épouse du Seigneur que lorsqu’elle est également sœur des pauvres», insiste-t-il.

    Le pontife s’appuie sur la tradition médiévale portée par ce moine qui fut canonisé dès 1174, soit seulement 21 ans après sa mort. Il confie que «là où les moines ont ouvert leurs portes aux pauvres, l’Église a révélé avec humilité et fermeté que la contemplation n’exclut pas la miséricorde mais l’exige comme son fruit le plus pur».

    Congrégations au service des malades

    Rendant hommage aux congrégations féminines qui ont su offrir des «oasis de dignité» aux personnes malades, en leur apportant «réconfort, écoute, présence et, surtout, tendresse», le pape mentionne particulièrement les Filles de la Charité de saint Vincent de Paul.

    Il utilise une citation de sainte Louise de Marillac (1591-1650) écrivant à ses sœurs qu’elles avaient reçu «une bénédiction de Dieu toute particulière pour le service des pauvres malades des hôpitaux». C’est en lien avec saint Vincent de Paul que cette femme veuve et mère d’un enfant, issue d’une famille aristocratique très influente, entra dans la vie religieuse et fonda cette congrégation des Filles de la Charité en 1642. Sainte Louise de Marillac, canonisée par Pie XI en 1934, a été proclamée par Jean XXIII sainte patronne des œuvres sociales en 1960.

    Les trinitaires contre l’esclavage

    Léon XIV évoque par ailleurs l’Ordre de la Très Sainte Trinité et de la Rédemption des Captifs (Trinitaires), fondé en 1198 par le provençal saint Jean de Matha (1160-1213), et saint Félix de Valois (1127-1212), originaire du nord de la France. Il souligne que les trinitaires ont «le charisme spécifique de libérer les chrétiens réduits en esclavage, en mettant à leur disposition leurs propres biens et, souvent, en offrant leur vie en échange».

    Dans cette spiritualité, «la libération des prisonniers est une expression de l’amour trinitaire: un Dieu qui libère non seulement de l’esclavage spirituel, mais aussi de l’oppression concrète». Les trinitaires sont actuellement présents dans des territoires difficiles comme Madagascar ou les pays du Golfe arabo-persique: l’actuel vicaire apostolique d’Arabie du Nord, Mgr Aldo Berardi, est un religieux trinitaire.

    Les pionniers de l’éducation

    Le pontife évoque aussi deux figures religieuses françaises qui furent des pionniers de l’éducation ouverte à tous, et notamment aux plus pauvres. Il rappelle ainsi que saint Jean-Baptiste de La Salle (1651-1719) lutta contre «l’injustice causée par l’exclusion des enfants des ouvriers et des paysans du système éducatif français de son temps », et fonda aussi « les Frères des Écoles Chrétiennes avec l’idéal d’offrir une instruction gratuite, une formation solide et un environnement fraternel». Le 15 mai dernier, au tout début de son pontificat, Léon XIV avait déjà développé cet hommage lors d’une audience aux religieux lasalliens.

    Léon XIV cite également l’héritage de saint Marcellin Champagnat (1789-1840), le fondateur de l’Institut des Frères maristes des écoles. «Sensible aux besoins spirituels et éducatifs de son époque, spécialement à l’ignorance religieuse et aux situations d’abandon que connaissait particulièrement la jeunesse, il se consacra de tout cœur, en des temps où l’accès à l’éducation restait l’apanage de quelques privilégiés, à la mission d’éduquer et d’évangéliser les enfants et les jeunes, surtout les plus démunis», écrit Léon XIV dans Dilexi te, reprenant les mots de Jean Paul II lors de sa canonisation en 1999.

    Les figures contemporaines de la charité

    Le pape fait référence à deux personnalités plus contemporaines ayant montré que «les plus pauvres ne sont pas seulement objet de notre compassion, mais des maîtres d’Évangile». Il nomme notamment saint Charles de Foucauld (1858-1916) et son rôle auprès des «communautés du désert» en Algérie. Canonisé par François en 2022, cet ancien militaire devenu ermite fut une grande source d’inspiration du pontife argentin dans son ouverture au dialogue fraternel avec les musulmans.

    Enfin, d’une façon plus inédite pour un pape, Léon XIV mentionne la figure de Sœur Emmanuelle (1908-2008) et sa mission «avec les ramasseurs d’ordures dans le quartier d’Ezbet El Nakhl, au Caire». La religieuse franco-belge, qui devint une figure extrêmement populaire après la diffusion de reportages télévisés sur son action auprès des chiffonniers du Caire, demeure dans la mémoire collective l’incarnation d’une vie religieuse donnée aux plus pauvres avec énergie et enthousiasme.

    Dans leurs relations avec les plus pauvres, ces figures religieuses ont montré qu’il «ne s’agit pas de 'leur apporter’ Dieu, mais de le rencontrer en eux», insiste Léon XIV dans son exhortation. (cath.ch/imedia/cv/rz)

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    "'Dilexi te' n’est pas une exhortation, c’est une insurrection spirituelle"

    Sollicité par cath.ch, Pascal Bregnard, directeur de Caritas Fribourg, mandaté par l'Eglise catholique du Canton de Fribourg pour sa diaconie, donne sans détour ses impressions sur Dilexi te, la première exhortation apostolique du pape Léon XIV, publiée le 9 octobre 2025.

    «Je t’ai aimé» (Ap 3,9). Trois mots et demi. Un éclair dans la nuit. Une vérité nue dans un monde qui réserve l’amour à ceux qui réussissent.

    Avec Dilexi te, le pape Léon XIV ne prie pas: il provoque. Il secoue la poussière de nos habitudes, fait trembler les murs de notre confort et sonne le tocsin. Ce texte ne console pas, il réveille. Il ne rassure pas, il appelle. C’est un cri vers les cœurs oubliés - ceux qui n’ont ni pouvoir, ni gloire, ni place.

    Dilexi te n’est pas une exhortation; c’est une insurrection spirituelle. Une déclaration de guerre contre l’indifférence, la tiédeur, la résignation. Le pape ne propose pas un idéal: il trace une ligne. D’un côté, la foi qui agit. De l’autre, la foi qui s’excuse.

    Prendre Dilexi te au sérieux, c’est accepter le vertige de l’amour sans condition. C’est entendre l’Église appelée à se dépouiller, à descendre, à aimer sans calcul. Ce n’est pas un texte pour les puissants. C’est un rappel pour les vivants.

    Le Christ ne bluffe pas

    Dieu choisit les pauvres. Point. L’Église ne peut contourner cette vérité sans trahir son ADN. Vécu, le texte de Léon XIV gratte l’âme jusqu’à la vérité. Il dérange là où l’Évangile brûle. Pas d’ambiguïté: le Christ est du côté de ceux qui n’ont rien. Non pour glorifier la misère, mais parce qu’en eux l’humanité retrouve son vrai visage: vulnérable, ouvert à la grâce.

    Là où la société trie, Dieu accueille. Là où le monde exclut, Dieu s’agenouille. Quel programme!

    Les pauvres, sujets de révélation, non objets de charité

    L’Église n’est pas appelée à parler des pauvres, mais à vivre avec eux. Léon XIV est sans détour: ignorer les pauvres, c’est ignorer Dieu. Ils ne sont pas des objets de charité, mais des lieux de révélation: en eux, Dieu se rend présent, fragile et concret.

    Et si la pauvreté n’était pas d’abord une question économique, mais spirituelle? Dilexi te appelle à un retournement intérieur: passer d’une société qui calcule à une Église qui console, d’une charité de façade à une vraie communion.

    «Les pauvres, vous les aurez toujours avec vous», nous rappelle l’Evangile. Souvent comprise comme un fardeau, cette phrase est peut-être une promesse: la présence permanente du Christ parmi nous. À l’heure où nos sociétés érigent des murs et glorifient la réussite individuelle, cette parole résonne comme un rappel à l’ordre évangélique.

    Le Christ s’est fait pauvre non pour célébrer la misère, mais pour nous libérer de la tyrannie de l’avoir. Il accepte la croix pour dire: le véritable pouvoir, c’est l’amour qui se donne.

    Pourquoi ce choix? Parce que les pauvres révèlent ce que le monde cache: notre dépendance radicale à l’amour. Dans une société obsédée par la performance, la pauvreté devient prophétie: elle démasque le mensonge et rappelle que l’humain est fait pour le don, non pour l’accumulation.

    Redevenir crédible

    Et si l’Église redevenait crédible?

    Non pas en défendant ses murs ou ses privilèges, mais en relevant les hommes et les femmes par le service et la diaconie. Cette dernière n’est pas une option: c’est la manifestation concrète de l’amour de Dieu. Ce n’est pas simplement «faire le bien»; c’est reconnaître le Christ vivant dans le visage de l’autre.

    Servir, c’est combattre l’injustice, relever celui qui tombe, nourrir ceux qui ont faim, restaurer la dignité blessée, tisser des liens, lutter contre la solitude, accompagner les malades. Tant que l’Église reste à distance de ces dimensions, elle parle de Dieu sans le rencontrer. C’est creux. C’est triste. Mais quand elle descend laver les pieds du monde, alors elle devient Évangile.

    "Une Église diaconale, ce sont des mains calleuses qui prient et servent."

    La radicalité du don

    Le message de Dilexi te est radical: ce ne sont pas les pauvres qui ont besoin de l’Église, c’est l’Église qui a besoin des pauvres. Ils gardent la vérité que nous oublions: Dieu ne se manifeste pas dans la puissance, mais dans le don désarmé. Une Église diaconale, ce sont des mains calleuses qui prient et servent. Moins de mots, plus de gestes.

    C’est dans la poussière du service que l’Église retrouve la lumière. Là, dans le visage blessé du monde, l’Évangile reprend chair. Et retentit le cri de Dieu: «Je t’ai aimé.»

    Pascal Bregnard, directeur de Caritas Fribourg. (cath.ch/bh)

    Né en 1974 à Genève, Pascal Bregnard est marié et père de quatre enfants. Pendant dix ans, de 1999 à 2009, il œuvre dans la pastorale de la jeunesse, puis s’engage dans la formation des adultes et la pastorale de la famille. En 2012, il devient responsable du département Solidarités de l’ECVD, un poste qu’il occupe jusqu’en 2022, se formant en parallèle avec un brevet en formation d’adultes et un master en théologie. Depuis 2022, Pascal Bregnard occupe le poste de directeur de Caritas Fribourg. Il a été ordonné diacre le 3 novembre 2024. BH

    «Dilexi te»: À la suite de François, Léon XIV exhorte à aimer les pauvres

    09/10/2025

    «Dilexi te»: À la suite de François, Léon XIV exhorte à aimer les pauvres

    «Dilexi te» – «Je t’ai aimé». Tel est le titre de la première exhortation apostolique du pape Léon XIV, publiée ce 9 octobre 2025. Élu le 8 mai dernier, le pontife américano-péruvien assume pleinement l’«héritage» du pape François en signant un texte de 121 paragraphes sur «l’amour envers les pauvre...

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    VATICAN POOR

    L’exhortation «Dilexi te» fait-elle de Léon un pape «de gauche»?

    L’exhortation apostolique Dilexi te, sortie le 9 octobre 2025, a suscité de nombreuses réactions de la part de la presse. L’aspect «politique» du texte, qui rappelle l’option préférentielle pour les pauvres, est l’un des points les plus commentés.

    Lors de la conférence de presse présentant Dilexi te, un journaliste a demandé au cardinal Konrad Krajewski s’il considérait le risque que Léon XIV soit accusé d’être «communiste». "Si c’est le cas, alors nous devons aussi porter cette accusation contre Jésus", a répondu l’ancien responsable des œuvres de charité du pape François.

    Force prophétique

    Les diatribes régulières du pontife argentin contre le capitalisme et «l’économie qui tue» lui avaient en effet valu d’être taxé de «marxiste», voire de «communiste».

    «L’insulte» est reprise dans la version italienne du Huffington Post, mais sur le ton de l’ironie. «Les catholiques conservateurs (en particulier en Italie et aux États-Unis) vont devoir s’y faire, Léon XVI est un autre pape 'communiste’, commente le média. Ils espéraient s’être affranchis de la 'fastidieuse’ catéchèse de François sur les pauvres, les immigrés, les derniers et ainsi de suite, si éloignée des anges peints dans les nuages. Et voilà que Robert Prevost publie son premier document magistral et écrit une exhortation apostolique sur les pauvres, presque un programme, voire un véritable Manifeste qui appelle à l’action.»

    À l’instar du Huffington Post, la presse internationale, également profane, réagit plutôt positivement à l’exhortation, mettant en exergue la continuité avec la pensée du pape François et la fermeté du texte. «On retiendra de Dilexi te la force prophétique avec laquelle le pape désigne le défi du soin urgent à apporter aux pauvres», affirme par exemple Arnaud Alibert dans La Croix.

    La Maison Blanche pointée du doigt

    Les médias évoquent surtout la dimension «politique» du texte. Les critiques de Léon XIV sont largement vues comme pointant du doigt la Maison Blanche. «L'intérêt croissant de Léon XIV pour le traitement des migrants et ses critiques à l'égard des climato-sceptiques montrent que ses opinions sont intrinsèquement en conflit avec certains des principes fondamentaux de l'administration Trump», note ainsi le Washington Post.

    «Cette redéfinition résonne dans un contexte de montée, dans plusieurs pays, d’un courant populiste de droite radicale, tenant volontiers un discours sur Dieu, mais condamnant l’engagement envers les précaires, écrit encore Mikael Corre dans La Croix. Son emblème: Donald Trump, qui promet 'd’éradiquer les préjugés antichrétiens’, mais parle de migrants comme 'empoisonnant le sang du pays’ et promet d’expulser de Washington les sans-abri. Dans son discours, et celui de ses relais européens, la pauvreté devient un crime, la compassion une faiblesse, la réussite un signe d’élection.»

    Le fantôme de François?

    Les milieux et la presse de droite n’ont pas (ou pas encore) réagi de façon affirmée à l’exhortation. Le site très conservateur américain LifeSiteNews se contente de rappeler le contenu du texte. Le site français proche des traditionalistes Le Salon Beige relaye également certains passages, sans autre commentaire.

    Il apparaît que dans les milieux «anti-François», l’attitude générale consiste à relativiser l’apport de Léon XIV dans Dilexi te, ou de suggérer que le pontife américain n’a pas encore montré son vrai visage. Il est vrai que le nouveau pape n’a fait qu’apporter quelques ajouts et sa signature a un texte déjà largement écrit par son prédécesseur. Lors de la conférence de presse, le cardinal Michael Czerny, préfet du dicastère pour le Service du développement humain intégral, a pourtant assuré que Dilexi te était «à 100% du pape François et à 100% du pape Léon».

    Pas un texte politique

    "On a l’impression que c’est [Dilexi te, ndlr] une dette envers son prédécesseur et envers ceux qui l’ont élu", relève Luigi Casalini, rédacteur en chef d’un blog traditionaliste consacré à la messe en latin au sujet de l’exhortation. "Léon XIV se révèle-t-il? Je répondrais non, pas encore. Nous verrons dans la prochaine encyclique. Je ne veux pas être optimiste, mais je ne peux pas non plus l’accuser d’être socialiste ou un fervent partisan" de François.

    Même son de cloche chez John Yep, président du groupe pro-Trump "Catholics for Catholics". "La plupart d’entre nous sommes en train d’observer, mais nous ne sommes pas trop prompts à juger, car nous savons que nous n’en sommes qu’au début.»

    Quoiqu’il en soit, le Vatican demande de considérer Dilexi te non pas comme un texte politique, mais universel. Lors de la conférence de presse, il a été demandé au cardinal Czerny si le texte faisait de Léon XIV un pape «de gauche» ('liberal’, en anglais). "Dès que vous dites 'pape de gauche’, vous le placez, ainsi que le ministère de Pierre et de ses successeurs sur une plateforme très partiale", a répondu le cardinal. "Certes, on peut interpréter ces choses d’un point de vue sociologique ou politique, et que Dieu vous bénisse si vous voulez le faire, mais nous ne pouvons pas répondre de la même manière et nous ne devrions pas le faire", a conclu le prélat canadien. (cath.ch/ag/rz)

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    «Dilexi te»: Mgr Morerod salue «une parole forte»

    «La condition des pauvres interpelle nos sociétés et les priorités de chacune de nos vies», rappelle Mgr Charles Morerod à propose de Dilexi te. Le président de la Conférence des évêques suisses (CES) salue dans la nouvelle exhortation apostolique du pape Léon XIV «une parole forte».

    Le but de Dilexi te est que «tous les chrétiens puissent percevoir le lien qui existe entre l’amour du Christ et son appel à nous faire proches des pauvres.» (§ 3), relève Mgr Morerod au nom de la CES. L’évêque de Lausanne, Genève et Fribourg rappelle que «cela implique de se détourner de l’illusion d’un bonheur procuré par la richesse, d’opter pour une simplicité de vie et de reconnaître le Christ dans les pauvres.»

    «À la lumière de la Bible, la condition des pauvres interpelle nos sociétés et les priorités de chacune de nos vies. Dieu montre l’importance des pauvres à ses yeux en se faisant lui-même pauvre», souligne le président de la CES. Cela amène le pape à se poser une question: «Je me demande souvent pourquoi, malgré cette clarté des Écritures à propos des pauvres, beaucoup continuent à penser qu’ils peuvent tranquillement les exclure de leurs préoccupations» (§ 23). En effet, «il est indéniable que la primauté de Dieu dans l’enseignement de Jésus s’accompagne d’un autre point ferme: que l’on ne peut aimer Dieu sans étendre son amour aux pauvres» (§ 26).

    Pour une Église qui ne met pas de limite à l’amour

    La pauvreté n’est pas qu’une question de moyens matériels: elle inclut la situation et les soins des malades et des souffrants, des captifs (éventuellement esclaves, ou détenus de nos prisons), y compris par l’offre de formation et l’aide à trouver un travail, précise l’évêque. La motivation de l’aide, l’imitation du Fils de Dieu qui s’est fait pauvre, apparaît dans les différentes formes de vie religieuse et doit toucher tous les croyants.

    Le pape rappelle des éléments essentiels du christianisme alors même que la pauvreté est loin de disparaître, et que l’aide publique aux pauvres est largement réduite. Son texte n’adopte pas une approche d’abord négative, il rappelle positivement le rôle de l’Église: «Une Église qui ne met pas de limites à l’amour, qui ne connaît pas d’ennemis à combattre, mais seulement des hommes et femmes à aimer, est l’Église dont le monde a besoin aujourd’hui» (§ 120). (cath.ch/com/rz)

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    "Dilexi te": Qu'est-ce qu'une exhortation apostolique?

    Cinq mois après son élection, Léon XIV va publier le 9 octobre 2025 la première exhortation apostolique de son pontificat, Dilexi te, sur l’amour envers les pauvres. L’agence I.MEDIA explique la nature et la fonction de ce type de document, l’un des principaux moyens d’expression du magistère des papes.

    Par l’exhortation apostolique, le chef de l’Église catholique invite les fidèles à mettre en pratique certains aspects de la foi. Ce texte s’adresse à tous les catholiques – à la différence d’une «lettre apostolique» qui concerne souvent une catégorie de fidèles ou un événement particulier.

    L’exhortation apostolique est proche de l’encyclique, toutes deux ayant une portée universelle. «La différence ne concerne pas l’importance du contenu, mais simplement la forme», précise un canoniste romain. «On peut dire que l’encyclique confère à un texte une grande solennité, et l’exhortation une moindre solennité, mais les nuances sont ténues», ajoute-t-il.

    En pratique, l’exhortation apostolique, comme l’encyclique, a une valeur d’enseignement. Cependant son but n’est pas de définir des points de doctrine, mais plutôt d’encourager, d’orienter ou d’approfondir la vie spirituelle et pastorale des fidèles. Elle se distingue aussi des motu proprio, qui, eux, ont une portée juridique et servent à établir des lois ou des dispositions administratives dans l’Église.

    Les exhortations apostoliques des récents pontifes

    Sous les récents pontificats, la majorité des exhortations apostoliques présentaient les conclusions des papes à la suite des synodes des évêques – ces assemblées traitant de thèmes importants pour l’Église. Dans ces cas-là, il s’agissait d’offrir un repère d’unité après la réflexion commune.

    Le pape François a publié ainsi trois exhortations apostoliques «post-synodales» et quatre sur divers thèmes caractéristiques de son pontificat (l’évangélisation, la sainteté, le climat et l’amour miséricordieux de Dieu). Sa première exhortation apostolique, Evangelii Gaudium (2013), est considérée comme le grand texte programmatique de son pontificat.

    Benoît XVI a signé quatre exhortations post-synodales consacrées à l’Église au Moyen-Orient, à l’Afrique, à la Parole de Dieu et à l’Eucharistie. Jean Paul II, quant à lui, a publié onze exhortations apostoliques post-synodales et quatre exhortations sur divers thèmes (la catéchèse, la famille, saint Joseph et le Salut). (cath.ch/imedia/ak/lb)

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