Dans le cadre de mon travail, j’ai eu l’occasion de participer à un cours sur la communication. Ayant trouvé l’approche intéressante, j’ai décidé de suivre une dizaine de cours supplémentaires, dans un cadre privé cette fois. C’est chose faite, le premier cours a eu lieu il y a une semaine.Comme d’habitude, le jour J, avant de sortir de chez moi, «j’astique» mon apparence puis interroge le miroir qui me rassure: je ne suis pas la plus belle – je le savais déjà – mais je suis présentable. Me voilà en confiance. Dernier détail avant toute nouvelle incursion en terrain inconnu: je cache d’un geste rapide la croix de mon pendentif sous mon pullover. On ne sait jamais …Mon mari, pensant une fois pour toutes chasser mes vieux démons, me l’avait offerte pour Noël il y a trois ans, avec la petite phrase de circonstance «il est temps que tu affirmes tes convictions!» Merci chéri! En plus, question discrétion… il aurait pu choisir une plus petite!Depuis trois ans donc la croix me quitte rarement, mais mon geste pour l’occulter est resté le même. Il faut dire qu’enfant, il est arrivé qu’on se moque de moi, la fille de la catéchiste, la «seule obligée» d’aller à la messe, la «grenouille de bénitier» … Quelque fois pourtant, je la montre fièrement. C’est selon…Eh bien, ce soir-là, avec ma croix bien au chaud et la perspective de nouvelles connaissances, me voilà assise, enthousiaste, au milieu d’autres participants. Surprise! L’animatrice porte une belle croix en or, bien visible à son cou! En introduction elle glisse discrètement que, dans sa conviction chrétienne, elle espère pouvoir nous apporter quelque chose de positif et se réjouit de faire un bout de chemin ensemble. Quelle classe! J’ai soudain honte de mon manque de courage! Merci madame d’avoir en toute simplicité, sans tapage, juste osé…
Sabine Gisler
Parution Echo Magazine – no. 22