“La culpabilité, c'est le rapport de l'acte à la conscience. Le juge connaît le premier terme du rapport, Dieu seul connaît le second.”Henry Boucher - Pensées et réflexions
Pour mon mari, voilà le résultat de son mariage avec une valaisanne: les pieds sur terre, mais la tête dans les nuages… le bonheur, l’équilibre quoi!
On dit souvent de la culpabilité qu’elle est mauvaise compagne, qu’elle ne sert à rien. La vie nous conduit pourtant, parfois, tragiquement, vers des situations où nous peinons à trouver un alibi, une excuse, afin de justifier notre comportement. Ne nous reste alors que la résilience pour continuer à vivre.Depuis plus d’une semaine, sans raison apparente, une flémingite aigüe m’assiège. Après analyse psycho-sensorio-introspecto-pathogénique approfondie, je ne vois aucune autre raison, pas même grippale. Un savant calcul en rapport à un éventuel temps d’incubation possible, me conforte dans l'idée que mon séjour en milieu «exotique» remonte à trop longtemps pour impliquer une maladie par piqûre de mouche tsé tsé. Mais alors quoi? Le retour progressif du printemps devrait me donner des ailes! Pourquoi n’ai-je pas la tête à faire mon ménage? Pourquoi est-ce que je préfère sortir me promener au soleil avec les enfants, plutôt que de «putzer»?Putzer, travailler, justement parlons-en…En découvrant aujourd’hui - avec la lenteur valaisanne bien connue - l’article du 1er mars paru dans la «Weltwoche» nous concernant, nous les Welches, ma culpabilité s’estompe. Il semblerait que les romands soient de nature moins assidue au travail que les suisses alémaniques! L’article dépeint les Welches comme des assistés vivant aux crochets de ces mêmes Alémaniques. Non mais, vous n’imaginez pas comme pareille allégation aurait pu semer la bisbille dans mon couple. Notre mariage mixte - welcho-bourbine - pourrait voler en éclat! Il n’en est rien, bien au contraire.L’idée que l’être humain doive affirmer fièrement ses origines prend une autre dimension aujourd’hui, pour mon mari. Ne renions pas ce que nous sommes. Eh bien voilà, mon chéri, tout s’explique, je n’invente pas, c’est écrit: mon absence de motivation périodique est purement génétique! Et oui!, on n’y peut rien, il ne faut pas vouloir aller contre nature.
Enfin me voilà soulagée. Merci à la «Weltwoche» de m’offrir sans scrupule une belle «Welch’woche» supplémentaire. Au repos les amis!
Sabine Gisler
p.s : J’ai l’esprit tranquille puisque ma progéniture est faite de futurs travailleurs modérés; ils pourront tantôt suivre l’exemple de papa suisse-allemand, tantôt se reposer comme maman... à eux le bonheur!