Une fois de plus le repas de midi s’annonce mouvementé autour de la table. Tout le monde est présent, sauf mon mari qui ne rentre pas pour le dîner.Bébé, impatient et frustré d’avoir dans son champ de vision le précieux biberon de sirop, juste hors de portée de main, hurle pour faire comprendre qu’il ne peut plus attendre. La petite pleure parce que le dîner préparé ne lui plait guère et elle pressent ne pas pouvoir échapper aux brocolis et aux carottes. Du moins à un échantillon … Quand au garçon, il vient de faire tomber la fourchette de sa grande sœur, assise à sa droite, qui s’énerve en lui criant de la ramasser au plus vite. C’est bien parti!Gros soupir! Je comprends vite que le dîner se déroulera de manière tumultueuse une fois de plus. Alors je lâche un sonore «Dios mio…», comme de temps à autre dans ma vie de maman.«Mais maman, pourquoi tu dis souvent «Dios moi»? Ca veut dire quoi?» me questionne mon fils.
«T’as rien compris - lui répond l’aînée – tu vois pas que parfois maman se contenterait de l’image sans le son?».
Jolie réponse... Je n’aurai pas trouvé mieux, pensai-je!Le garçon perplexe, ne dit plus rien. Ma grande a résumé la situation on ne peut mieux.
Effectivement, de temps à autre, lorsque la situation m’agace, ou m’échappe, je compte inconsciemment sur son aide. Le soupir qui accompagne ma sollicitation me procure un soulagement, une bouffée d’air immédiate qui m’évitera la montée du seuil des décibels ! Je me dis que, dorénavant, j’essayerai de faire l’exercice de manière volontaire. «Mon Dieu», dans le fond, saura certainement me comprendre et m’accompagner pour faire face avec sérénité aux situations pénibles…
Sabine Gisler
Parution Echo Magazine – no.16 - Allez visiter le nouveau site internet d'Echo Magazine!