Ma petite dernière arrive de l'école, contente de me montrer le document que lui a remis la maîtresse.
Elle me tend l’enveloppe. Je devine son contenu, vu l’expéditeur! On n’y échappera pas! Il faut qu’elle fasse de la logopédie. Comprenez bien, elle a quatre ans et demi, est en première enfantine et peine encore à prononcer les « s » et les « ch ».
Quelle angoisse ! Si on ne fait rien, c’est sûr, elle va être handicapée sa vie durant. Elle sera condamnée à avoir un cheveu sur la langue, pour cause d’irresponsabilité de ses parents ! Il faut faire de « la logo », du moins c’est ce que j’avais pensé en recevant la même information pour sa sœur, puis pour son frère. La démarche avait été source de conflit entre mon mari et moi. Lui estimait judicieux d’accorder du temps au temps. Tout rentrerait peut-être dans l’ordre. Seulement voilà, les professionnels disent… !
Après maintes discussions notre garçon avait eu droit à deux séances et beaucoup de feuilles d’exercices, restées orphelines puisqu’il n’y voyait aucun intérêt et que maman était peu convaincante (et convaincue). Quelques mois plus tard, il décida de devenir grand et corrigea de lui-même son petit défaut, plein de charme d’ailleurs.
Notre besoin de sécurité, de perfection, nous fait souvent basculer dans le perfectionnisme exagéré. Peur d’être différent, peur d’être moindre,…
Et si on laissait le temps à un enfant de profiter de ses premières années de vie sans le bousculer trop tôt dans le couloir du formatage à tout prix, de la pression compétitive indispensable pour réussir - «réussir » quoi d’ailleurs ? Avoir le temps de grandir à son propre rythme, non à celui des exigences de notre société ultra-perfectionniste.
Alors, à quand une prévention orthophonique par ultrasons durant la grossesse ? Et l’appareil dentaire pour dents de lait; mieux encore : intra utérin !
Au fait, ma fille, il faut que l’on t’inscrive sans tarder à des cours d’appui de français, car tu peines dans la conjugaison des verbes au passé et au futur !
http://youtu.be/BwPbtozgB18