Depuis plus d’un mois mes nuits sont rudes. Bébé fait ses dents et pleure systématiquement vers 23 heures. Par crainte que ses cris réveillent les trois autres, à peine le premier son émis, me voilà debout au pied du berceau, la tête encore tournante.
Vers 2 heures du matin, c’est la cadette qui est poursuivie par un immense monstre vert ou alors son beau prince veut changer d’élue. Seul moyen pour la calmer: la laisser se glisser dans notre lit et subir le reste de la nuit ses tours et détours. Un coup de pied sur le nez, un petit doigt dans l’oreille, la danse continue jusqu’à 3 heures où, cette fois, la grande n’en peut plus d’entendre ronfler son petit frère enrhumé.
Nuit après nuit, la ronde des prétextes se poursuit. La première prendra le lit de la petite dans la chambre du bébé qui s’est calmé; énervée, je finirai quant à moi la nuit dans le lit de la grande.
Parfois mes enfants me font la grâce d’une nuit d’accalmie. Quelquefois leur papa prend la relève. Mais la fatigue s’est accumulée. Une nouvelle fois le réveil matin va retentir. Seule la douche m’apporte un peu de fraîcheur. Je n’en peux plus. La mauvaise humeur et le manque de patience s’invitent une journée de plus. Les enfants le ressentiront et en profiteront. Je n’ai qu’une envie: des vacances immédiates! Quelques «petits jours» sans enfants, sans bruit, sans cris, juste pour dormir… Aucune autre solution semble pouvoir me satisfaire. Seigneur, mais qu’est-ce que je vais devenir? Justement! Et si mon secours était une fois de plus dans une prière rapide! Instant de recueillement... Le soulagement du lâcher prise est immédiat. La journée commence mieux. Mais il faut certainement un peu plus de dévotion, de patience et surtout une bonne dose de discipline (et peut-être de Dafalgan) pour que tout rentre dans l’ordre!Sabine GislerParution Echo Magazine no. 38