Dimanche midi, à table, côte à côte, frère et sœurs savourent de belles portions de frites. L’air de rien, mon garçon en pique dans l’assiette de sa petite sœur.
Illusoire de penser qu’elle ne s’en apercevrait pas !
Immédiatement, réplique s’ensuit. Nos deux mangeurs se chamaillent à présent. La petite se sent rapidement dominée par les attaques provocatrices de son frère. Je lui fais remarquer un plat de frites largement généreux, elle pourra s’en resservir à volonté. Rien n’y fait ! Son frère gagne, elle n’en sortira pas vainqueur, elle le sait, et sera une fois de plus en position de « petite », de perdante.
Amusante au départ, la situation dérape ensuite. Comme d’habitude, les cris commencent à nous assourdir. Ma grande fille, assise en face, observe, ne dit rien, stoïque, … elle mijote visiblement une intervention qui ne tardera pas !
« Eh, vous connaissez l’histoire de Kappel ? » lance-t-elle à l’attention de nos bagarreurs, avec son calme habituel. Surpris, tous deux se taisent et écoutent leur sœur. Connaissant la pertinence de notre grande, mon mari et moi, n’intervenons pas. Où veut-elle bien en venir ?
« BROUTE SUR TON TERRITOIIIIIIIIREEEE ! » crie-t-elle soudain.
L’inattendu crée un effet de surprise positif. Tous, à présent, rions de bon cœur. Même la petite est amusée à l’idée de « brouter ses frites ». Le calme revient instantanément puisqu’une explication s’avère nécessaire (même pour maman qui ne connait pas la soupe au lait de Kappel) ! Merci au programme scolaire d’histoire de 5ème primaire. Il s’est avéré utile aujourd’hui et pour longtemps encore, puisque l’expression n’est pas tombée dans l’oreille de sourds. Les jours suivants apporteront moult opportunités pour les enfants de
« resservir la soupe » !
Morale de l’histoire : ajoute un brin d’humour dans ta soupe, ainsi que dans la vie, afin que chaque territoiiiiireeee de cette belle planète connaisse un peu plus de paix !