Vendredi matin, promenade d’automne pour les écoliers. 8h30: horreur! La table du déjeuner débarrassée, je m’aperçois, en jetant la boîte vide des tartares aux herbes, que ma grande vient de partir en promenade avec des sandwichs aux ingrédients périmés d’un bon mois! Sans être trop à cheval sur les dates, j’ai malgré tout mauvaise conscience. Je craignais la moquerie du professeur, mais, après réflexion, je décide tout de même de le joindre sur son natel afin qu’il informe ma fille. Elle peut utiliser ses petits sous, normalement destinés à l’achat d’un souvenir, pour s’assurer une digestion sans complication. Le sympathique professeur me répond qu’il a bien assez de provisions et lui donnera volontiers un de ses sandwichs, avec compréhension et sans moquerie.Je rapporte l’anecdote par téléphone à ma maman qui, justement, m’appelle.Quelques jours plus tard, ma mère avouera s’être bien amusée de ma déconvenue. Elle avait partagé avec mon père sa surprise: -- Imagine une maman capable de préparer un pic-nic avec des produits périmés depuis si longtemps! De la part de ma fille, je ne suis qu’à moitié surprise. Mon père lui répliqua immédiatement qu’une autre maman aurait rapidement zappé le petit souci, quitte à utiliser quelques pastilles homéopathiques, si nécessaire, lors du retour de sa fille!Mon mari, quant à lui amusé, releva qu’une autre femme mieux organisée que la sienne – pas difficile! – n’aurait peut-être pas dans son réfrigérateur des denrées périmées…Pas faux non plus, je l’admets! Bref, l’incident m’enseigne qu’à situation égale, chacun réagit à sa manière, avec son propre vécu. Sans pour autant faire faux.La petite anecdote du tartare périmé me rappelle qu’il ne faut pas juger dans la vie une situation, qu’avec son propre regard! Accueillir les différences d’idées comme une richesse et, pourquoi pas, comme matière à réflexion ou… à rigolade!Sabine GislerPublié dans Echo Magazine no. 46