Dernier jour d’école de la semaine. Dehors, il fait encore nuit. Ma petite troupe peine à quitter la chaleur du lit, tellement plus agréable que le froid hivernal extérieur. Mais aujourd’hui, horreur: la boîte à pain est vide! Maman n’a pas eu le temps hier, d’en préparer un…
Quelqu’un parmi nous devra assurer la corvée «achat du pain le matin»! J’ose à peine leur annoncer la mauvaise nouvelle. Connaissant leurs réactions, il m’incombera la tâche de juge, avocate et pour finir, de policière. Il me faudra alors désigner la victime du jour. Comme un tournus logique s’avère impossible dans nos brumes familio-matinales, je décide secrètement que le premier à être prêt, s’y collera. Honneur à ma grande, ce matin. Mon garçon jubile, tandis que la plus petite aimerait tellement y aller; elle pleure à chaudes larmes. Que d’injustice pour commencer cette journée!«Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien…» Tu parles! La phrase si souvent redite, répétée, presque banalisée, n’est pas encore acquise, nous concernant… J’aimerai que mes enfants posent un regard différent sur le fait d’avoir chaque matin du pain frais et à moindre effort. Qu’ils en soient reconnaissants, comme peut-être d’autres enfants de leur âge, plutôt que de rouspéter!Une chose est certaine: chez nous, le pain quotidien n’arrive pas sans maintes discussions, chamailleries,… dans nos assiettes! De toute évidence, la phrase est difficile à appliquer et à faire appliquer. Mais je suis décidée à ce que mes enfants prennent conscience et respectent cette chance qu’ils ont de pouvoir, en toute sécurité et liberté, braver le froid afin de ramener le précieux pain sur la table du petit déjeuner. Et ce, chaque jour, sans exception si nécessaire! Tel n’est pas le cas pour tous les enfants de notre belle planète!Alors,… que ta volonté soit faite!