Enfant on m’a attribué le «titre de noblesse»: grenouille de bénitier. Terrible privilège que d’avoir une maman en formation de catéchiste avec le premier groupe de femmes du village. Du coup ma vie, aux yeux de quelques camarades, se résumait à des barbotis dans les pataugeoires dominico-ecclésiales. Que de souffrances (rire)!Pourtant, une fois l’an, le prêtre formateur, guide de montagne, - et… blogueur de cath.ch aujourd’hui - emmenait nos braves catéchistes et leurs familles, conquérir encordées les plus hauts sommets du monde (du moins pour l’enfant que j’étais): le Monte Leone, le Pigne de la Lé, la Rosablanche,… Lorsque gamins, nous lui posions la question «t’es pas marié, toi? t’as pas de femme?», il nous répondait, le sourire malicieux, «non, j’ai pas de femme, mais j’ai un vélo!». Perplexes, nous nous en allions, satisfaits pourtant de la réponse.Aujourd’hui, me revient de temps à autre en mémoire la rigolote réflexion de celui qui nous a tant de fois motivé à nous dépasser, à oublier la fatigue qui mène au sommet. Je me redis alors la chance d’avoir un mari et, en prime… un vélo!Pourtant par périodes, en hiver et dans les froids du cœur, mari et vélo tombent presque aux oubliettes …Parfois la routine nous gagne. Elle entraîne avec elle la lassitude.Mais comme dans un soubresaut face à une vie en stand-by, une note aigüe désagréable prend soudain le dessus et bagarre éclate. Le stress, la course contre la montre, les agendas overbookés, la volonté de bien faire sur tous les fronts: travail, enfants, famille… nous font parfois nous éloigner de l’essentiel. S’accorder des moments de qualité en couple, des temps forts, sans enfants, sans interférence est vital pour l’endurance à long terme. Tout le monde le sait. Tout le monde est bien d’accord. Pourtant…Ne pas négliger la saveur du couple, telle est certainement une partie de la recette pour durer. Rien de pire que l’indifférence. Alors courage, un «post-it cérébral» afin de ne plus l’oublier et, mari+vélo m’accompagneront avant le printemps, lors de la prochaine sortie, malgré les froids de l’hiver et des cœurs. Quand on a le bonheur d’avoir un mari et un vélo, on se doit de tout mettre en œuvre pour les garder!Sabine Gisler