Lors d’un café en compagnie d’une jeune grand-maman, ce mardi matin, celle-ci me relate une discussion qu’elle a eue avec une fillette du village, au hasard d’une rencontre. Chacune est inconnue pour l’autre, pourtant la petite demoiselle explique au cours de son échange avec notre grand-maman que : « quand on est trop riche, on n’a pas de chance parce qu’on ne peut pas s’acheter ce qui nous fait plaisir ! ».
Notre dame, dans une logique d’adulte, suggère à sa jeune interlocutrice que, tel est le cas plutôt lorsqu’on est pauvre. Notre demoiselle maintient son affirmation. « Mais non, lorsqu’on est pauvre et qu’on peut s’acheter ce qui nous fait plaisir, on est heureux! Par contre, quand on est trop riche, plus rien ne nous fait plaisir car on possède déjà tout ! ».Surprise par la clarté de pensée de la petite fille, la grand-maman approuve son point de vue en la félicitant.Belle logique ! L’anecdote m’amuse et me rappelle que dans nos pays nantis, on oublie souvent la justesse d’une simple pensée d’enfant. On possède tout, pourtant rien ne nous comble suffisamment. Notre course est sans fin. Nous courons après ce si précieux temps qui nous fait éternellement défaut ; après certains idéaux de bonheur qui nous vident plus qu’ils nous comblent. Nous recherchons sans cesse l’être aimé ; le travail de rêve, les enfants hyper idéaux, …Et si on prenait un temps d’arrêt ?Un arrêt pour tendre l’oreille aux propos de ces fraîches pousses, qui voient encore le monde avec les yeux de l’innocence. Ils osent le communiquer sans gêne, sans a priori aux adultes. Au risque de nous laisser contaminer un peu plus par leur noblesse, par la naïveté de leur jeune âge, écoutons-les. Tentons de redévelopper notre faculté d’enfant à poser un regard détaché sur les choses de la vie, même avec notre réalisme d’adulte …