Les fameux calendriers surprises foisonnent en cette période. Je me dis que l’utilisation du temps de l’Avent doit être l’unique moyen de booster les ventes de fin d’année, et peut-être même d’éviter la faillite pour beaucoup d’entreprises suisses. Sinon pourquoi pervertir autant ce beau temps de réflexion? Pour vous et pour moi, Coop propose 20% de réduction sur l’achat de 4 plaques de beurre, «pour les plus belles surprises de l’Avent». Migros, quant à elle, offre de gagner pour le concours de la 8ème fenêtre ouverte, un appareil photo machin truc. Génial! Eh! Les enfants! Ca vous dit des plaques de beurre pour entrer en temps de prière avant Noël? Bref, chacun y va de ses B.A. de fin d’année (B.A. = bonnes actions qui ne coûtent pas cher!). En temps normal, il est plutôt à la mode de se moquer de toutes ces bondieuseries. Mais là, justement, Noël c’est différent. Il y a sérieusement matière à bénéfice!
Dans le fond, si je me laissais aussi aller à pervertir le magnifique calendrier de l’Avent, pour parvenir à mes fins et remettre un peu d’ordre dans la famille?
Depuis quelque temps, rien ne va plus à la maison. Dès que maman baisse la garde, la discipline de ma tribu juvénile s’émiette, les bagarres fusent, jouets et habits trainent dans tous les coins. Chaque repas se transforme en corvée. Impossible de discuter avec mon mari. Les enfants crient; mangent n’importe comment,… STOP! Je n’en peux plus! Trop d’anarchie n’apporte rien de bon. Avec leur père, nous décidons de reprendre les choses en main. Mais par quel bout commencer? Je me sens fatiguée, Noël approche et comme pour tout le monde, le travail ne manque pas en fin d’année. Idées cadeaux, cartes de vœux, où et comment passer les fêtes,… les préoccupations se cumulent! Noël… j’y pense… voilà un bon «objet» de négociation! Pour ceux qui ont des enfants, ne me dites pas que vous n’y avez jamais pensé? Une telle possibilité «servie sur un plateau», cela ne se refuse pas?
Aujourd’hui, deuxième samedi de l’Avent. Après un nouveau repas tumultueux, mon homme entame la discussion. Immédiatement les enfants reconnaissent que c’en est trop, que la maison est trop bruyante, qu’ils ne sont pas satisfaits, qu’il est urgent de changer quelque chose… Mais comment s’y prendre?
Tous les quatre ont leur petit sac de jute, suspendu au mur du salon. Chaque jour, un chocolat, un savon-douche, un petit jouet, une prière,… composent le calendrier. Quel bonheur de pouvoir y plonger la main pour découvrir la surprise quotidienne! Quelle joie de partager, dans le calme du soir, ce petit moment en famille, en prière. Tous sont là. Tous attendent avec impatience. Mais attention! Maman menace d’utiliser aussi, comme «argument marketing», ce temps de l’Avent; en tirer bénéfice. Papa leur explique la nécessité, dans une famille, que chacun y mette du sien. Ce n’est pas toujours aux parents de faire plaisir à leur progéniture. Tout petit service rendu est le bienvenu… Bref, après une longue discussion, nous décidons ensemble: jusqu’à Noël, les petites surprises du calendrier devront se mériter. Pas question d’être le fruit d’un hasard comme le concours Migros ou de simplement passer à la caisse comme chez Coop, ou Playmobil, ou Nestlé, ou j’en passe…
Dans le fond, ne suis-je pas coupable de chantage? Puis, je me dis que s’il est le moyen d’arriver à Noël, le cœur et l’esprit en paix, dans le calme et l’harmonie retrouvée, alors le mot «chantage» n’est pas approprié! Peut-être arriverons-nous ainsi en famille à être disponibles pour accueillir la vraie magie de Noël. La dernière porte à ouvrir nous le dira!
… 22, 23, 24!
Sabine Gisler